• la "Tia Émilienne "



    « 'je suis issu de gens Qui étaient pas du genre sobre
    On conte que j'eus La tétée au jus D'octobre...

    Mes parents on dû M'trouver au pied d'une ne souche

    Et non dans un chou Comme 'ces gens plus ou Moins louches »

    La musique et son tempo a remplacé les maux de ma vie, prenant un air guilleret, mes ennuis, mes emmerdes sont devenus mes amis.

    Autant que ma mémoire le permet, j'ai depuis ma venue sur cette terre, un attachement particulier pour les vignes du Seigneur.

    Je me défends bien d'être un pochetron et de présenter des signes extérieur d'abus de vin, me souvenant des dégâts que l'alcool provoque et de ses dérives malheureuses que cela entraîne



    Elle est là devant moi, flétrie comme un grain de raisin qui serait resté trop longtemps au soleil, rescapée d'une vendange tardive, elle tient ses promesses, elle sera durant cet entretien, pétillante comme un vin nouveau.

    Le corps usé par une vie trop bien remplie, les épaules cassées d'avoir trop porté le malheur des autres, son visage plein de malice traduit le plaisir et la joie d'étaler les souvenirs de sa vie... où je vous parle d'un temps que les « paysans » ne peuvent pas connaître.... sa vie en ce temps là.....

    La « Tia MIMI » nous présente fièrement ses 87 printemps de vigueur, elle est la mémoire vivante de la saga familiale dont CATINOU, sa nièce, est la généalogiste de la famille.

    Je les regarde toutes les deux, la tante et la nièce, il y a de la complicité entre elles et je les trouve belles, je sais qu'elle se comprennent … je vous parle d'un temps … quand nous nous sommes épousés... j'avais promis de ne pas te quitter... moi le gadjo que l'on ignorait du bout des lèvres...et toi la belle Gitane qui m'aura tout offert.

    J'ai infiniment de respect pour cette « ancêtre », depuis qu'un jour de marché où je déballais mon stand, elle m'avait présenté à la Communauté en disant : « c'est mon neveu, il est de la famille »  coupant court à toute discussion.

    Vous ne pouvez pas vous imaginer le travail de Romain que représente la création d'une généalogie sérieusement contrôlée par des actes officiels, chez les nomades de naissance.

    Cet exploit permet à l'heure actuelle d’établir la présence des membres de la famille aux années 1769.

    Vous pourriez croire qu'ils ont surfé sur la crête de vagues « from Spanish Spots » mais pas que.... les Pyrénées une fois franchies, la déferlante en FRANCE a eu lieu à la rapidité de gens qui circulaient en roulotte tirés par des chevaux.

    "En Afrique, chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque  qui brûle."

    Dans notre famille pendant longtemps (et encore aujourd’hui) la littérature a été orale, que ce soit pour les généalogies, les chroniques et faits divers.

    Je compare la famille à une grappe de raisins, chaque grain représentant un membre de la famille et à chaque fois que la vie nous enlève un ancien, c'est un grain de raisin qui est croqué .

     

    Demain nous accompagnerons un des anciens, un des piliers de cette fameuse famille.

    Cette année passée, les vendanges ont été fréquentes, il ne reste plus que deux anciens la « tia Émilienne» et mon Beau-père....sans oublier les autres.



    Chez ma tante petit rappel :

    Expression que je trouvais déroutante car il n’était jamais précisé chez qui nous allions ni la date du déplacement ce qui aurait été pour moi, un plaisir.

    Le soir, mon père revenait et confirmait qu'il avait bien rendu visite à cette tante...Moi déçu qu'il m'ait oublié, je pestais contre lui.

    Pressé de questions, un parent de cette famille de taiseux dans laquelle je m'étiolais, me fournit une autre explication pour ne plus fréquenter cette parente éloignée.

    Le mot « Mont de de piété » fit son entrée dans mon vocabulaire avec effet de distorsion : Monde de pitié....quelle horreur !

    Très tôt j'ai appris que cet état était celui dans lequel étaient plongés les hommes faibles.

    Le dominé parce qu'il avait peur du dominant et ce dernier parce qu'il trouvait une excuse au perdant.

    Le temps a passé et j'ai enfin compris que « chez ma tante » se trouvent entreposés les rêves les plus fous et les espoirs les plus désespérés en attente d'un lendemain qui chantera...ou pas.

    Pour autant chez ma tante rien n’est triste car on sait que lorsque le vent tournera on y reviendra chercher les pierres précieuses, les vases de Chine et diverses fortune.

    En attendant, ma tante garde ces souvenirs précieux, je n’ai désormais plus rien et je pars sur la route. Si j’y trouve de l’or je reviendrai chercher tout ça ( auteur inconnu )

    Il fallait bien que je sois marteau pour confondre.......ce qui me permet d'enfoncer le clou.



    Mettre au clou : Mettre en gage, renoncer à utiliser

    Expression française qui se baserait sur la métaphore du clou comme étant la petite tige métallique et pointue utilisée pour les suspensions d’objets qui rappellent ceux mis  en gages de l’époque, suspendus à des clous et hors de la portée de celui qui les a engagés.



    Si mes texte ne valent pas un clou aux yeux des puristes, mes parutions auront servi , au plus, à rendre hommage à cette vénérable et honorable vieille dame qu'est ma tante.

    Si la première servait de dépôt que l'on oubli, la présente a comme utilité de conserver puis de restituer des souvenirs chez cette tante bien conservé ( ..fait moins le malin le critique qui lit mais ne commente pas... qui est bien conserv(é) ? souvenir ou ma Tante ? ).

    Elle est le sel de cette histoire familiale, donnant du piquant aux rencontres, du goût aux échanges que nous avons , concernant tel parent ou tel événement, La Tia MIMI est un exhausteur de goût, sans son grain de sel, la vie serait bien fade.

    Nous avons rendu à l'Histoire ce qui appartenait au défunt, sa vie et nos souvenirs particuliers de nos rencontres.

    Tout est bien qui finit comme prévu...nous promettant de nous revoir avant que la vie égraine la grappe représentant notre famille....en chanson.. 

    « Nous les referons ensemble, nous les referons ensemble, demain les vendanges de l'amour.
    Car la vie toujours rassemble, oui la vie toujours rassemble,
    malgré tout, ceux qui se quittent un jour. »



    A Jean.....



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  • Commentaires

    1
    Mercredi 23 Octobre à 09:27

    Un texte impressionnant sur des liens familiaux très forts, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas...

    Bonne journée

    2
    Mercredi 23 Octobre à 09:48

    superbe texte 

    bonne journée

    3
    Vendredi 25 Octobre à 10:29

    Très beau texte sur la famille .... et l'image du grain de raisin croqué à chaque décès est poignante !

    Bonne journée Loupzen

    4
    Dimanche 3 Novembre à 19:58

    Un très beau texte sur la famille, les conteurs et conteuses et l'amour ! 

    Marie et ses "vendanges de l'amour" nous ont quittés !

    Les vendanges de l'amour - Marie Laforêt

    Bonne soirée et à un autre jour ! 

     

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