•  

    En farfouillant dans le disque dur de mon PC, j'ai eu cette agréable surprise de redécouvrir des écrits promis aux oubliettes.

    En réunissant ces moments de vie que j'ai bien involontairement donnés en pâture à ma famille j'ai provoqué diverses réactions.

    Les premières furent de ma garde rapprochée, épouse, enfants et conjoints de ces derniers.

     Les commentaires ont été unanimes : "mais tu parles de Moi et de Nous....tu te souviens de cet épisode...et ces photos...

    Les suivantes s'adressant à des spectateurs, provoquèrent la surprise ou l'incompréhension " Ben ça alors...jamais je n'aurais pu penser que....Tu quoque mi filis ( là j'en rajoute ! )..

    .je venais enfin de témoigner sur un passé récent, ramenant certains souvenirs pas toujours heureux et différemment appréciés...mais basta, ce qui a été fait n'est pas là pour être défait et pour me déplaire !

    Chez les GENS du VOYAGE, la maréchaussée tient une part non négligeable...allez savoir pourquoi !

    J'ai été souvent confronté à leur présence et à leurs actions. Ils sont plus ou pas du tout appréciés, pourtant si on ne veut pas être pris en défaut il ne faut pas commettre de fautes,cela peut paraître enfantin mais d'une logique pas toujours comprise par mes camarades de route.

    Bien que le défit " de sale gueule " n'ait plus cours sur nos routes... autre fois la maréchaussée nous filait le train.

    Je vous livre quelques noms (pas d'oiseaux !) que nous donnions à  ces "sergents de ville "

    Avec tout mon respect :

     

    Si je vous parle de :

     

     Chingalé, Harcoumaras, Klistés et de Pirengrés.

     

     Serait ce le nom de  famille de nomades, d'une épice miraculeuse ou d'une nouvelle danse de sauvages?

     Ces noms qui vous font penser à une recette de sushis sont en réalité les appellations  colorées données aux représentants de l'ordre et de la maréchaussée ainsi qu'aux sergents de ville .

     

    Chingalé ou ''le cornu'' - aucune allusion à un diable quelconque, ni à une reconnaissance frontale porté par le sujet à la suite d'égarements d'une épouse volage.

    Mais sans nul sans doute en souvenir du bicorne que portaient les gens d'armes d’autrefois.

     

    Harcoumaras ou '' les gens en cuivre'' - En souvenir de plaques en laiton qui barraient le poitrail des uniformes de gardiens de l'ordre dans certains pays de l'Est et en Germanie.

    Les gens d'arme de l'armée napoléonienne portaient des plaques identiques. Questions des rôles et fonctions des soldats ou des gardiens du maintien de l'ordre....difficile de faire le distinguo lorsque les Gens du Voyage étaient pourchassés par les uns et par les autres.

     

    Klistés littéralement ''les montés'' - s'adresse aux  gendarmes qui circulaient à cheval et non pedibus cum jambis.

     

    Pirengrés ou ''les gens à pied'' - désignant à l'heure actuelle les policiers municipaux ou les gardes-champêtre. Leurs champs d'actions se situent principalement dans les zones rurales.

     

     
    Schmitt  nom de provenance germanique signifiant "forgeron". je n'ai aucune piste sérieuse concernant cette appellation.

     

    Voila, il existe d'autres "surnoms " donnés aux représentant de l'ordre et vos me seriez très précieux de me communiquer votre savoir.

    Je vais vous faire profiter des "dernières nouvelles du Voyage ".... notre fils voyageur éternel dans l’âme et dans la vie de passage au domicile de son vieux père m'a communiqué 2 appellations qui ont cours de nos jours :

    LOLE  cette façon de parler les représentants de la force publique se retrouve dans les milieux des voyageurs ayant des racines des régions du Nord de la France ( YENICHES) et des récupérateurs de ferraille.

    je reviens sur les KLISTES. Une confusion permet de mélanger le verbe : se faire " encrister" (mettre en prison ou au CH'TAR : 4 en langue romanes ou 4 murs ...et se faire mettre en croix...comme le Christ  ) et ce fameux Klisté !.....le mélange des genres et des langues n'a pas fini de nous faire voyager.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Un ami, Philippe, fait circuler le résultat d'une enquête qui ne fait aucun doute.....

     

    Au 7e jour, alors que Dieu avait fini de créer le monde, il décida de créer également les peuples avec leurs qualités et leurs défauts.

         Assisté de l'ange Gabriel, il se mit à la tâche et dit :
    >     Ceux-là seront Suisses : économes et financiers avisés.
    >     Ceux-là seront Canadiens : résistants et bon vivants.
    >     Ceux-là seront Allemands : rigoureux et excellents techniciens.
    >     Ceux-là seront Américains : puissants et grands libérateurs.
    >              Etc.

       Quand vint enfin le tour des Auvergnats, il restait à Dieu 
    >     3 qualités  : 
    >     intelligence, honnêteté et socialisme.

        Dieu dans sa grande bonté décida de les donner toutes les 3 aux Auvergnats !
    >     Hé là, objecta l'ange Gabriel, Vous êtes injuste Dieu, vous donnez trois qualités aux Auvergnats au lieu de deux comme aux autres".

        Non" répond Dieu, je t'explique : les Auvergnats veulent toujours plus que les autres donc, bon prince, je leur donne trois qualités mais ils ne pourront en exploiter que deux à la fois".

    >        Et c'est pour cela qu'en Auvergne
    >     si on est intelligent et honnête, on n'est pas socialiste
    >     si on est intelligent et socialiste, on n'est pas honnête
    >     si on est honnête et socialiste, on n'est pas intelligent...
    >      
    >             FOUCHTRA ! à bientôt...

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  • Bagarre

     

     

    Le témoignage que je vais vous délivrer pourrait prêter à confusion…pourtant il est la stricte vérité et ne prête pas à Confucius cette citation « Dans la colère le sage  pense  à ses suites »

    L’homme qui se tenait à quelques mètres de Nous imposait par sa stature. Epaules de déménageur Breton, cou de taureau de Camargue, avant bras de maçon de la Creuse et biceps en forme d’essieux de Camion.

    La tête dégarnie comme une choucroute de chez  Flunch , légèrement penchée sur son épaule droite comme si c’était l’heure du câlin, il murmurait des mots très compréhensibles mais qu’ici, et vu la jeunesse de mes lecteurs, la moralité de ce blog m’interdit de transcrire.

    S’adressant pour sûr à 2 ennemis potentiels, son invitation à faire connaissance et plus si affinités, laissée à prévoir qu’il y allait avoir de la bagarre.

    Il est vrai que je ne distinguais pas clairement l’identité de ses 2 cibles mais compte tenu de la pénombre de l’impasse, l’issue me paraissait inévitable…. Des coups, en veux tu … en voilà !

    Bien au chaud dans la bagnole cette heure tardive de la nuit, j’avais l’impression de me trouver dans un drive-in  ou ciné-parc  de nos amis québécois. Le spectacle valait le coup d’attendre la suite du film… bien que le scénario avait un gout de réchauffé !

    L’énervé de service s’auto alimentait et en professionnel de la mayonnaise qui monte, qui monte, il savait se forger un mental de vari faux-con.

    Je distinguais des bribes de paroles de chant guerrier : « Ah vous voulez la guerre…pas déçus…venez voir un peu bâtards…je vais vous mettre –les choses- en apesanteur…qu’attendez-vous..Retourne chez ta mère »…

    Pris de frénésie assassine, il improvisait une dance de guerre, mélangeant ce qui avait fait la réputation de Bruce Lee et des moines Chao lin…ambiance Bollywood et fièvre du samedi soir.

    Je l’ai vu s’engouffrer comme un parisien vers sa rame de métro préféré du lundi matin.

    Dissimulé par la noirceur de l’endroit, j’entendais 2 chocs sourds ponctués par un cri de rage et de victoire.

    Revenant en pleine lumière blafarde sous le gris du lampadaire municipal, il haletait en vociférant

    « Bande de lâches…peureux que vous êtes…- (expression mettant et semant le doute sur l’usage que ses assaillants font de leur sexe masculin-…je vous laisse imaginez) un flot d’insultes sortait de sa bouche…

    Je remarquais tout de même que ces spadassins avaient marqué des points...Le pourfendeur tenait son avant bras droit et grimaçait de douleur…

    Voulant remettre les pendules à l’heure, dans un dernier accès de rage et alimenté par l’accès d’alcool, il arracha sa chemise, brandissant un objet qui ressemblait dans l’ombre à un canif, je l’ai vu charger héroïquement  et dans les secondes qui suivirent un formidable bruit résonna dans cette impasse qui ressemblait fort à sa vie Quel baroufle, les 40 eme rugissants feraient effet de vaguelette…il y  avait du grabuge... une odeur de Soleil d’Austerlitz allait illuminer ce ring improvisé…Puis plus rien.

    Waterloo morne plaine.

    L’homme gisait inerte sur le dos, le souffle court, enfin délivré de ce terrible ennemi…

    Dans sa saoulerie….Il venait de se battre contre deux containers de poubelles !

    Bagarre

     

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  • La route et ses rencontres...mais lorsque ce "cheminement "s'arrête de nouvelles connaissances, issues elles aussi du monde du voyage se présentent à moi....Christophe m'attendait.

     

    Lorsque nous habitions "au mas"  en Camargue  ce cri de joie ou de feu de joie devrais-je dire, résonnaient comme le coup de clairon. Ils étaient annonciateur de libations  pas qu’un peu « espéciales ».

     

    Mes ancêtres criaient «  Montjoie - Saint Denis » avant que de se lancer à corps perdu dans la bataille pour fendre un quelconque hérétique d’un grand coup d’ estoque qui allait leur offrir un aller sans retour vers la terre de leurs ancêtres.. 

    Cet autre cri guerrier, poussé par Christophe, laissait présager d'un terrible corps à corps entre un chapelet de chipolatas, renforcé sur son aile droite par une escouade de grillades assaisonnées à l'herbe de Provence, jetée dans la cohue par ruse pour masquer une embuscade sur le front gauche d'un poulet grillé à la bohémienne.

    Je savais par expérience que l'affaire serait rude et que ce n'est qu'à l'ultime coup de Francisque et de Pertuisane que nous verrions nos efforts couronnés de succès pour atteindre le but final le saint Graal : le désert à Totof.

    Mais revenons à la genèse de cet appel à libations.

    Nos deux logements étaient mitoyens et nous  partagions un terrain propice à des séances grillades. Ce garçon, c'est en ces termes respectueux que l'on nomme un "gars bien"  chez les Gens du voyage, ne faisait pas partie à proprement parler de cette communauté.

    Marié et père d'un redoutable petit garçon aux yeux «  comme ceux de son papa » nous a régalé tout au long de cette cohabitation qui, au fil du temps, a fait la fortune de la pharmacie «  DUCOIN », c'est elle qui a vendu le pèse personne et  l’Hépatum, témoins gênants de nos repas  gargantuesques.

    Sans crier gare, que ce soit en début ou fin de semaine, le cri retentissait et des brassées de bois sec atterrissaient dans le foyer à grillades,  La braise  se faisait, doucement mais efficacement, prête à brûler tous les hérétiques de MONTSEGUR.

    La table dressée par les dames se recouvrait rapidement d'entrées froides de toutes sortes, légumes, charcuteries, charcuteries et... charcuteries de qualité. Une anchoïade maison attendait sagement son entrée en « cène ». En vedette américaine  le régional de l’étape allait ouvrir le bal.

    L'issue de ces duels était parfois courue d'avance. En effet les chances de gagner contre une avalanche de bonnes victuailles ne laissaient pas de place au doute et très souvent nous repartions K.O de ces rencontres.  Vaincus, certes,  oui mais fiers d'avoir combattu et d'être tombés les fourchettes à la main.

    Ce personnage mérite un arrêt sur image.

    Le garçon portait en lui les traces de luttes fratricides au sein d'une famille turbulente, par pudeur et par amitié pour lui et sa femme je n'en dirai pas plus.  Il souffrait, c'était visible mais compensait ce manque de reconnaissance et d'amour par un don de sa personne. Son entourage abusait de ses largesses et à chaque fois il payait les violons du bal.  Il rendait services à beaucoup de gens de son entourage et je pense, c'est à moi seul qu'incombe la responsabilité de ces propos, que cette gentillesse était exploitée par ses fréquentations.

    Solide et rude gaillard, il avait la faconde et le boniment des gens du Sud. Mais lorsqu'il racontait ses aventures et ses frasques, PAGNOL, RAIMU et le grand SERRAUT faisaient figure d’élèves du cours SIMON.

    Nos fous rires nous tordaient et nous pliaient en deux sur nos chaises et le bougre qui aimait ça en remettait une couche, singeant les gestes et les accents des participants, grimaçant en exagérant les traits de ses collègues, toute une panoplie de personnages défilait devant nos yeux ébahis.

    Brulons…Brulons…nous n’irons au bois il n’y a plus rien à faire cuir !

     

    Les trop nombreuses entrées avaient  fait place aux grillades trop souvent épicées offrant des excuses pour boire frais le rosé de Camargue. Un temps d’arrêt m’a toujours intrigué. Le joyeux brouhaha s’estompait soudain… les participants calmaient l’ardeur de leurs estomacs, c’est à peine si on percevait le craquement des os dans la gueule des chiens.

    On  aurait pu se croire au cirque : au son de la très célèbre Entrée des Gladiateurs, le héro de la soirée faisait son entrée.

    Je n'ai jamais compris comment faisait cet homme pour louvoyer entre les deux chiens qui nettoyaient le sol, les jouets du bambin et les pieds de chaises alors qu'il portait dans chaque main, des desserts maison,  gratte-ciels en équilibre, un véritable équilibriste. Je reviendrais dans une page prochaine sur ces offenses faites à une bonne digestion.

     

    Mais c'est pour plus tard c'est promis……Mais avant il faudra que je vous comte l’histoire des pizzas à étage réalisées par le même Totof……

     

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  • COMBIEN TU VEUX POUR TA FILLE ?

     

     (extrait de mon dernier ouvrage : CARNET DE CIRCULATION)

    Lorsque je vous disais qu'il s'agissait d'un monde étrange, je n'exagérais en rien et les aventures que nous avons vécues et que je vais vous révéler vous donneront une idée des us et coutumes d’un monde bien étrange.

    Bien que vivant depuis quelques années avec les Voyageurs et baignant dans ce monde parallèle, je n'étais pas préparé à tout voir et tout entendre. La vie que m'avaient fait connaître mes parents était tout autre.

    Lors d'un pèlerinage effectué aux Saintes Maries de la Mer (13) il nous a été proposé de vendre et d'acheter notre fille Sarah, âgée alors de trois ans.

    Notre enfant portait pour l'occasion une robe rouge à volants qu'elle savait faire virevolter avec toute la grâce d'une enfant de cet âge, sachant que tout le monde la regardait. La coquine savait y faire et moyennant une pièce de monnaie effectuait une danse improvisée aux terrasses des cafés. De nombreuses photos ont été prises et des cartes postales tirées l'année suivante.

    Un matin, en compagnie de mon beau-père et d'un des grands-oncles de mon épouse, nous nous apprêtions à effectuer le premier exercice en guise d’examen de contrôle : se rendre dans un bar pour déguster un bossu.

    C’est une tradition que j’ai maintenu durant de nombreuses années et je crains qu’avec la disparition des anciens, cet événement ne devienne un vague souvenir de l’ère des Dinosaures

    Cet exercice périlleux consiste à boire un café brûlant mélangé à du rhum, de bon matin, alors que la distillation de la veille est encore en marche…

    Chemin faisant  nous avons croisé une troupe d'une dizaine de femmes des pays de l'est, tziganes hongroises reconnaissables à leur tenue bariolée. 

    Elles tenaient le haut du pavé, parlant fort, molestant gentiment les gadgés qui refusaient de se laisser dire les lignes de la main. Ce sport national représente leurs seules ressources financières.

    La vente de médaille porte bonheur est aussi une façon de gagner la vie et je dois préciser que par le passé ,j’ai alimenté ce commerce  d’attrape-nigaud.
    Une année,  lors de notre présence à ce pèlerinage, nous avions fourni les médailles de Sainte Sara fabriquées à AMBERT (63). 

    En effet au cours de l'hiver précédent, j'avais fait la connaissance d'un voyageur qui se rendait dans la ville du Puy-en-Velay pour  négocier l'achat de grosses quantités de napperons en dentelles.

    Le deal portait sur deux à trois mille pièces servant à alimenter le marché et les circuits de vente à domicile.

    Au cours de la visite de la ville, il m'indiqua un petit atelier qui frappait des médailles et notamment celle de la Vierge. A mon retour il me fut facile de passer commande par kilo des fameuses médailles miraculeuses que je revendais aux femmes voyageuses. Les livraisons étaient effectuées en Poste Restante.


    Quand elles sont à pied d'œuvre, le mari surveille du coin de l'œil «son ouvrière» en plein travail alors qu'il est installé confortablement dans un bar.  De temps en temps, il reçoit des mains de sa gagneuse l'argent ainsi durement gagné.

    Suivant l'âge, il peut s'agir du grand frère, du père et pourquoi pas d'un souteneur. Personnellement, j'ai connu cette situation. Je puis vous préciser que si «la machine à lovés» ne ramène pas assez ou si elle est surprise à dissimuler sa comptée, des coups pleuvent s'abattant sur la pauvre fille. Dure est le rôle de la femme.

    La plus âgée s'approcha de mon épouse qui reçut beaucoup de compliments sur notre fille Sarah. 

    La proposition d'acheter cette enfant nous amusa dans un premier temps. Devant le peu d'intérêt que suscitait sa proposition, la femme argumenta et levant ses jupons (au nombre de sept) délia une ceinture de cuir renfermant bon nombre de pièces d'or et d'argent.


    Plusieurs de ces pièces furent mises de force dans la main de Cathy.  Les autres femmes formèrent un cercle autour de nous visant à nous séparer les uns des autres. Par le fait, je me trouvais éloigné de ma femme, n'entendant et ne voyant plus le stade de la transaction,  je n'avais plus le contrôle de la situation.

    Le grand-oncle de Cathy intervint durement pour rendre les «galbies» à la «phurie dai» (les pièces d'or à la Vieille mère) et disperser l'attroupement.

    En définitive, le marché portait sur la promesse de vente de l'enfant à un jeune garçon de la tribu. 

    Régulièrement une visite serait effectuée peu importe où nous nous trouvions vu la mobilité de ces gens et, arrivé à l'âge de la puberté, un mariage aurait été autorisé avec le paiement du solde du prix d'achat.

    Cet épisode nous a refroidi et nous sommes restés sur nos gardes car les enlèvements étaient monnaie courante.

    C'est une tradition encore présente de nos jours que d'enlever sa promise.


    Le grand-père de ma femme avait fait le déplacement de Tarbes jusqu'en Bavière pour enlever sa femme. Ce « hold-up marital » s'est effectué en caravane tirée par des chevaux. Combien de temps a duré le trajet ?

    Pour ma part, j'ai enlevé ma femme sous le nez de son père car il refusait notre union. J'ai rencontré Cathy âgée de dix-huit ans. Je n'étais pas Gitan.

     Notre fils a procédé de la même façon en enlevant sa jeune promise âgée de seize ans.  Pierre avait dix-neuf ans, perpétuant ainsi cette tradition. Quatre enfants sont nés de leur mariage.

     

     

     

     

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    Il s’appelait Savé, d’origine inconnue, peut être Hongrois, il parlait plusieurs langues mais s’exprimait avec le langage du cœur.

    Évadé du camp de RIVESALTES -66-il était un miraculé de la barbarie des  nazis. Certains soirs, lorsque le vent s’engouffrait dans sa mémoire, il nous racontait tout ce qu’il avait enduré durant son  internement dans les camps de la mort et sa rocambolesque évasion.

    Alors, il faisait appel à sa fidèle compagne la « brûlante » ou rachidi .

    C’était une bouteille en verre de 100 centilitres qui lui tenait compagnie jusqu’au bord du lit et lui donnait le courage de chanter :

    Vor der Kaserne, Vor dem großen, Tor Stand eine Laterne, Und steht sie noch davor, So woll'n wir uns da wieder seh'n, Bei der Laterne wollen wir steh'n
    Wie einst Lili Marleen.

    Puis s’échappaient de sa gorge quelques paroles d’airs traditionnels Tziganes qui souvent se terminaient par des sanglots.

    Nous avons été du Voyage avec cet homme et c’est au pèlerinage des Sainte Maries de la Mer que j’ai pris cette photographie.

    Ce soir, je vais vous donner des recettes de « bon manger » en vous racontant comment Savé nous faisait préparer le thé par sa femme. Lui,  l’Homme ne pouvait pas décemment nous le préparer devant les autres membres de la famille, ces pratiques n’ont pas cours chez les hommes du voyage !

    Il  y avait un Samovar fonctionnant à la braise de bois qui tenait l’eau bouillante. A part, les femmes préparaient dans une grosse théière du thé en feuilles, de couleur noir, très fort.

    J’ai retrouvé cette amertume dans le « gun powder » que j’ai partagé avec des Tinkers venus d’Irlande.

    Chacun des convives se servaient un peu de cet extrait de thé et allongeaient la boisson ave l’eau bouillante qui coulait du Samovar, à l’aide d’un petit robinet.

    Nous prenions un morceau de sucre que nous placions dans la bouche et en aspirant des goulées bruyantes entre les dents, nous avalions des lampées de thé amer.

    Certains soirs, des morceaux de fruits étaient ajoutés dans les tasses mais je dois reconnaitre que le plus souvent l’alcool rivalisait en partie égale avec ce thé.

    Il ya quelques mois j’ai eu le bonheur de boire le « TCHAIO » ou thé des Rroms.

    Dans une grosse tasse, ils mettaient  un  sachet de thé noir le plus fort possible,  du sucre vanillé, du sucre normal (il vaut mieux en prévoir une grande quantité !)  Un peu de cannelle en poudre ou en bâton roulé puis une ou des rondelles de citron .De l’eau très chaude était versée et rajoutée au fur et à mesure de la consommation.

    Mais le plus terrible était non pas la confection du café...mais son absorption….

    Les femmes qui voyageaient avec Nous et Savé se servaient de grains de café qu’elles broyaient ou de café déjà moulu qu’elles trouvaient dans le commerce.

    Une cafetière en tôle était placée directement sur la braise d’un feu de bois puis remplie d’eau. Quatre à cinq cuillérées  à soupe de sucre étaient versées dans le récipient

    Elles prélevaient dans un bol un peu d ‘eau chaude sui servaient à diluer le café en poudre.

    Quand l’eau se mettait à chanter elles versaient sois les grains concassés soit la préparation à base de poudre, tout en remuant le mélange et en le laissant presque bouillir.

    J’ai goutté cette façon de préparer le café mais le lait avait remplacé  l’eau.
    J’en ai encore les frissons qui parcourent mon échine !

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  • "Qu'il fait bon chez-vous maître Pierre

    qu'il fait bon dans votre moulin"

    Pierre était le "patron" de la Librairie des Inconnus.C'est parce qu'il croyait que nous avions tous, le pouvoir de nous exprimer de façon littéraire, qu'il avait pris les armes pour porter nos exploits " d'écrivains en devenir" sur les salons des livres.

    Son cheval de bataille le portait à pourfendre les "ronds de cuirs" qui phagocytaient les circuits permettant à de jeunes auteurs de se faire connaitre sans pour cela passer sous les fourches caudines des majors-littéraires et librairies transformées en toutou de l'édition.

    Son infatigable compagne, Francine MUSQUIN a repris le flambeau de cette victoire méritée, c'est ce bien humble hommage que je lui dédie.

     

     

    Hommage à un soldat Inconnu…pas inconnu de tous.

     


    Remarquez que tous les ans  une gerbe  est déposée au pied de l’Arc de Triomphe et des « souvenez-vous » tremblotants sortent des gorges serrées par une émotion pas toujours susceptible  de vous mettre la chaire de poule.

    A en croire les hommages rendus, il semblerait que nos chers hommes d’état descendraient non plus de la cuisse de Jupiter mais de cet ancêtre « inconnu » dont la simple évocation fait monter les larmes et les trémolos à Charles, Jacques, François et les autres.

     

    Les éloges panégyriques dans le sens péjoratif d’éloges emphatiques ou exagérés sont monnaies courantes dans certains milieux qui affectionnent les utilisateurs de  pommades à base de vaseline.


    Mais cet autre inconnu, libraire de son état et anar de cœur de surcroît devrait avoir la reconnaissance qu’il mérite.
    Je fais allusion au soldat qu’il était… soldat  avez-vous dit ? Je suis persuadé que le jour du quatorze juillet le Pierre restait dans son lit douillet car la musique qui marche au pas cela ne le regardait pas (avec l’aide jubilatoire de G.BRASSENS)… je fais allusion à ses combats qui le menèrent sur les barricades de l’Edition Littéraire.


    Emboîtant le pas, mais  pas cadencé du tout, de ces combattants de la Libre Entreprise, je me ferai tout petit pour apporter ma pierre à son édifice.
    Ne l’ayant jamais rencontré, je m’enorgueilli de  ses coups de gueule à la lecture de mes « réflexions » de l’époque.

    Il fallait vraiment que j’ai de l’audace et de l’impertinence pour oser me mesurer à ces écrivains qui firent la réputation de la Librairie des Inconnus.


    La bienveillance de Maître Pierre a fait écho à mon insouciance mais déjà sa retenue et ses absences de jugement de valeurs à l’encontre d’un  lascar en herbe (fanée à la vue de mon âge) ont été des  « laisser passer » pour  combattre dans le cirque infernal de la pensée exprimée… Mais à vaincre sans péril... (Tiens encore un Pierre !).
    Des chemins tout tracé, j’en ai connu ! Mais l’ordre ne consiste pas à suivre un chemin tout tracé, c’est pour moi un comportement face au désordre qui régnait dans ma vie de rimailleur.

    J’ai appris à contrôler ce « désordre » pour afficher mes pensées de Loup pas toujours zen.
    L’ordre est synonyme de droiture, non forcé ni dicté par la société , par une culture, un milieu, ou par la contrainte ou l’obéissance. C’est cette liberté que j’ai trouvée dans cette Librairie.


     J’ai appris et pour moi ce fut le début d’une action que je compte bien poursuivre en n’oubliant jamais ce que furent nos premiers échanges avec  Vous.

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  • Bonsoir, 

    Changement de ton car.....je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.....mais...ou est passée ma bohème ?

     

    En Auvergne, dans les méandres de la rivière Allier, se lovait une guinguette fréquentée en semaine, par les gens de passage et le dimanche, par les amateurs de friture et de valse à nénette. On aurait pu y rencontrer Renoir, et ses pinceaux, tant l'endroit était charmant ,et baigné de quiétude.

    La tôlière était surnommée ‘ La Stella’.

    J'avais comme une petite idée pour ce sobriquet, le nom d'une bière d'Artois ne devait pas y être étranger et j'avais souvenance d'un grand panneau publicitaire ornant l'entrée du caboulot.

    Mon beau-père avait connu l'endroit au temps de sa splendeur,puis l'auberge était devenue gargote, les temps avaient changé.

    Notre tenancière était dotée d'une forte personnalité, il le fallait bien, car en compagnie de sa belle-fille, elle menait demain de maîtresse , les fourneaux et la clientèle composée  d'ouvriers œuvrant dans les environs et de commerciaux de passage.

     

    Mes tournées de chiffonnier, me conduisaient à fréquenter les gens du coin. En pénétrant dans ces lieux, j'avais droit à un sonore ‘'salut le Manouche’'.

    Les clients présents me dévisageaient, et pour rompre le silence accusateur qui venait de plomber l'ambiance, la patronne lançait  : « ce n'est pas un voleur de poules, il ramasse que les vieilles brocantes.. Jojo, tu ne voudrais pas te débarrasser de ta femme ! ». mais quel humour !.

    Cet endroit nous servait de chapelle. Géographiquement, il se situait à portée de fusil du campement de mon ami Riton. Après chaque coup de commerce, nous allions prendre un bain de bière.

    Dans un coin de la salle de restaurant, sur un vaisselier sans age, trônait une tête de sanglier, vestige de la présence du « cochon sauvage «  dans cette région.

    Nous avions pour habitude de le saluer en pénétrant dans cette zone en prononçant cette phrase : « encore un que les Allemands n'auront pas » et nous portions un toast à cette noble relique.

    Puis la patronne nous amenait à boire et tranquillement installés nous partagions les bénéfices de nos échanges commerciaux.

    L'alcool aidant, les langues se déliaient permettant ainsi de connaître les nouvelles, d'un milieu très mouvant, et non avare de coups tordus. En ce jour bien précis,la tradition fut respectée.

    Après de nombreuses tournées, l'heure de l'apéro du soir se rapprochant à grandes enjambées, il fallut se rendre l’évidence l'estomac criait famine.

    « Tu veux déjeuner beau-père? » une petite omelette au jambon ferait bien l'affaire....Pourquoi pas !

    Aussitôt dit , aussitôt avalé ! Omelette et cochonnaille, fromage furent de la fête avec en prime du bon vin .

     

    La Stella et sa belle-fille faisaient les allées et venues entre notre table et la cuisine, nous aidant à terminer les tournées servies. Comme on disait :« il y avait du tangage »

     

    Notre hôtesse avait la réputation de guérisseuse à ses heures perdues.

    On lui prêtait des dons et Dieu savait combien de temps elle avait passé à manipuler toutes les articulations douloureuses ... En vain !

    J'avais eu ce jour-là ,une idée fumeuse.

    Aidé par l'alcool ingurgité, je me souvenais m' entendre dire : « Beau-père, vous n'aviez pas mal au dos ? ».

    Avant que le samu n'arrive sur place, notre guérisseuse , cuisinière-patronne était là, droite comme un piquet d'acacias, les sens en alerte, les yeux comme des gyrophares, prête à bondir « Ah, je savais bien que quelqu'un avait mal, toi viens par ici ».

     

    Les refus de ce pauvre futur plaignant ne suffirent pas à endiguer la volonté de cette brave femme, à blesser un peu plus un mourant.

    Ne point tirer sur l'ambulance ...et si  la guérisseuse s'en chargeait ?

    Le Beau-père fut traîné manu militari dans la cuisine, emporté qu'il était, par le vouloir du bien faire de la sauvagesse.

    Les autres compagnons, dont je faisais parti, nous nous écroulions de rire au deviné de ce qui allait se passer.

    Et pendant que la sage-femme massacrait le dos de l'homme perdu, un des frères de la côte (c'était comme ça que j'appelais les manouches) comptait fleurette à la belle-fille, au beau milieu des cageots de légumes.

     

     

    Une fois l'affaire terminée, redoutant la colère de sa belle mère et prise de remords.... elle alla se plaindre, des gestes déplacés du soupirant.

    Ce qui restait de mon beau-père, le pauvre , est revenu en boitillant, jurant mais un peu plus tard ,qu'on ne l'y reprendrait plus.

    Pour se donner du courage, tel le condamné qui sentait que l'affaire se présentait mal, il avait ingurgité une rasade d'eau-de-vie de poire...dernière volonté du supplicié !

     

    Et c'est, la bouteille à la main, l'air hagard, les gestes un tant soit peu désordonnés que le pauvre homme tentait difficilement de regagner le monde des rescapés.

     

    Tellement heureux de s'être échappé des griffes de l'ogresse, il ne fit pas attention au départ précipité que les événements nous ordonnaient de prendre.

     

    Les libations s’ interrompirent brusquement.

    C'est sous sous les vociférations des deux hôtesses, que nous avons pris nos jambes à nos cous...sauf Beau-Papa à qui il était impossible de mettre en marche ses jambes, vandalisées par cette harpie.

    Je crois, que dans la fuite, nous avions « oublié » de régler nos trop nombreuses consommations.

     

    Chacun était reparti « chez soi » Le retour s'étant effectué sans encombre, je connaissais les « chemins des manouches » comme le disaient les gens d'ici, les chemins de traverse, que la maréchaussée ne fréquentait pas .

     

    Le retour « at home »se déroula sans ennuis, les fous rires couvraient allègrement le bruit du moteur.

     

    .Mais les bonnes choses ont une fin !

     

    Quand nous partions en vadrouille en compagnie de mon beau-père, le temps ne comptait plus..l'aventure c'était l'aventure.... et le retour à la réalité prenait parfois une tournure à laquelle je finis par m'habituer.

     

    Nous n'avions pas remarqué que l'astre solaire venait de descendre à la cave...a moins qu'il ait choisi d'aller se rouler dans les plumes...au dodo...nous aurions dû en faire autant.

     

    En arrivant nuitamment sur notre lieu de stationnement, j' ai eu un pressentiment...

     

    Un petit coup de patte à la porte de la caravane et....Oh! Stupeur le gouvernement était là , au grand complet derrière la porte telle une escouade de CRS lors des grands jours de mai 68.

    Ma belle-mère et les filles unies devant notre front commun !

    «  Dehors, les Romanos, passez votre chemin, voleurs d'enfants et de poules ! »

     

    J'avais revécu, un remake de «  gare au gorille », lorsque les femelles du canton de Brive-la-Gaillarde, assommèrent à coup de tétons, les pauvres gendarmes sur la place du marché.

     

    Devant l'afflux des noms d'oiseaux et des adjectifs s'y rapportant, nous avons battu en retraite chez mon beau-frère, qui pour nous remonter le moral, nous confia une bouteille de Ricard en mal de compagnie.

     

    Des fous rires garantis en voyant l'affolement de la belle-sœur,devant la situation, d'autant plus que tard dans la soirée, la bouteille d'apéritif anisée, resta désespérément vide devant les trois compères bien éméchés.

     

    Ce n'est que très tard dans la nuit ,en compagnie du Beau-père, que nous avions trouvé la force ,de regagner nos pénates, le piquet de grève surveillant l'entrée, s'étant enfin endormi.

     

    Quant au lendemain.........

     

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     JEAN DU VOYAGE ou des animaux et des hommes

     

    Comme vous pourrez le découvrir, le voyage est pour moi, non seulement synonyme de route mais en priorité opportunité de rencontres.

    Ces  mises «  en rapport » avec des individus, hommes et femmes, resteront pour moi de grandes aventures, même si parfois elles ne durèrent que quelques heures ou quelques jours….le tout résidant dans l’intensité de ces échanges et la personnalité des acteurs.

    Mon compagnon de voyage que j’appelle « hasard » venait de me faire connaitre un manouche, d’une cinquantaine d’années, qui voyageait dans la  partie basse de la vallée du Rhône.

    Nous avons fait connaissance sur un lieu de stationnement pour nomades en cette douce soirée d’un mois de mai chargé d’effluves de garrigues

    La promiscuité sur ces places est propice à l’échange en général… « Tu as du pain, tu veux du vin, prends un siège, tu connais une docteur etc »…..Tout est sujet à faire connaissance et a étancher sa curiosité. Mais attention de strictes règles de communications sont établies et il ne faut surtout pas les transgresser….sinon bagarres et gros ennuis.

    L’homme dont j’ai partagé un soir d’aventure,  se prénommait Moïse

    En étant voisin de caravane, nous sommes rapidement devenus « copains », les femmes avec les femmes et les hommes avec des soirées de grillades pantagruéliques. Il était le patriarche d’une trentaine de personnes, filles, gendres, petits enfants and son on….

    Un soir venant trainer ses bottes sous le auvent de ma caravane, je voyais bien qu’il n’était pas dans son assiette…à la vérité il ne se trouvait pas souvent dans son assiette mais fréquemment dans celles des autres !

    « Révérend...il faut que je parle d’homme à homme »….Aie...Aie…aie ! Je n’aime pas du tout cette approche !

    Je reviendrais prochainement sur le surnom que je portais sur le voyage…Révérend…toute une histoire.

    A l’écart des gens des 2 familles présents en cette soirée, nous nous sommes attablés devant une bouteille de rosé…c’est que pour parler entre hommes, il faut du courage !

    « Révérend je suis ton copain ….j’ai besoin de ton idée, je vois bien que tu es allé à l’école… demain soir c’est l’anniversaire de ma fille Zouna et ses beaux parents viennent faire la grillade… je n’ai pas de lovés…alors j’ai une idée.. » ….Aie...Aie…aie  je n’aime pas du tout quand il a des idées !

    Ce gars là était plein d’humour. Un soir nous avions reçus une invitation de la part de la Gendarmerie locale à passer un moment agréable dans leurs locaux…histoire de faire connaissance .C’est ce que j’appel, non pas une soirée pyjamas, mais « mise en garde à vue » !

    Pour une sombre histoire de véhicule ne lui appartenant pas (non changement de carte grise) et frappe de numéros de séries ne correspondant pas à ceux portés sur la carte grise, nous nous sommes retrouvés dans les locaux de cette brigade.

    Après dissipation du malentendu (il lui sera accordé 3 mois de suspension de permis, 650 euros d’amende et un sursis de 1 mois de vacances gratuites dans une maison de la République) Moïse a démarché l’adjudant de la brigade pour repeindre les lieux…. Avec devis en bonne et due forme !...quel culot !

    Il se présentait comme se prénommant Jean… « Ben oui mon révérend, j’entends partout que les gadgés m’appellent –Jean du voyage ! (véridique) ».

    Pour faire court, il fut décidé le lendemain soir, à la nuit tombée, d’aller « trouver 2 agneaux » qui finiront en méchouis pour régaler les invités.

    Dans un chemin creux en contrebas d’une petite colline, notre héros en compagnie de 2 de ses fils et de son gendre, avait arrêté son fourgon FORD, tous feux éteints.

    Le plan machiavélique établi par Moise se bornait à ouvrir les portes arrière du camion, placé entre les2 piquets de la grille d’entrée du champ en attendant qu’un troupeau de mouton dévale la pente, poussé par 2 autres larrons……quand je vous disais qu’il ne manquait pas d’humour !

    Il faisait nuit noire et sans savoir pourquoi ni comment je sentais arriver la catastrophe…je n’ai pas été déçu !

    Au sommet de la collinette 2 faisceaux de lampe torche provoquèrent la débande du troupeau. N’ayant pas la vision de la bévue, je comprenais vite qu’aux bruits du piétinement des animaux, le troupeau était important et que les bestiaux avaient engagés la cinquième surmultipliée !

    Dans la pénombre je distinguais une centaine d’animaux qui fonçait droit sur la porte de sortie du champ….j’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai détalé à bord de mon véhicule stationné plus à l’écart.

    La suite de l’expédition de ces Pieds Nickelés ?

    Très simple...les animaux dévalant le champ sont entrés en force dans le véhicule, éclatant les portes latérales pour pouvoir ressortir du piège à cons (je parle de ceux qui avaient imaginé ledit piège), le contenu du véhicule a été entraîné par la horde : outillage, effets vestimentaires, barbecue etc….voltigèrent dans la nature …. Et le lendemain matin je ne vous raconte pas l’état de ce pauvre fourgon ….

    Pas de méchouis, mais des grillades de poulets (trouvés au super marché du coin) un fête a été célébrée quand même pendant laquelle l’escapade de nos « zéros » fut enjolivée et « arrangée » à la sauce du Voyage.

    Il va sans dire que cet épisode a connu une fin « politiquement correcte ». Pris de remords et conseillé par l’auteur de ce texte, « Jean du Voyage »  est allé faire amende honorable au prés de l’éleveur de mouton…..

    Happy et honorable fin…….parole de Révérend.

     

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  • L’obsolescence programmée est l'ensemble des techniques destinées à réduire la durée de vie ou d'utilisation d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement.

     

    Le docteur Mabuse est un personnage littéraire créé par l'écrivain luxembourgeois d'expression allemande norbert  jacques

     

     

    l'Obsolescence programmée

     

    L’obsolescence de nos sens  abusés du docteur MABUSE

     

    A en croire Mélenchon le « ramasse miettes » d’une gauche partagée entre le désir de revenir et celui que nous avons de la voir partir, l’obsolescence est un mal dont il faut se départir (par voie électorale ou rectale).

    A Cette mort programmée nous y sommes tous confrontés à plus ou moins brève échéance et c’est là que le bat blesse.

    « Car vous ne connaitrez ni le jour ni l’heure ». A quelques sabliers prés, ces diables de chinois inventeurs du feu d’artifice et du spaghetti, nous l’ont bien mis dans l’os.

    En son temps, feu l’artifice a fait long feu et c’est dans un misérable feu de poubelles que nous risquons de terminer en beauté. Quant à la nouille qui nous a gouvernés c’est « al denté » que nous n’avons pu la digérer.

    Sur un thème plus consumériste la preuve de cette mort avancée est belle est bien  réelle.( pour  les revendeurs d’espoirs  qui fourmillent parmi les marchands du temple).

    En une semaine, un robot de cuisine (made in R.P.C), une  centrale vapeur (made in R.P.C), une machine à laver le linge (made in R.P.C) et un  disque dur du pc TOSHIBA reconstitué par des mains et cerveaux des Forces Vives  des brillants  Membres du Génial Parti de la République Populaire de Chine, sont "ad patres".

    J’ai soudainement l’Ecotaxe et la taxe à l’ecorecyclage qui flamboient au firmament de mon sapin de Noel….Ouf ! il n’est pas en provenance de la République de Chine …bien que synthétique il est programmé à disparaitre après Noel…obsolescence innée oblige !

    De quoi envoyer un responsable du PC chinois en vacances…à PARIS sur les Champs Elysées alors que mon « aide à mieux ménager »  la peine de ma femme terminera sur la Géhenne.

    Alors quid de notre programmation ….sommes nous des objets abusés par nos propres sens…au sens propre comme au figuré ?

    J’ai fait référence aux abus d’un docteur MABUSE

     

    ...Qui abuse vraiment dans le contexte actuel de la sur consommation des biens d’équipement.

    Le film raconte l'histoire du Dr Mabuse qui dirige, de l'asile psychiatrique où il est interné, un gang de malfaiteurs. 0n découvre la dimension totalitaire de l’organisation -  (Ne vous semble t il pas que la folie se soit emparée du monde en général et de celui de la consommation en particulier ?)

     Les lois sont définitives, il n’est pas envisageable qu’il y ait des dissidents, et s’il y en a, ils sont accusés de trahison et condamnés à mort.( Les entreprises qui tentent d’échapper aux diktats des envahisseurs asiatiques sont montrées du doigt et…éliminées !)

    Les ordres sont donnés non pas par une personne (que l’on ne voit jamais) mais par une voix qui s’exprime d’abord derrière un rideau, puis, quand le rideau tombe, par l’intermédiaire d’un haut-parleur. Cette réduction du chef à une voix a comme effet de rendre impossible l’identification et la localisation de la personne, donc d’augmenter l’effet de terreur.(Par qui sont orchestrés ces scandales de la malbouffe, scandales dus aux profits des grands de ce monde, des guerres et génocides séquestrées et passées sous silence, des actions des politico-maffieux….).

    Oui j’ai la preuve que tout dans notre entourage est programmé à disparaitre et la nature ayant horreur du vide, c’est un autre « obscure objet du désire du consommateur » qui nous sera proposé et avec la même facilité pour son acquisition, nous aiderons à tuer une entreprise "bien de chez nous"

    Soit dit en passant, nos fabricants français, où vont-ils chercher la pièce qui accompagnant cette autre pièce fera de cette réunion de pièces une machine à laver le linge de votre rédacteur ?....Ben oui… ! En REPUBLIQUE IMPOPULAIRE DE CHINE……

    CQFD : Ce Qu’il Fallait Dénoncer…..

     

    car vous allez vite vous apercevoir que pour nous aussi, nous avons une obsolescence de vie toute relative…..mais dans ce cas présent comment se retourner contre notre fabricant ?

    Vos pères et mères n’ont été que des pièces qui emboitées dans un autre jeu de pièces  ont créé un ensemble de pièces donnant naissance à cette merveilleuse machine que vous êtes…..de la à dire que ce ne sont que des chinoiseries..il n’y a qu’un pas de géant à franchir

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  • Il ne faut pas juger un homme sur ses fréquentations.
    Ne perdons pas de vue que Judas avait des amis irréprochables.

    Naguère je fréquentais un cercle d'amis qui plaçaient le rêve et les légendes bien au dessus des flaques de merde dans lesquelles se vautraient mes contemporains.

    Ils m'ont instruit sur le fait de distinguer la différence entre le rêve et la rêvasserie.

    Rêvasser est le fait d’emmerder ton entourage avec des pas de danseurs de valse , c'est perdre et faire perdre du temps à celles et ceux qui emboîteront ton pas, ne serait-ce qu'un instant et par amitié...ce faux sentiment qui te gratifie du sobriquet « il est brave ».

     

    Cet apprenti rêveur que j'étais se trouvait soudainement placé dans une situation délicate, celle du singe qui plus il monte plus il montre ses fesses ! Avec un Loup c'est plus difficile à démontrer vu qu'il a le fondement plein de poils et qu'en cas de craintes,il a la queue entre les jambes  pouvant ainsi son intelligence...il faut toujours assurer ses arrières !

     

    Et bien soit, je me découvre et vous montre mon cul et mes belles manières, condition indispensable à la pratique de l'accro-ranches qui me permettra de m'élever, mais pas sans vous.

     

    Comme je manquais d'instruction mes propos ne pouvaient être pris au sérieux.

    • Vous rêvez à un autre monde ?....

    • Mais sur quels critères vous basez-vous ?....

    • Êtes vous philosophiquement pour ou contre le stoïcisme "Puisqu'on ne peut pas changer ce qui ne dépend pas de nous, alors il vaut mieux l'accepter que de se pourrir la vie a essayer de le combattre" ».

    • Pouvez vous nous citer vos sources d’inspirations ? Avez-vous consulté (je ne suis pas malade..!) les essais de FREUD ?...hum .. de JUNG…

    • Et Brahms...aimez-vous Brahms ?

    • Quant à J.C-V-....êtes vous réceptif à ce courant de pensée post 68 tard qui se veut être le nec plus ultra de la jouissance masturbatoire et clitoridienne...la Mecque du mec : «  Parce qu'on a créé une réalité et dans notre réalité, on a inventé le temps: les 24 heures, les 365 jours par an. Ce qui est bien! Comme ça on sait que quand je traverse le living-room et que je marche de ma cheminée à ma fenêtre, ça prend 10 secondes mais pour l'oiseau, ça prend une seconde et pour l'oxygène 0 seconde!"
      Jean Claude Vandalisme ( L.O.L)...

    non....stop ….je veux et j'exige rêver à un monde meilleur...pas dans un paradis artificiel....pas dans un « ailleurs » d'illuminés espérant que pour y vivre il suffirait de mourir hic et nunc....pas dans un cercle composé d’esthètes et d'hyper réalistes....de snobinards bobos se goinfrant de bons mots qui déclenchent des maux que eux seuls arrivent à prendre comme des cons (va comprendre!)..

     

    Je veux de l'eau claire, rafraîchissant le vagabond assoiffé de bonne nouvelles...il vous sera fait allusion à un con qui sera tombé une arme à la main....tant mieux ! ...les roses ont besoin de fumier pour devenir belles et odorantes !

     

    Plus tard, je comprenais enfin, que Deux philosophes qui discutent sur un banc vont moins loin qu'un con qui marche j’entreprenais cette longue marche qui me mène à Vous.

     

    " N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure.
    Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée.
    Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances.
    Le reste vous sera donné de surcroît." 

    Henry de Monfreid

     

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  • Le Loupzen serait-il devenu complètement dingue ?

    Je vous rassure, pas complètement.....juste un peu!

    La folie douce est un échappatoire indispensable à mon équilibre déjà bien précaire....et en parlant de précarité de l'esprit c'est sûr et certain...je suis en demande, en quête de vos idées et commentaires...mais comme on ne prête qu'aux riches....le royaume des cieux m'est ouvert, car sur la pancarte sont inscrits ces mots du divin : Heureux les pauvres d'esprit le royaume des cieux leur est ouvert.

    Le service des rêves trouvés car perdus....



    L'autre jour, je me suis rendu en la Sous préfecture d'une bourgade du centre de « n'importe où » il y faisait bon mourir d'ennui, du moins c'est ce que me gazouillaient les oiseaux avant que d'aller mourir au Pérou.

    Ce gentil petit cimetière qui humait bon la poussière et les vitres crasseuses, portait en lui tous les désespoirs d'une nation en quête de résurrection .



    Alfred Etronseque était l’édile de cette odorante petite commune dans laquelle je n'avais fait que glisser peu de temps auparavant.

    Il était donc le maire de Moles mais aussi le patron de ce labo dont la pub passait et nous donner envie de trépasser aux heures de grande écoute c'est à dire quand nous étions à table...Dans le trou du cul du monde il fleurait bon le Duconlax.

    « Duconlax ...le transit temporaire en streaming dans un intestin trop relax ». pouvait on lire sur les murs sales et décrépis de ce laboratoire.Je n'ai jamais pu lire la posologie imprimée sur l'emballage, les yeux à moitié clos quand je force,m’empêchent de lire clairement.

    En entrant dans ce « pavillon Balthard » en attente de reconstruction depuis le terrible bombardement du 15Aout 1943, trébuchant sur les gravas et les S.D.F relogés à la même enseigne que les propriétaires d'intestins paresseux (c'est à dire les -sans papiers toilettes- en transite intestinale) j'ai découvert pour la toute-toute première fois une MAS, Jeanne de son prénom, responsable à son corps défendant ( on se demande bien quoi!) du service des REVES PERDUS.

    En suivant la flèche, je l'ai pénétrée par l’arrière comme indiqué sur le guide du «parfait dérouté en ces lieux » remis par un jeune serbo-maltéque-indo du Boukistan en formation de réinsertion anale, le jeune Soutra, Kama de son prénom.

    Maîtrisant parfaitement l'usage la langue appris lors des stages de reconversion de l’éminent docteur CUNNI-EL-LINGUS, il manifestait une volonté certaine à vouloir nous faire assister à un cours de swingers ce qui est surprenant pour ce jeune et élégant bipède.

    L'entrée se faisait donc par l’arrière boutique..L'administration et Kafka...c'est du Kif au même.

    Sur la pancarte on pouvait lire : Rêves perdus – service ouvert tous les jours- sauf du lundi au samedi – Rêves trouvés : - service ouvert en dehors des heures de fermeture –

    Pour tous renseignements contacter le service des renseignements ouvert tous les jours de la semaine sauf les Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi -

    Les week-end le service sera exceptionnellement fermé – merci de votre compréhension.

    Un individu avait osé écrire à la place du -R- de réception, un -D- ce qui laissait à penser qu'il avait bien compris le fonctionnement de cette administration: DECEPTION au lieu de RECEPTION.....

    Cette chef du service tout de noir et de rouge vêtue exprimait des regrets quant à son rôle dans ce service...il y a des jours ou Jeanne MAS tique.

    Ouverte u public à qui bien volontairement elle confiait ses craintes :
    ...« 
    Si l'on m'avait conseillée, j''aurais commis moins d'erreurs, j' aurais su me rassurer  toutes les fois que j'ai eu peur»...

    En effet suite à des restrictions budgétaires, il était question de suppression de poste .On reprochait à ce service le manque de renta-débilité....comment pouvait-on oser prétendre que les rêves perdus pouvaient être un jour retrouvés.

    Non ...non c'est une poupée qui dit non, non, non à la suppression...elle pensait à tors et de travers être la cible d'une discrimination de la part de sa hiérarchie ( quand ça chie... encore une histoire de papier toilette et qui sent mauvais....là encore on sent bienque les politiques s'en lavent les mains..fort heureusement ).

    Très contrariée elle ne cachait pas qu' elle aurait soigné sa peau, blessée par les froids hivers elle aurait mis de la couleurs sur ses joues et sur ses lèvres et serait  devenue jolie car en  rouge et noir...

    Histoire banale de racisme? La couleur ne fait pas l'homme car si tu le peins en bleu, Il ne te ressemblera guère si tu le peins en rouge on viendra lui voler sa terre si tu le peins en jaune Il aura faim toute sa pauvre vie et si tu le peins en noir plus de liberté pour lui.... c'est une bien triste réalité.

    Mais la réalité dépassant la fiction il me fut bien aisé de me rendre à l'évidence.

    Les possesseurs de rêves perdus ne les retrouvent jamais.

    En définitive le service des rêves perdus pour être retrouvés ne contenait que du vent .

    Vents mauvais pour certains doux alizées pour d'autre, les sanglots longs des violons n'y pourront rien changer, il semblerait que si l'on ne se fonde que sur ce qui saute aux yeux le vent semble une brute raffolant de nuire à tout le monde mais une attention profonde prouve que c'est chez les fâcheux qu'il préfère choisir les victimes de ses petits jeux...

     



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  •  

    Le monde des Gens du Voyage a ses codes, qu’ils soient « dress » honneur ou conduite, ne pensez surtout pas que « ces tribus prophétiques aux prunelles ardentes » (Baudelaire) vivent de façon anarchique.

    Détenteurs de certaines  libertés que nous leur jalousons, ces femmes et hommes sont "empêtrés" dans des traditions qui rendent leur quotidien parfois semblable à un "Jacquouille " en ballade dans les couloirs du temps.

    Il y a des hiérarchies, des règles sacrosaintes à respecter, des conventions et des us et coutumes bien plus strictes que celles qui régissent vos vies de sédentaire.

    Les princes de la petite Egypte (Cette appellation est à l'origine du nom de GYPSY en Grande Bretagne, GITANO en Espagne et par déformation GITAN en France) ont leur aristocratie.

    Il y a des sédentaires et des Voyageurs.

    Il y a des semi-sédentaires et des Voyageurs occasionnels. De manière générale, il y a une sorte de respect-méfiance entre ces catégories.  Les uns  se disent « pure race » et se comportent comme les seuls héritiers de ces ancêtres qui vivaient autrefois sur les rives de l’Indus.

    Les autres relégués aux rangs de pauvres ne se mêlent pas à ses aristocrates du voyage et font bande à part.

    C’est de cette catégorie portant les stigmates de leurs origines dont je vais vous parler.

    Qui dit «  dessus du panier » dit « fond de caisse ».

    J’ai vécu à coté de ces nomades  Voyageurs par héritage de leurs ancêtres qui, il y a quelques siècles, après avoir franchi les rivages de l’Indus,  débarquèrent  à SISTERON dans le courant des années 1420.

    Ils sont surnommés « les Schwarz » pour leur couleur de peau ou « les buissons » à cause de leur mode de vie. 

    A l’époque, j’exploitais un commerce de brocanteur et de récupérateur en ferrailles.

    Tout au long de l’année, dans une campagne du centre de la France, je recevais des personnes qui venaient vendre s sortes de marchandises. Pour ces « romanos » le moindre franc que leur rapportait la vente d’une vieille batterie usagée, d’un tuyau de plomb, d’un kilo de cuivre, représentait le repas du soir  pour la famille.

    C’est lors de ces échanges qu’une forte amitié est née entre ces personnes et ma famille.

    Pour être folklorique ces échanges ont été rock n’ roll. Ces épisodes feront l’objet de chapitres complets dans un ouvrage qui devrait voir le jour au printemps.

    Pour en revenir à mes souvenirs, je ne parlerai que du mode de vie de ces « buissons ».

    Été comme hiver, ils étaient vêtus du strict nécessaire, découvert dans les poubelles ou grâce aux  œuvres de charité.

    Maîtrisant avec difficultés la langue de Molière je donnerais pour exemple ce qui suit : Un garçon rencontré au  hasard du voyage surnommé ''couteau-vélo'' était venu «faire la manche» en ces termes très imagés: ''Monsieur le bisicloutier, t'aurais pas un peu d'absolution, j'ai grévé avec ma chambe d'air''.

    NB : On dit chez nous mangav : mendier.

     Ce que vous auriez dû traduire par: «Monsieur le cycliste, pourriez-vous me donner de la dissolution car ma chambre à air est percée».

    Tout à l’avenant, les découvertes de ce langage furent une bénédiction pour mon entourage et pour moi-même.

    De fabuleux trésors en matière d’échange nous furent offerts lorsque il s’agissait d’expliquer certains tours de main en cuisine : Catinou expliquant comment réaliser une purée pour les enfants, comment monter une mayonnaise, l’usage de la vinaigrette, mais aussi dans les gestes de la vie courante : pas d’alcool dans les biberons des enfants, l’usage de la cigarette chez ces derniers, le pourquoi et le comment en matière de contraception...J’en passe et des meilleurs.

     Bénéficiant d’un grand terrain situé en pleine campagne, au fil des saisons, nous avons accueilli une dizaine de famille pour lesquelles, stationner devenait une priorité surtout lorsque leurs caravanes étaient tirées par des chevaux, les dépôts d’ordures sont loin d’être des endroits de villégiature très prisés.

     Les femmes étaient très jeunes, j’ai le souvenir que certaines portaient des enfants des l’âge de 14 ans, et sans vouloir faire de dessins, la consanguinité faisait de terribles ravages.

    Quant à la délivrance de papiers officiels pour percevoir des allocations, ce fut pour nous l’occasion de combats homériques avec les autorités locales.

    Elles avaient des gueules noires (calo mouille ), des yeux bleus pour certaines et même des taches de rousseur ! Elles allaient vêtues simplement, la poitrine généreusement offerte à la première bouche goulue d’un enfant..Notre fils en profita souvent…le gourmand !

     Les jeunes mariés passaient leur nuit de noces dans une voiture, dont les vitres étaient recouvertes de cartons pour conserver une relative intimité. Seul le siège conducteur était conservé, je vous laisse deviner pourquoi.

    Ce véhicule automobile qui de nos jours refuserait d’avancer à l’approche d’un Contrôle Technique Automobile, n’était généralement pas couvert par les assurances.

    Dés qu’ils avaient les moyens financiers de se payer un fourgon, la vie devenait alors plus facile. Maintes fois, de par notre commerce, nous avons participé à « l’émancipation » d’une de ces familles.

    Devenu autonome et « affranchi » le clan quittait notre stationnement, fier de pouvoir se déplacer sur les routes de notre région. Nous avions par l’intermédiaire des autres membres de cette communauté, de vagues nouvelles, suite à une naissance, une disparition ou un fait appartenant à la rubrique dite « des chiens écrasés ».

     Le voyage, leur seule raison d’être, reprenait le dessus, les emportant toujours un peu plus loin, « là ou l’herbe était plus verte, plus tendre »….Grande illusion.

    Bien des années plus tard, j’ai revu des membres de ces familles à qui nous avions donné un peu d’espoir et la possibilité de quitter la pauvreté dans laquelle ils étaient englués.

    Beaucoup se sont souvenus de nos exploits, les petits ont grandi, rattrapés par notre civilisation et par ses contraintes….plus heureux ?  des femmes devenues adultes nous ont montré leur descendance qui mange la purée en sachet ! les jeunes enfants vont en classe et l’herbe a remplacé les « mégots »…l’alcool permet d’oublier leur passé..Mais leur avenir ?

     

    Je n’ose pas y penser de peur de perdre l’instant présent qu’ils m’offrent au travers de ces retrouvailles.

     

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  •  

     

    Nombreuses sont les personnes qui comparent leur vie à un livre sur lequel seront inscrits les plus belles pages de leur histoire.

    Peut être êtes vous l'écrivain de vote propre histoire .

     

    Embrayant sur cette idée, je me représente un grand livre ouvert, composé de pages écrites à l’encre indélébile.

     

    Si ce soir, vous veniez d’inscrire le déroulement de votre journée, vous ne pourriez rien changer à vos écrits, ce qui a été vécu est gravé dans ce grand livre.

    Les pages de demain sont encore vierges.

    Il existe un « mais ».....bien que vous ne puissiez plus influencer le passé, vous avez le pouvoir d'y retourner en tournant les pages.

    Les instants gravés dans cet ouvrage ont été agréables, les rencontres enrichissantes et vous avez très envie de vous replonger dans ces moments.

    Et comme la magie opère, vous voilà de plus en plus abonnés à ces « come-back ».

    Votre vie a été riche en événements et les pages sont noircies à l'encre de vos jours passés à vivre intensément.

    Les souvenirs souvent se font la malle...a la galerie "je farfouille" le bric à brac de vos émotions vous recherchez le chemin vous conduisant à des périodes de réconfort qui sont pour vous des havres de paix....souvenirs, souvenirs vous resterez dans mon cœur....Au café des délices...

    Besoin d 'un guide dans ce dédale de ressentiments ?

     

    J'ai ce qu’il vous faut !

    Ce dont vous avez besoin ce sont des marque-pages.

     

    Marque-pages :

    « Un marque-page ou signet est un morceau de papier ou de tissu, qui comme son nom l'indique, permet de marquer une page d'un livre, c'est-à-dire d'être capable de distinguer cette page des autres afin de pouvoir la retrouver ultérieurement, sans pour autant détériorer le livre ».

     

    Revenir à une précédente page de votre livre, c'est à dire retourner à un moment de votre vie sans en détériorer les ressentis et sans abîmer les autres pages.....tout juste magnifique....La magie est en vous...Il faut vous en servir !

     

    Où se procurer ces billets d'aller et retour avec réservation...

    Qui sont-ils ?

     

    Encore une fois, je vais vous révéler de quelle façon je procède, à vous de vous essayer à ce petit jeu.

    Je porte grand intérêt aux gens que j'ai rencontrés dans ma vie et cela de quelques façons que ce soit.

    Rencontres fortuites, dues au destin, volontairement effectuées, dues au hasard (qui n'existe pas), d'ordre privée ou professionnelle, toutes m'ont offert ce que je suis devenu à ce jour.

    Elles m'ont façonné et rendu ainsi.

     

    Lorsque j'ouvre le livre de ma Vie, et lorsque j'éprouve le besoin de retourner à la page........je mémorise et me sert du souvenir d'une personne ou d'un groupe d'individu acteurs ou figurants qui auront marqué cette épisode.

    Pour retourner à ce moment de ma vie, le retrouver et y retourner quand le besoin s'en fait sentir, cette entité devient un marque-page.

     

    Demain, lorsque le Loup aura fini de pousser ses hurlements, je tournerai les pages de mon Livre alors vous deviendrez mes Marque-Page.

     

     

     

     

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  • Pour la plupart d'entre vous, le 11 septembre reste une date à jamais gravée dans vos mémoires.....c'est la veille du 12 et le lendemain du 10.

    Pour le Loup curieux que je suis, cette date est synonyme de tours, d’empilement, de gratte-ciel ou  de strates.. Dans mon cerveau (sans être celui d'un helvète) c'est le mouvement perpétuel d'une Rolex, façon « gellis ».   Vous savez ces « absolutely delightfuls » traduisez par : infectes blocs de gélatine de la perfide Albion, qui après avoir reçu une pichenette, continuent de trembloter façon goitre de madame Chirac lors de sa tournée pièces jaunes, découvrant soudain un bouton de culotte dans la main douillette d'un David opportuniste.

    Ce cerveau en ébullition marqué par des années de vagabondage et de rencontres style 3eme type restera frappé pendant longtemps par les apparitions sidérales des pizzas d' EL CALIENTE  le bien nommé.

    Ce gars là qui aurait pu être de la Charité.sur Loire – la Ville du livre et Cité du mot – (ben oui le gars-la de charité)  pratiquait couramment le palpé-roulé sur les parties privées d'Isabelle, son épouse et son art est devenu addiction. Je l'ai surpris, l'air béat,  les yeux coincés en position «  au ciel... au ciel j'irais la voir un jour  » de fines perles de sueur luisaient sur son front volontaire, proche de l'extase.

    Il pétrissait, malaxait, palpait-roulait un pâton de pâte à pizza dont il était le père.

    M'ayant capté du coin de l’œil, il m'invitait à ce triolisme : « Révérend,  j'ai mis au frais du coca-cola, et pour toi j'ai du bon vin rouge ».Le bougre il savait y faire, j'avais le Nirvana à portée du gosier. A peine m'avait-il accordé quelques secondes d'attention qu’à coups de plat de main, étalée comme un béret de chasseur alpin, la pâte épousait la circonférence de la pelle à pizza sur laquelle elle allait entreprendre son ultime voyage direction un feu d’enfer. Triste fin ou réincarnation pour être le plaisir de tous ?

    La base recevait une couche de crème fraîche, difficilement contenue par un léger boudin de pâte torsadé à la hâte puis des morceaux de Roquefort et enfin de cerneaux de noix servant  d’agrégats à ce mortier subtile. Le premier étage s'accommodait d'une tranche ou deux, de jambon de campagne et de quelques tranches de chorizo pour lui tenir bonne compagnie...Période de disette ?...on ne sait jamais,  autant ne pas voyager seul. Un étager supérieur fait  de pâte était posé sur cet édifice, constituant une sorte de plancher, départ d'un  deuxième étage.

    Au niveau de cet échafaudage une couche de foie gras de canard était étalée, parfois accommodée d'une confiture ou d'un confit de figues. Ah...le sucré- salé ! Comme le chantait Aznavour «  tu te laisses aller, tu te l’as salé… »

    Nous étions assis à l'extérieur, notre enthousiasme bien entamé par le tsunami des entrées... rien que du light me direz-vous...charcuteries, petites grillades, pacsées à diverses sauces ...légères...légères... comme des montgolfières au bord de l’asphyxie.

    Il jaillissait tel un énergumène échevelé, illuminé, le visage barré d'un large sourire, tenant à bout de bras la pelle à pizza (cadeau de La Catinou).

    Se frayant un passage à grands cris de « Brûlons...Brûlons », il courait vers la dernière demeure de cette  innocente victime  immolée au feu d'enfer sur l’autel de nos gloutonneries. Enfournée qu'elle était dans le four adéquat, notre cuisinier la gueule brûlée par son brasier se rafraîchissait à grands coup de « ce que je croyais être du coca-cola  au léger parfum des Antilles ». Ah l’enfant du Bon Dieu, il avait coupé son détergent avec du rhum !

    Le geste précis, l’œil aux aguets, il repartait dans sa cuisine pour martyriser un autre pâton. Derechef  cent fois sur le métier il remettait son ouvrage. Jamais lassé de nous faire plaisir, de nous étonner avec des constructions de pizza, inventant des associations de » bien-fêteurs ».

    Toujours à l’affût de nos appréciations, tenant compte illico-presto de nos critiques, Christophe  rectifiait sur le champ la composition d'une pizza pour notre seul plaisir.

     Je crois que sa seule nourriture était de nous voir prendre du plaisir. Dans les soirées BBQ les « baisés » levez le doigt. C'est toujours celui qui officie qui ne mange pas.

    A ce grave sujet, je vous indique une référence à laquelle il faut de toute urgence vous référer : Roland MAGDANE et son barbecue.

    Généralement ce rôle ingrat est réservé à la femme qui en bonne maîtresse de maison et femme dévouée danse devant le buffet (vieille expression désignant la personne qui se sacrifie pour le bien être des convives.) Je me demande si ce rôle qui échoit à la femme n'est pas de son choix, car privée de repas...elle garde la ligne...mais passe pour une victime... Humour douteux.

    Christophe se dévouait à ce rôle que je croyais ingrat mais à bien regarder ne prenait-il pas plus de plaisir à donner qu'à recevoir.

    Je reste persuadé cet ami se régalait à nous régaler...

     

     

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  •  Dans quelques jours, je vais publier un E-book, renfermant les récits de nos aventures vécues sur les Routes.

    Nous faisions partie de la communauté des GENS DU VOYAGE.

    La femme qui m'a accompagne durant tant d'années se fait appeler " La CATNOU". Elle est d'origine GITANE.

    Mais pour que vous puissiez apprécier ces récits, encore fallait-il être en mesure de "comprendre" certains détails de notre vie .

     

    Romanichel signifie « le peuple Rrom » en romani et serait théoriquement le meilleur terme à utiliser pour éviter certaines confusions. En effet, « Rrom » étant presque toujours écrit avec un seul « r », cela créé une confusion avec les « Roms » qui sont un des sous-groupes du peuple Rrom.



    Trois sous-groupes principaux : Roms, Gitans et Manouches



    Les Rroms se divisent en trois groupes principaux, en fonction de leur zone d’implantation historique et de leur langue particulière.

     

    Les Roms :

    C’est de loin le groupe majoritaire. Ils habitent ou sont issus les pays d’Europe de l’Est (Roumanie, Bulgarie, Hongrie…).

    Bien que la Roumanie soit le pays qui accueille le nombre le plus important de Roms, il ne faut pas confondre Roms et Roumains : tous les Roms ne sont pas Roumains et vice versa.

    Les Gitans ou Kalé :

    Ils se sont installés en Espagne à la fin du XVe siècle. Les persécutions, la grande pauvreté et la guerre civile ont poussé une partie d’entre eux à s’installer plus tard dans le sud de la France (notamment en Camargue).

    Les Manouches ou Sinti :

    Ils vivent aujourd’hui principalement en Allemagne, en Alsace et en Italie.

     

    Les Tziganes

     

    Le mot tsigane (ou tzigane) est souvent employé pour désigner l’ensemble des Rroms, lorsque on veut évoquer leur origine historique commune.

    Par ailleurs, il est également utilisé plus spécifiquement pour désigner les Roms (d’Europe de l’Est) sous leur angle culturel et notamment musical

     

    Les gens du voyage

     

    Ce terme ne renvoie pas à une population, mais à un statut juridique et administratif.

    Il désigne, depuis 1972, les personnes dont l’activité économique est structurellement liée à la mobilité et à l’itinérance. Cette catégorie recouvre une grande diversité de situations professionnelles et d’origines, dont beaucoup de Français qui ne sont pas des Rroms.

     

    Il y a plusieurs types de livret de circulation:

    Il a été instauré par la loi du 3 janvier 1969 « relative à l'exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe » qui abroge la loi de 1912 sur les nomades, qui obligeait ceux-ci à se doter d'un carnet anthropométrique enregistrant notamment leurs empreintes digitales.

     Les députés ont voté dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 juin 2015 la suppression du «livret de circulation» imposé depuis 1969 aux gens du voyage.

     

    LE LIVRET SPÉCIAL DE CIRCULATION

    délivré aux voyageurs inscrits au registre du commerce ou au répertoire des métiers. Selon la loi de 1969, il s'applique aux « personnes n'ayant ni domicile ni résidence fixes de plus de six mois dans un État membre de l'Union européenne » et voulant exercer une activité ambulante; cela comprend notamment les forains. Le contrôle de l'État est partiellement externalisé vers les employeurs, qui sont tenus de vérifier que leurs employés détiennent ces document

     

    LE LIVRET DE CIRCULATION

    •  

      qui est délivré aux personnes de plus de 16 ans logeant « de façon permanente dans un véhicule, une remorque ou tout autre abri mobile » qui « justifient de ressources régulières leur assurant des conditions normales d'existence notamment par l'exercice d'une activité salariée »; cela peut inclure, par exemple, des travailleurs saisonniers vivant dans leur véhicule. Notons qu'en raison du justificatif de ressources régulières requis, tous les « travellers » ne peuvent pas obtenir un tel livret. La loi pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 (art. 11) a aussi introduit la possibilité de fouiller les véhicules (art. 78-2 du Code de procédure pénale régissant les contrôles d'identité), suscitant un problème pour les personnes dont le véhicule est leur domicile.

       

       LE CARNET DE CIRCULATION

       

      qui est délivré aux personnes qui sont dans le même cas que celles ayant un livret de circulation, mais qui ne peuvent justifier de ressources régulières.

     

    Les étrangers, qui sont aussi soumis à ces obligations, doivent justifier « de façon certaine » de leur identité afin d'obtenir l'un de ces livrets (art. 6).

     

    LIVRET SPÉCIAL...pour gens pas comme les autres.

     

     Ce document est MON livret spécial de circulation.

    Je l'ai conservé "religieusement" pour mes petits enfants et pour.....VOUS.......découvrez à quel point je vous apprécie.

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  • Manger une tétine ? Ah la vache...!

     

     

    La route et sa magie. Ici pas d’odeurs de bitume mouillé, de gaz d’échappement où de moteurs en surchauffe.

    Les senteurs qui  ont flatté mon museau de Loupzen sont des visages, des rencontres, des voix d’hommes et de femmes qui ont traversé ma vie.

    Que sont devenus ces messagers ? Je n’en sais rien, il ne me reste que quelques prénoms, des instants privilégiés durant lesquels je me suis  senti être « la personne la plus importante dans la vie d’un autre ».

    Il me revient une rencontre avec un Gitan « ne sachant plus où il habitait » tant ce monde actuel était différent  de celui qui l’avait vu naitre il y a une cinquantaine d’années.

    Lui, c'est un homme que quand tu le vois tu ne l'oublies pas.

    Comme le disent les gens d'ici « il est petit, pas bien grand, mais lorsqu'il part, il te laisse un grand vide ».

    Deux boules du loto font office d’yeux. Quand elles te fixent t'as envie de répondre « non, je l'jure je n'ai rien à déclarer ». C'est que ces deux là elles en ont vu et pas que du beau …. Elles auraient, j'en suis sûr, préféré ne pas être là à certains instants de sa vie.

    Si ces yeux pouvaient parler, il faudrait coudre les paupières pour les faire taire.

    Sa barbichette poivre et sel passionne son petit fils et rappelle aux dames qui l’embrassent, qu'il faut protéger les joues avec de la crème pour éviter de ressembler à une paire de fesses sortie d'un buisson d'épines ! C'est qu'il a le poil dru le gars !!

     Quand il te parle, tu sens bien qu'il n'est  pas breton tant cet accent rocailleux et plein de soleil me fait songer à cette vague rageuse qui essaye en vain de grimper les calanques de Cassis.

    Ses phrases se terminent dans un souffle comme si ce qu'il venait de te dire tenait du secret d'état et que Basta,  si t'as pas compris c'est que t'es un empégué !

    Je l'ai surnommé affectueusement « Ramaskro » celui qui mange beaucoup. Comme le disait ma mère « il a toujours un trou d’ouvert …au bal, il ne danse que la Polka des mandibules »

    C’est tout un univers qui déroule le tapis rouge pour te mener au grand restaurant des cœurs de cet homme. Il a le cœur sur la main et sur le manche de sa fourchette. Tout est prétexte à « un bon petit mangement ».

    Quand « ce fils du vent » te décrit une recette de cuisine, c’est un embarquement, une épopée avec comme guide, un Michelin des Gens du Voyage.

    Tu l’as écouté ? Ça y est t'as mangé, il ne manque rien.

    Ses « boules du Loto », sont prises de frénésie, elles s'agitent dans tous les sens, elles roulent se croisent, se percutent, s'entrechoquent, leurs courses folles ponctuées de : «  alors la, enfin tu vois je veux dire, c'est du bon mangé, çà voilà et puis tu m’as compris »

     Dans notre monde, le mangé à la grille consiste à allumer le feu (à que Johnny) et de faire cuire un  morceau de carne quelconque, rien de bien exceptionnel en somme…mais pas chez lui.... Le Michel, dont je viens de brosser le tableau ,  il y pose une tétine de vache !

    «  Alors tu vois, tu vas chez ton boucher et tu lui commande cette tétine mais attention, il faut qu'elle soit pleine de lait ! ». Non je n’ai pas perdu la tête….Patientez.

    J'imagine la scène et la discussion avec votre artisan boucher :

    « Une tétine pleine ?

     Bien monsieur et quel bonnet ?

    Le lait vous le voulez avec ou je vous le mets en bouteille »

    Mais les « boules de Loto » m'ont pécho et je stoppe mes divagations.  Il ne faudrait pas se perdre en  cours de voyage.

    Je vous révèle la recette de la fameuse tétine.

    Recette :

    Pendez la tétine avec un crochet, l'essuyer, découpez de fines tranches en longueur, salez, poivrez et saupoudrez d'herbes aromatiques.

    Posez sur le feu de bois, sur la grille en surveillant comme le lait sur le feu. Il n’y a pas beaucoup de marchandise et la chaleur aurait vite fait de transformer cette recette en « comment réaliser soi-même son charbon de bois » !

    Le résultat est, à mon goût, assez décevant. La viande est caoutchouteuse et craquante.

     Elle nécessite une quantité certaine de sel et poivre.

    Lorsque j’ai rédigé ce recueil de cuisine des Gens du Voyage, j’ai une la surprise d’être contacté par un bloggeuse qui durant son adolescence avait consommé cette recette.

    La façon de cuisiner la tétine de vache était différente car préparée par une mamie non gitane d’une région des Alpes en France.

    D’un commun accord nous avons classé cette recette dans la catégorie des : découvertes immangeables !

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    Nombreuses sont les personnes qui comparent leur vie à un livre sur lequel seront inscrits les plus belles pages de leur histoire.

    Peut être êtes vous l'écrivain de vote propre histoire .

     

    Embrayant sur cette idée, je me représente un grand livre ouvert, composé de pages écrites à l’encre indélébile.

     

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    Les pages de demain sont encore vierges.

    Il existe un « mais ».....bien que vous ne puissiez plus influencer le passé, vous avez le pouvoir d'y retourner en tournant les pages.

    Les instants gravés dans cet ouvrage ont été agréables, les rencontres enrichissantes et vous avez très envie de vous replonger dans ces moments.

    Et comme la magie opère, vous voilà de plus en plus abonnés à ces « come-back ».

    Votre vie a été riche en événements et les pages sont noircies à l'encre de vos jours passés à vivre intensément.

    Les souvenirs souvent se font la malle...à la Galerie je farfouille dans le bric à brac de vos émotions vous recherchez le chemin vous conduisant à des périodes de réconfort qui sont pour vous des havres de paix....souvenirs, souvenirs vous resterez dans mon cœur....Au café des délices...

    Besoin d 'un guide dans ce dédale de ressentiments ?

     

    J'ai ce qu’il vous faut !

    Ce dont vous avez besoin ce sont des marque-pages.

     

    Marque-pages :

    « Un marque-page1 ou signet est un morceau de papier ou de tissu, qui comme son nom l'indique, permet de marquer une page d'un livre, c'est-à-dire d'être capable de distinguer cette page des autres afin de pouvoir la retrouver ultérieurement, sans pour autant détériorer le livre ».

     

    Revenir à une précédente page de votre livre, c'est à dire retourner à un moment de votre vie sans en détériorer les ressentis et sans abîmer les autres pages.....tout juste magnifique....La magie est en vous.

     

    Où se procurer ces billets d'aller et retour avec réservation...

    Qui sont-ils ?

     

    Encore une fois, je vais vous révéler de quelle façon je procède, à vous de vous essayer à ce petit jeu.

    Je porte grand intérêt aux gens que j'ai rencontré dans ma vie et cela de quelques façons que ce soit.

    Rencontres fortuites, dues au destin, volontairement effectuées, dues au hasard (qui n'existe pas), d'ordre privée ou professionnelle, toutes m'ont offert ce que je suis devenu à ce jour.

    Elles m'ont façonné et rendu ainsi.

     

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    Demain, lorsque le Loup aura fini de pousser ses hurlements, vous serez mes Marque-Page.

     

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    NENES l’homme à la casquette à carreaux

     

    Au cours de notre vie nos chemins croisent d’autres routes sur lesquelles cheminent des hommes et des femmes qui pour un temps nous accompagnent, mêlant leurs destinées à nos destinations.

    Combien durera cet accompagnement ? Qui en seront les bénéficiaires ?auront ils été d'une quelconque utilité ?

    Puis, à un certain moment un « carrefour »se présentera à nous. Le choix, toujours la liberté de choisir… ! Irons-nous à droite en empruntant une voix sinueuse, tortueuse ? Partirons-nous à gauche en direction de ce boulevard droit, impeccablement entretenu ?où….ferons nous demi-tour ?

    Quittant une avenue toute tracée, qui devait, selon le « plan de vol » me conduire paisiblement à une retraite bien méritée, j’ai basculé la barre à tribord et larguant toute la voilure j’ai mis le cap droit vers l’aventure.

    Un beau matin, la vigie s’écria « Manouche droit devant ».

    Un petit homme qui portait une casquette à carreaux vissée sur la tête, m’adressa un petit salut de la main.

    Nous étions en Centre-France, dans une grande agglomération, patrie d’un célèbre belliqueux chef Gaulois qui jadis, renvoya à ses chères études un certain Jules nommé César.

    Ce petit bougre qui agitait la main dans ma direction me faisait songer à Astérix. Bon….j’ai l’imagination fertile et l’humeur vagabonde…j’extrapole !

    Ce vague cousin du protégé d’Uderzo était assis sur une chaise bancale à la croisée de rues qui menaient au marché Saint Pierre en centre ville.

    Ce petit bonhomme au teint basané, portait allégrement une cinquantaine d’années passées à parcourir les routes de France à bord d’un attelage hippomobile ou verdine.

    Du jour de l'an nouveau à la Saint Sylvestre une casquette à carreaux gris et « autre fois blancs » dissimulait une calvitie naissante. Non pas par coquetterie mais par tradition venue d’un Indus lointain, il n’a ‘’jamais ôté son chapeau devant personne’’ comme le disait BRASSENS.

    Des yeux bleus myosotis, étrangement voilés de blanc à l’image d’un nuage sur une quelconque ligne des Vosges, forçaient ses interlocuteurs à ne pouvoir soutenir cet étrange regard. Plus tard, en faisant connaissance avec les fils de la famille, je découvrirais que certains des garçons et des petits-fils de ce manouche partageaient la même coquetterie de l’œil.

    Son campement était situé aux portes de la ville. Tous les matins, il quittait ses pénates et effectuait le trajet pour se rendre sur son lieu de travail comme il le pouvait, pedibus cum jambis, le pouce levé, la jambe traînante pour attirer la pitié ou pire encore, à bord d’un fourgon « de romano »...

    A cette occasion il demandait à son « transporteur » de ne pas le déposer trop prés de sa zone d’influence car il ne voulait pas être comparé à « ces va-nu-pieds de Manouche ». Une rumeur circulait dans ce milieu : il aurait réclamé de l’argent à ses « taxis » pour le fait de leur avoir servi de guide !....un comble ! Mais connaissant l’homme comme je l’ai fréquenté, cela ne m’étonne guère, il avait parfois un humour difficile à comprendre pour ces « fils du vent ».

    Planté été comme hiver dans ce lieu stratégique, il faisait partie du décor.

    Les gens lui confiaient de menus travaux de rempaillage de chaises, de confection de paniers et d’autres ouvrages. Il était un orfèvre de la vannerie et de nombreux hôtels-restaurant et boulangers lui donnaient du travail tout au long de l’année.

    Il bénéficiait d’une confiance totale et aveugle de la part de ses clients car à bien regarder, les gens payaient d’avance, lui confiaient les travaux de réfection d’ouvrage sans connaître son nom, je ne fais même pas allusion à son adresse. Quand quelqu’un lui réclamait son adresse, son visage se parait d’un large sourire, découvrant un manque évident de dentition, il expliquait alors «  ah ben...alors tu sais... c’est le grand dépôt d’ordures à sa sortie de la ville...C’est chez moi...viens la Mére t'offrira le café »

    Répondant au surnom de Nénes, il quittait parfois son poste de travail, laissant à même le sol sa chaise bancale, un sac de toile, un rouleau de canisse et divers outils. Il se rendait au domicile de ses futurs prospects pour « expertiser »  un travail ou vider quelques godets dans les bars du quartier. Parfois, il avait du mal à regagner son poste, mais personne ne lui portait préjudice, il était respecté et apprécié.

    Quelques semaines précédentes notre rencontre, j’étais tombé par hasard sur une scène de la vie courante.

    Dans une ruelle étroite de la cité, alors que j’empruntais un raccourci, mon destin croisa celui d’un « poulbot » qui avait fort à faire avec un adulte lui reprochant de ne pas avoir été « correct » en affaire.

    En temps ordinaire, je me cantonne à ce qui ne devrait pas déranger une petite vie que j’aurais voulu tranquille. Mais les Dieux ce jour là venaient d’en décider autrement.

    L’homme tenait d’une main ferme le bras d’un jeune gitan. De l’autre main il lui assenait de violents coups de poings sur la tête. Ce gamin âgé d’une douzaine d’années passait un mauvais moment, un filet de sang coulait du nez et d’une lèvre fendue, preuve que la correction avait déjà commencé.

    Je passais devant « ce couple fusionnel », regardant de l’autre coté comme tout bon lâche qui se respecte.  « Ce ne sont pas mes oignons  j’ai moi aussi mes emmerdes ».

    Je ne sais quelle mouche m’a piqué, mais l’énergumène me dévisageant m’a donné la raison de faire quelques pas en arrière et de me vautrer convenablement dans les ennuis.

    « Eh toi ! Casse-toi pauvre con » Ne serait-ce pas un plagiat de la célèbre phrase du « petit-Nicolas ? ».

    Ne pouvant contrôler ma réaction, mon poing droit est venu saluer chaleureusement la pommette droite de mon nouvel ennemi. Et comme je l’avais appris au cours du soir de « boxe française » ma jambe droite s’est portée au niveau de ce que cet homme devait avoir de plus cher : son service trois pièces ».

    Poussant un cri de douleur ou de rage, allez savoir, il a lâché sa proie. Sans demander son reste le gamin s'est enfui dans le dédale des ruelles étroites.

    Le gars est resté planté sur un tas de poubelles, complètement groggy, adossé à un mur couvert de salpêtre, la tête penchée sur sa poitrine.

    Pour ma part j’avais réagi comme tout homme normalement constitué, en défendant un gamin victime de violences d’un adulte.

    Je pressais le pas en m’assurant qu’aucun témoin n’avait partagé ce petit incident de la vie courante.

    L’avenir confirma le contraire et ce petit Manouche à casquetten’était qu’autre que le grand -père du gamin sauvé du passage à tabac.

    « Latcho dives phral...je voulais te dire merci pour l’autre jour…tu sais mon p’tit fils ».

    Mais comment ce gugusse pouvait-il bien me reconnaître ?

    « Viens mon Philippe, pour moi t’es mon frère ».

    Il connaissait mon prénom !!, j’étais complètement interloqué et sans pouvoir détacher mon regard de cette petite main qui s’agitait, je me dirigeais vers « cette main tendue » qui allait me conduire à de drôles d’aventures.

     

    Et si vous le désirez, je vous raconterais la suite et les conséquences de cette rencontre.....

    a suivre

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  •  

    Ce Nénes était un curieux personnage. Vannier de profession, père de je ne sais combien d’enfants et grand-père d’une tribu de joyeux marmots, il ne comprenait pas grand-chose à ce monde moderne.

    Un jour que nous nous reposions en bordure d’une petite rivière, les reins calés contre une souche d’arbre, l’estomac en position « stand-by », cet homme s’est laissé aller à quelques confessions sur sa famille.

    Par respect et parce qu’il m’avait fait confiance, je ne vous révélerais pas ses « secrets ».

    Mais.... j’ai le souvenir d’une vieille photo chiffonnée qu’il avait extirpée de son porte feuille et sur laquelle il avait été photographié debout à coté d’une plaque Michelin portant le nom de « PARIS ».

    Sur un autre cliché, on le voyait jeune gaillard, tenant par le licol, un attelage de chevaux en bordure de la nationale 7, dans les faubourgs de Paname.

    Depuis de très longues années, en compagnie de sa famille, il participait au ramassage des pommes, la troupe forte d’une quinzaine de personnes, se rendait dans une commune avoisinante.

    Le déplacement de 5 caravanes hippomobiles était un spectacle qu’il ne fallait pas manquer.

    Délaissant les faubourgs de cette cité ouvrière, le convoi empruntait sur une quinzaine de kilomètres, des routes traversant 3 villages.

    Qu’il s’agisse d’arrêts commandés par la présence de poids-lourds, d’autobus, de Gendarmes ou d’un besoin urgent de se ravitailler dans une épicerie locale, toute la colonne stoppait pour le plus grand des plaisirs des villageois présents sur son passage.

    Certains membres de la famille en profitaient pour « chiner auprès des autochtones » quelques travaux qui leur permettraient de revenir dans le village.

    Arrivés à destination,ils étaient reçus par  un représentant de la mairie, souvent le garde champêtre ( en Romani : Pirescro) qui leur indiquait la place qu’ils devraient occuper pendant la saison de la cueillette des pommes canada.

    C’était toujours le même endroit, dans un chemin creux bordant une petite rivière à l'abri des vents, des regards hostiles des administrés et des curieux.

    Ce travail fournissait à ces gens de quoi subvenir à leurs besoins juste avant la saison des pluies et de la neige. Il se dégageait de cette opération une sorte d'humanité qui forçait mon respect envers cet édile.....et puis les chevaux pouvaient se reposer !

    Ils tressaient les paniers servant au ramassage des pommes canada, procédaient à la réparation des panières, tressaient les hottes pour les vendanges et rempaillaient les chaises en se rendant le matin de bonne heure dans es communes environnantes.

    A bien réfléchir, l’écolo que je suis, découvre les bienfaits dans la présence de ces nomades.

    Leurs chevaux fournissaient du crottin pour les jardinières qui ornent les balcons des maisons, les hommes qui « fouinaient »  dans les buissons faisaient fuir les serpents, les chemins et fossés étaient débarrassés des bois morts qui servaient à alimenter leurs feux de camps durant de longs mois.

    Ces hommes étaient maîtres dans l’art de l’affûtage des outils des paysans et tôt le matin, Nénes et un ou deux de ses garçons parcouraient les fermes pour aiguiser les couteaux et ciseaux. Notre homme poussait devant lui une sorte de carriole équipée d’une meule pour l’affûtage des lames.

    Dans cette remorque, dont il avait imaginé les plans un soir de grandes libations, se trouvait fixé sur le plancher un demi vélo équipé de la selle.

    Il s’asseyait et pédalait faisant tourner ainsi une meule à laquelle était attaché un récipient contenant de l’eau. Il achevait son travail de rémouleur en passant sur le fil du couteau une couenne de lard et un coup de « pierre à fusil ».

    A ses dires, il s’agissait d’un secret de finition que lui avait révélé un maître d’armes….imagination ? Coup de bluff ?

    Pas si sûre que ce soit là « un secret venu du fond des âges » avec trémolos dans la voix.

    J’ai rencontré des artisans qui procédaient de la sorte dans les murs de grands palaces cotés au guide Michelin, ils étaient « compagnons du Devoir et Meilleur Ouvrier de France ».

    Pour ma part, depuis cette rencontre, je procède ainsi. Comme beaucoup de Voyageurs, je possède des couteaux auxquels j'applique cette attention et dans mon entourage, je suis très souvent préposé à l’affûtage des lames.

    Lorsque nous étions sur le voyage, en compagnie de Catinou, ce savoir faire était reconnu dans des restaurants et des commerces de l'alimentation. Cette pratique du porte à porte nous permettait de boucler les fins de mois (en aparté nous avons connu les fins de mois qui débutaient le 10....)

    Ce laissé-passer, ce sésame nous ouvrait les portes des maisons et là, entrait en jeu mon savoir faire de vendeur.

    Cette technique du pied dans l'ouverture de la porte lorsqu'elle est pratiquée avec intelligence ( bof...je ne me vante pas!) est redoutable.

    C'est là une des techniques de vente apprises sur les marchés lorsque j'étais camelot (en langue Romani camelot signifie : gentil). Le plus difficile est d'appliquer la règle des 4 fois 20 :

    • les 20 premiers pas : avoir une attitude sûre

    • les 20 centimètres qui vous séparent de votre interlocuteur : sourire et regarder dans les yeux

    • les 20 premiers mots : faire une phrase de présentation courte

    • les 20 premières secondes : être conscient que tout se joue à cet instant; c’est là que se joue le ressenti client.

    Je proposais alors des séries de couteaux, des paniers en osier (que je fabriquais moi-même),mes services pour « débarrasser les caves et greniers » et what else....

    Et bien imaginez la galère pour ces gitans à la gueule « patibulaire mais presque », noirauds, dépenaillés, parfumés « au feu de bois », s'exprimant dans un français à faire se retourner ce bon Bled dans sa tombe...

    Le Nenes , quasiment tous les jours, frappait à un cinquantaine de portes pour voir s'entrouvrir...peut être 2 à 5 sésames.....c’est un de ces  « petits manouches » besogneux, sans gloire, objet de tous les quolibets et chargés de tous les maux de la création, qui m'a appris le respect pour les sans grades et les gueux.

    Les gens biens (?) voudraient que ces fainéants travaillent.... et qu'ils arrêtent de faire des enfants (à leur femme)....ils voudraient que leurs « occupations professionnelles » (?) soient encadrées par des règlements.....ils voudraient qu'il leur soit désigné et attribué un domicile fixe....(qui est-ce qui paye alors que la loi oblige sous certaines conditions les maires a mettre à disposition des aires de stationnement

    ils voudraient qu'on (con?)oublie les déportés tziganes dans les camps de la mort.... ... « Ah non...pas de cela chez nous !....nous,  nous les parquions dans des camps de transit pour les confier aux nazis....après cela ne nous regarde pas....la suite ...les souvenirs ? Partis en fumée (humour macabre!).

    Mais revenons à notre Manouche à casquette à carreaux autre fois blancs.....

    Je continue ou bien......



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  • Les articles et clichés du web nous renvoient vers des tableaux idylliques.

    Imaginez :

    la roulotte (ou verdine)toute habillée de bois aux couleurs criardes, ornée de rideaux en dentelle comme une robe de mariée, relookée de poignées et barres dorées astiquées comme des escarpins vernis,

    un feu de camp impeccablement dressé avec 5 morceaux de bois verticalement placés comme des mains jointes adressant au ciel la supplique du campeur « pas de pluie, pas de vent, pas trop chaud derrière ni devant »

    une marmite tout de noir vêtue, portant en son sein la promesse d'un repas pour des estomacs par la faim tenaillés...

    sur le coté the Gypsie, Esmeralda en haillons et jupons « D.G » ….(.je précise pour les vieux comme moi Dolce-Gabbana....) chaussée des fameux zapatos de chez Zalando, les dessous de bras impeccables, même pas d'auréoles à ses seins ( peut on s'y vouer?) son caraco aux couleurs chatoyantes épouse une taille de fillette éthiopienne, faisant oublier ses 20 ans et les 4 enfants pondus en hâte.....

    Elle porte un regard de toréador assassin à un beau brun ténébreux, hidalgo aux yeux de braise, la mine burinée, le pantalon slim comme pas deux, faisant savoir aux dames qu'il est sévèrement burné (pas le falsard mais l' Ombre!).

    Ce tableau archétype du bel aventurier et de sa compagne la Gitane d’Édouard Manet colle parfaitement avec l'esprit « Francis Lopes » ….

     Et pourtant...  pour  avoir été présent et acteur je peux vous dire que la place de la femme n'était vraiment pas enviable....mais la tradition...

    A la période de leur menstruation, les quatre filles et l'épouse de «Nenes» avaient droit à un régime à part car considérées comme impures. 

    Des couverts et ustensiles de cuisine leur étaient attribués et spécialement réservés durant cette période puis mis à la poubelle à la fin de leurs utilisations.

    Elles devaient effectuer les gestes de la vie courante dans un emplacement bien spécifique à l'écart du reste de la famille mais nullement dispensées des corvées .

    A cette période du mois, la majeur partie des femmes dormaient sous la roulotte enroulées dans des couvertures à même le sol.

    Ces verdines qu mesuraient approximativement 4 mètres de long et 2,50 de large étaient toutes faites sur le même schéma. Une pièce principale avec un poêle à bois (nommé poêle de Dole) et occupant un tiers de la surface un lit dans lequel se couchaient les parents et les plus jeunes enfants.

    Surélevé de telle façon qu'en dessous puissent être dissimulés les vêtements, couvertures et autres draperies, il était équipé de portes en bois souvent sculptées et enrichis de poignées en laiton.

    Le soir il servait de refuge au reste de la famille, des matelas étaient étendus sur le plancher de bois, les nuits étaient agitées et courtes. (j'en ai fait de nombreuses fois l'expérience)

    Ce fameux poêle de Dole (nom de la cité Jurassienne qui abritait les fonderies dans lesquelles étaient fabriqués ces remarquables objets ) servait de moyen de chauffage et de cuisson lorsque le mauvais temps sévissait.Un tuyau de poele traversait le toit.

    Un soir de pluie Auvergnate, clôturant une semaine bien arrosée, n'ayant plus de bois sec, comme je débarquais à l'improviste, Nenes a fait cuir un" bout de barbaque"  sur ce fameux ustensile avec comme unique combustible....de vieilles paires de chaussures ! Il a bien fallu que j'avale quelques bouchées de cette infâme cuisine, lui, il avait déjà dîné ...

     

    Sous cette verdine aux charmes romantiques vivait un être humain, un garçon à qui je ne pouvais pas attribuer d'âge. Enchaîné de jour comme de nuit à l'essieu de la roulotte, il poussait des cris et se comportait comme un animal. Son existence connue  par les autres familles n'avait rien d’officielle et chaque fois que j'ai tenté d'en connaître un peu plus, les visages se fermaient et la discussion se détournait. Tabous tous ces sujets concernant les esprits troublés.

     Il était la cible de la terrible méchanceté des autres membres de la famille, recevant des coups,  victime de la cruauté de son entourage.

     Deux écuelles en fer émaillé étaient remplies d'eau et de nourriture. Parfois il était trimbalé et sa longe attachée à un arbre. Une sorte de Mowgli, frissons garantis et inimaginable que je pose les questions qui fâchent.

     Puis une année, à leur retour je n'ai pas revu ce garçon appelé Yempa.

     

    Une fois prochaine, je reviendrais comme Mac Arthur sur nos rapports avec Nenes le manouche à la casquette à carreaux.



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  •  


       Voici un bel exemple d'intégration républicaine (c'est tendance... Quelle foutaise) dans lequel un homme qui était authentique a vu sa personnalité se fondre dans une morosité typique «aux déracinés» de tous les horizons confondus. Gros gâchis.

     

    Je ne me rappelle plus dans quelles conditions nous nous sommes connus mais c'est par l'intermédiaire de mon beau-père que cette rencontre a eu lieu.

    Beaucoup de gens du voyage avaient comme point de ralliement, le domicile « du Roi des Gitans » à Clermont-Ferrand.  Cet homme dont je parlerais par la suite était le grand-oncle de mon épouse.

    À cette époque, il régnait sur un monde encore assez mal connu. Il exerçait la profession de guérisseur et jouissait d'une certaine réputation.

    Ce personnage haut en couleur était Manouche. Musicien hors pair jouant de la guitare et du violon comme seuls savent en jouer les tziganes. De petite taille, un peu enveloppé, il portait sur son visage basané une fine moustache « à la Clark Gable». L'œil rond et narquois, d'une nature enjouée, rarement à court d'un bon mot, il pratiquait les jeux de mots de façon déconcertante et il fallait rapidement être tout à son écoute pour pouvoir le suivre sur son terrain.

    Il pouvait en présence d'un inconnu rester de longues minutes sans rien dire. Ses yeux pleins de malice allaient et venaient au grès de la conversation, d'un interlocuteur à l'autre et de temps en temps, nous prenant à témoin, il se fendait d'un : « ah ben », tout en hochant la tête.


    Portant bien, c'est-à-dire qu'il était élégant, son style était un peu désuet rappelant qu'autrefois il avait porté le costume trois pièces, le nœud papillon et la cravate à pois (ce qui me fut confirmé par la suite).
    Tony de son véritable prénom Antonietta était donc un personnage très intéressant.

    Les paysans au siècle dernier voyant arriver des individus au teint basané affublèrent cette famille du surnom «  WEISS » en Allemand. On reconnaîtra le comique de cette situation lorsque nous appelons Blanchette une femme noire. C'est que par chez nous, on a de l'humour...

    Venant de Belgique, il avait une vie très dure avec un père qui voyageait en Europe pour réparer les violons. De ce fait il était devenu violoniste et guitariste de profession. De cet épisode, il en retenait la découverte de la musique swing manouche. 

    La rencontre avec django Reinhart, son embauche aux côtés de musiciens prestigieux lui avaient donné des ailes ouvrant ainsi les portes des plus grands cabarets de l'époque à Paris et en Europe. Ne pouvant s'expatrier au-delà des mers, il avait vu son rêve se briser. 

    Dés l'arrivée de la guerre, sa famille avait fuit le Ch'Nord contrainte de se cacher pour échapper aux chambres à gaz des nazis.

    Malgré ces événements, il avait fait son chemin et échoué à Clermont-Ferrand, ville de notre rencontre.
    Il avait élu domicile dans un appartement d'entresol dans la banlieue, très coquet, vivant en célibataire car divorcé et père d'un fils qu'il ne voyait que très rarement. Sa première épouse était chanteuse de cabaret et actrice du cinéma muet.

    Je me souviens que dans ce petit appartement trônait une œuvre remarquable : un brûle encens tibétain. D'une valeur inestimable, mélange de dragon, de figures simiesques et de «tarabisco­tages hideux» le monstre devait peser cinq à six kilos d'art en bronze.

    Il nous recevait avec courtoisie mais restait méfiant quant à ma nouvelle venue dans son monde.

    Toujours prêt à dégainer sa guitare et à interpréter des airs anciens du répertoire de " Ray Ventura et les collégiens" swing Manouche et œuvres de son cru, nous passions alors des soirées à chanter en sa compagnie.

    Quand il jouait du violon, je restais bouche bée. Quel virtuose ! Il savait le caresser avec tant de doigté et de précision que n'importe quel air de musique tzigane se transformait en voyage initiatique. Tour à tour j'imaginais une roulotte brinquebalante cherchant un stationnement prés d'un village puis la même arrêtée dans un faubourg hideux car il y avait du travail.

     Me revenait alors ce poème de Louis ARAGON et interprété par Léo FERRE :

     «Il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens dont la belle jeunesse s'use à démêler le tien du mien. En bandes on s'y rend en voiture ordinairement au mois d'août. Ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux ...».

    Puis l'archet rageur attaquait les cordes et de gros nuages noirs passaient au dessus de ma tête, chargés de menaces, la belle gitane pleine de promesses s'enfuyait en emportant la bourse d'un gad­go crédule...quelle voleuse cette pie... et que de beaux yeux noirs...puis silence retour du  ciel sans nuages, calme, serein, apaisé...merci Django-Tony.

    Une année, il nous avait rejoints au pèlerinage des Saintes  Maries de la Mer. De justesse nous avons évité une bagarre car de jeunes gitans en manque de statu « je suis un homme, un dur, un tatoué » l'avaient bousculé et sa perruque avait volé.  Vexé d'avoir subit de tels outrages en notre présence, il jura « les morts » que les Espagnols (les Gitans ) étaient maudits... Il venait d'une autre époque, d'un autre monde.

    Tony parlait la romani pure souche. Je lui dois de savoir m'exprimer dans cette langue maintenant quasiment disparue. Il émaillait ses souvenirs de phrases citées en langue Romani, ce qui me plaisait beaucoup, car j'étais le seul à le comprendre. Il n'était pas avar de bons mots et d'histoires originales tirées de cette riche expérience vécue au milieu d'artistes du music-hall.

     il arrondissait ses fins de mois en donnant des cours. Fort de son succès, il présenta des élèves au conservatoire et ouvrit une école de musique. Il a formé une assez grande quantité d'élèves à son style musical, sa réputation était bonne et allait grandissante qui se produisaient en public avec beaucoup de succès.

    'Il était le parrain de notre fille Sarah. J’ai eu de la peine lors de son décès, je me suis permis de faire parvenir un texte épitaphe à FR 3 AUVERGNE dont je vous fais part :

     

     

    « Latcho drom . . phral... (bonne route et bonne chance .. frère )

    Grand voyageur de par ses origines, il savait faire voyager ses aficionados et les trimbaler de feux de camps en roulottes cahotantes.  La vie du voyage nous a séparés. Ma "romie" a repris la tradition ancestrale des gens du voyage. TONY a préféré stationner quelques temps en Auvergne sacrifiant son amour de la découverte. Cet homme, je l'ai connu. Il était vrai, détenteur d'un savoir venu de je ne sais où, seule sa mère et Dieu en connaissaient l'origine.  Ce savoir ancestral ne se transmet que par voies orales, rien n'est écrit et pour cause... dans quelle langue faut-il que je vous le dise ? en Allemand, en Belge, en Français, ... moi je suis Manouche.. " on a appelé ma mère WEISS ... blanche... car elle avait "la mouille kali "la gueule .noire... Stupéfaction !


    Ce don pour la musique est le fruit d'heures et d'années de travail, rien ne lui a été " offert" à la naissance, il était un bosseur acharné, un fou de l'effort, fréquentant très tôt le milieu musical parisien était un gars curieux.  Brûlant sa gueule burinée aux rampes des scènes des plus grandes music-hall. Travaillant le jour pour des " gadgés " dont il ne comprenait pas le style de vie et la nuit il délivrait son art au monde pour offrir cet inestimable cadeau aux autres : le partage de son savoir musical....mon pote le Gitan est un gars curieux….


    ...Et maintenant qu'allez vous faire .... de tout ce temps que sera votre vie.. Oui mes amis n'oubliez pas cet homme car à chaque fois qu'il vous communiquait son  savoir faire c'est un peu de son âme dont il vous faisait don.


    adieu et bonne route... nous nous reverrons un jour ou l'autre...... »

     

    RENCONTRE SUR LA ROUTE

     

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  •  PRÉFACE de Gill Edwards : ENTREZ DANS LA MAGIE

    L'Éveil

    Je l'ai vue encore ce matin -
    Alors que des silhouettes émergeaient de l'aube grise
    Et que sa silhouette, rayonnante de lumière,
    Se tenait à l'entrée de la grotte.
    Je jure qu'elle n'avait pas été là
    Un instant avant.

    J'ai cligné des yeux, incrédule,
    Retenant mon souffle de peur
    Que le plus léger mouvement de l'air
    Ne la rejette dans les rêves,
    Alors que la fragile faille entre les dimensions
    S'ouvrait.

    J'avais été là toute la nuit
    À attendre.
    À espérer.
    À désirer ce bref aperçu
    D’un monde au-delà.

    « Rappelle-toi », dit une douce Voix -
    Immense, mais douce, comme l'océan.
    « Rappelle-toi qui tu es.
    Il est temps de t'éveiller, petite !
    Les failles s'élargissent.
    Maintenant, maintenant, maintenant est venu le temps. »
    Chut ! Écoute !
    Ses mots silencieux emplissent l'air
    Dans un moment d'éternité
    Tandis que mon souffle s'est arrêté.

    Je ne comprends pas,
    Voudrais-je lui dire.
    S'il vous plaît expliquez, s'il vous plaît,
    Ne me laissez pas ici
    Seule, dans ce lieu abandonné de Dieu.

    Cependant, je demeure immobile
    Comme une pierre,
    J'observe, j'attends,
    Je médite sur ses paroles,
    Je ressens le rythme des vagues sur le rivage.

    L'air se colore de rose
    Au rythme du monde qui s'éveille ;
    Et dans un rire tintant, elle se détourne doucement
    Et disparaît dans la grotte de cristal,
    Scintillante de Lumière.

    Soyez bénis.

    Avec amour,
    Gill

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  •  

    Si pour certains le chauffage est central la formule « si tu ne vas pas à Lagardére, c'est le chauffage qui viendra à toi »  s'applique....j'explique ce sera plus pratique pour les sceptiques.

     

    Au cœur de la région Centre France, en Haute Auvergne pour ne pas la citer, j'ai exercé mes premiers pas de chineur. (vous référerez à l'article sur mon blog : la chine et la mengave)

    A cette époque mon beau Père me suivait comme mon ombre, plus tard, ayant le choix, je lui ai préféré sa fille !..judicieux non ?

     

    A bord d'une camionnette plateau, un FORD Transit pour les puristes, nous parcourions les campagnes pas encore délaissées par ses habitants, pour ramasser divers objets dont voulait se défaire la population locale.

     

    Le troc était  roi, le « bon coin » n'avait pas encore envahi les bon coins de nos régions.nous n’étions pas loin de la véracité du thème abordé. Dans une chanson sulfureuse de Pierre PERET «  il avait échangé des chinois contre des porte clefs » .

    Désirant se défaire de vieilles reliques et connaître les joies du modernisme, nous échangions de magnifiques pièces de mobilier contre les premières horreurs en FORMICAT....revenu à la mode depuis.

     

    Ce jour de fin Novembre (j'ai retrouvé les preuves écrites de cette aventure) un trio de compères prenait la route. Il s'agissait du camion FORD, du Beau-père et de votre raconteur d'histoires.

     

    D'un pas léger (c'est la camion qui en bavait) nous avons parcouru les quelques cinquante kilomètres qui nous conduisaient à la porte d'une petite bourgade dans laquelle j'avais la semaine précédente, planté mes jalons de chineur.

     

    La veille une cultivatrice implantée à l'entrée du village avait par téléphone confirmé qu'elle attendait mon passage pour se « débarrasser de crasses sans valeur ».....Désireux de m'implanter dans cette partie de la région d'Ambert, je ne pouvais faire faux bon...une réputation est vite fondée et la France profonde est tellement profonde que si tu te manque....c'est de profundis.

     

    Le fond de l'air était frais et il soufflait un méchant petit vent glacial, mais l’aventure c'est l'aventure.

    Arrivés à destination, notre cliente nous attendait en compagnie de deux membres de la maréchaussée locale.

    Le moment de la surprise passée et pour faire court, la cultivatrice nous présenta à un des gendarmes « je vous présente mon cousin qui a des affaires à vous faire enlever...dans la gendarmerie ».

     

    En effet, dans le quart d'heure qui suivit, nous étions dans les locaux qui étaient en cours de rénovation. Une quinzaine de radiateurs en fonte nous attendait histoire de nous réchauffer les muscles pour les charger dans le camion.

     

    Ce que j'apprécie dans les villages de campagne ce sont ces petits riens qui font que vous vous dites « Ah c'est beau la France ! ».Telle cette boulangerie voisine qui projetait dans l’atmosphère des senteurs de pain frais, tendance grosse miche qui croustille, une volée de coups de cloche qui t'invite à chercher une table accueillante car il est midi....et ses gardiens de l'Ordre qui t'interpellent sur le champ « Eh les chiffonniers , vous buvez le pastis ? »Ben oui...si c'est un ordre..j’obtempère !

     

    Et nous voilà partis « bras dessus bras dessous » au bar de la place qui comme son nom l'indique se trouve à la sortie du patelin.

    Après quelques banalités et une rafale de tournées il fallut bien se rendre à l'évidence...la faim faisait sortir le Loup du moi qui somnolait en moi.

     

    Habitué à donner des ordres et par gestes professionnels et péremptoires, le garant de l'Ordre républicain nous enjoignit de nous diriger vers une table dressée et ce, sans possibilité de discuter l'ordre donné : « à table ».

    Comment discuter un ordre d'un chef de la Gendarmerie Nationale. Bonne ambiance chaleureuse, les pandores s'étaient renseignés au prés de leurs collègues de la ville où je sévissais. Après le café et « les « pousse-cafés »...nous nous sommes rendus à l'évidence....l'heure passait aussi vite en ces lieux que n'importe où en France.

    Par contre à Marseille ce jour là....la neige ne faisait pas partie du menu...ici...si !

    Une couche de neige recouvrait le patelin et les rues désertes. Entre temps, pour faire bon poids, des habitants de la bourgade avaient déposé dans la benne de mon camion de belles quantités de ferraille et c'est un surcharge honteuse que sous les yeux des Gendarmes que nous avons pris la route pour revenir entre hommes « at home ».

     

    La nuit prévenue par l'horloge de l'église se présentait à confesse. Route glissante en accompagnement, elle était décidée à se payer une bonne tranche de rigolade en nous voyant serrer les fesses !

     

    Cette saloperie de neige redoublait d'efforts pour nous faire regretter d'être venu la titiller sur son territoire... et c'est avec la glace grande ouverte que j'entamais le calvaire de la descente....Remarquez qu'avec ce que nous avions ingurgité d’alcool nous ne risquions pas de geler !

    La route fut l'occasion de constater que sur la neige un camion glisse et c'est tout schuss que le véhicule en surcharge s'est frayé un chemin en se calant et en glissant le long des talus.

    Les 3 tonnes de fonte glissait comme des enfants au jour de Noël  sur leur luge, dans la benne.

    « Va bene..un coup dans le zig...un coup dans le zag ». » nous ronronnait le moteur...jusqu'au moment ou....

     

    La pédale de l'accélérateur resta à plat sur le plancher du bahut...bye bye fit le câble !

    Bloqués aux alentours de 20 heures trente, à vingt bornes de notre « caravane sweet caravane » dans une campagne pliée en deux sous la neige...un vin chaud m'aurait fait du bien....et à mon beau père...aussi !

    Que faire ? Pas de téléphone portable à cette époque (moyen age?) pas une voiture en vue...un grand moment de solitude !

     

    Nous avons défait nos ceintures de pantalons...nos lacets de chaussures...qui mis bout à bout...en passant par le capot entr'ouvert et la glace latérale ouverte en grand....servirent de câble d’accélérateur à manipuler...à la main !

     

    Et c'est plus d'une heure plus tard que nous avons retrouvé la terre ferme de notre lieu de stationnement. La cerise sur le gâteau : épuisés par notre aventure, le froid, la neige, le stress, nous n'avions pas constaté que plus de la moitié de notre chargement était absent à l'appel de l’extinction des feux !

     

    Le lendemain matin, confiture de griotte on the cake : une estafette de Gendarmerie Nationale s'aventure jusqu'au dépôt de brocante que j'exploitais....

     

    Tenue réglementaire, salut impeccable, calme et droit dans ses bottes : 

    « Bonjour Gendarmerie Nationale....veuillez nous suivre à la brigade »

     

    Habitué de ce genre d'invitation, je en restais pas moins inquiet.

    A la brigade je fus conduit dans le garage..où se trouvaient entassés sept de mes radiateurs couverts de glace et ..leur chaudière !

     

     

     

     

     

     

     

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    Toute-toute première fois...

     

     

     

    Extrait du prochain ouvrage « CARNET DE CIRCULATION »

     



               
    Pour la première fois  de ma vie,  je vais me servir d'un chalumeau-découpeur pour me faire des frayeurs, grimper sur un pylône électrique et emmagasiner assez d’adrénaline pour le reste des jours à venir.

     Perché à une quinzaine de mètres de hauteur, je ressemble plus à un con qu’à un moulin à vent.

                Il fallait bien qu'un jour je fasse mes preuves et de cette première il fallait bien qu'un jour j'en parle.


    Vous avez de l'imagination ? Ben ça va vous servir.  Je plante le décor rapide, succinct, sans fioritures.


               
     Six mois auparavant  je m'accoutumais du port d'un costume cravate du parfait « homme bien sous tous rapports », je maniais la parole comme un curé le goupillon et le mot chalumeau s'apparentait à la paille que le garçon de café enfonçait dans mon lait grenadine glacé.

                  Aujourd'hui ce n'est pas le même, cette saloperie de chalumeau que je tiens dans la main, me donne du fil à retordre... Déroulant lentement le tuyau bleu de l'oxygène et le rouge du gaz propane, je mesure deux choses :

    - La première, c'est le chemin parcouru depuis le jour où j'ai décidé de quitter le poste ‘’ d’Homme à tout faire’’

    -  La deuxième, c'est le chemin à parcourir pour grimper sur ce foutu poteau métallique pour le découper.

                 Mon premier chantier de découpe de ferraille, contrat passé avec l'E.D.F dans la Haute-Loire, tout au bluff..  L'avant-veille le responsable me demandait si j'avais déjà fait ça : "Moi... La ferraille c'est une affaire de famille.... Nous, c'est de père en fils... y' a pas de problèmes "  Bien planté solidement sur mes deux jambes tremblantes, avec une envie de pisser trahissant une angoisse pas possible, j'ai le regard grave du gendarme et l'œil insouciant d'une jeune vierge.

                Quel culot et quel aplomb…je me demande bien quel diablotin me fournissait la force nécessaire pour balancer de telles vannes !

                Je prends tout mon temps pour allumer une clope, pas n'importe laquelle, c'est un Boyard-maïs au goût de chiotte qui laisse derrière ton passage, une bonne odeur de poubelle qui brûle. Cette merde qui se consume permet de rallumer le chalumeau sans avoir à sortir le briquet... Tous les anciens chiffonniers en porte un collé dans la commissure des lèvres, affreux mégot jaunâtre, plein de bave et qui pu... Je suis un pro. !

                Je dois faire illusion.  Devant moi j'ai quatre manouches, pas d'opérette mais des hommes des bois, noirs, dépenaillés, parfumés au feu de bois, éberlués de voir un gadgo se préparer à régler le compte à une tonne et demie de ferraille.


                La veille, je me suis  rendu sur les lieux de leur stationnement dans la banlieue de Brioude (Haute-Loire). J'avais besoin d'un manœuvre pour me donner un coup de main à rassembler les morceaux de fer. Ils sont venus à quatre, en famille, j'avais lancé un prix de journée de travail, il sera divisé en quatre.

               Je tremble pendant qu'ils commencent à décharger de l'outillage  je comprends que je ne vais pas être à la hauteur…même une fois « guimpé » sur ma tour, je n’ai plus l’air d’un con mais d’une gargouille…Ah..Notre Dame ! du Bon Secours…..Au secours !

    Parlons-en de la hauteur, je vais devoir grimper sur ce pylône de type Beaubourg en treillis. Il mesure une quinzaine de mètres de hauteur, partiellement désossé par des paysans du coin qui ont prélevé des cornières pour leur usage personnel.  Une fois coupés à la bonne dimension, les morceaux tomberont sur le sol  puis ramassés par mes aides, ils seront centralisés dans un coin pour que le camion équipé d'un grappin vienne les collecter. (je vous barbe avec ces détails..)


                C'est au pied du pylône qu'on voit le gars pas con...

                Pour le moment, moi le gars, je ne le vois pas.... Mais alors pas du tout, du tout. Il faut pourtant que je m'impose, je suis gadgo, étranger au milieu des rabouins, décidé à faire mon trou...Si je veux perdurer dans ce milieu de forbans  il faut que je sorte mes tripes...Je suis un homme quand même ! Bon quand faut y aller.

              Je commence mon ascension, l'air dégagé, le regard vague fixant la ligne bleu électrique... Je vous rassure cet édifice n'est plus alimenté et les fils électriques en cuivre qui pendent, c'est pour ma pomme !  Plus je monte et plus ma virilité se recroqueville façon  escargot de Bourgogne, arrivé à mi-chemin de mon calvaire, première station, première génuflexion.

    Mon chemin de croix commence !

    Le « flambard » solidement accroché à la ceinture, (c’est l’appellation que les pros. donnent au chalumeau) je comprends aussitôt la bévue.  Les tuyaux sont trop courts... Il manque à cet endroit trois mètres. Il n'est pas question de demander à mes aides de déplacer les bouteilles qui attendent mes ordres pour cracher leur gaz.  Je redescends sous l'œil amusé des manouches.

    Bon... Je déplace les bouteilles de gaz au pied de ce foutu bordel de pylône. Je remonte, les manouches parlent entre eux, je ne comprends pas ce qu'ils racontent, c'est mieux pour ma fierté.  Je croise une fois encore les croisillons de métal trempés par ma sueur et par la peur.  Ça y est, je me cale le dos et je vais enfin pour voir commencer mon taf.

     

    Un coup fumant

     

    Avez-vous découpé au chalumeau ? Avez-vous un ancêtre qui allumait le feu en frottant des morceaux de bois ? Si oui... Vous me le présentez, vite... Car j'avais oublié mon briquet... je redescends... même chemin, même manouches avec un sourire un peu plus large... J'évite de croiser leurs regards... Je transpire ...de fureur !
    J'invente une facile explication du style «ah..ben t'as vu ? » Je remonte one more time. Au dessous de moi, ils sont assis sur l'herbe, ils rigolent… Les cons eux aussi mais moment de solitude.


    Je bats le briquet, règle les ouvertures du chalumeau....Rien. Anne ma sœur Anne  t'aurait pas un bonnet d'âne... T'as pas fini de me casser les couilles ? On ne peut pas dire que ça sent le gaz..  Je tremble de fatigue, grimper sur ce '' mont gris '' est une réelle partie de déplaisir. Je n'avais pas ouvert les robinets des bouteilles... Les autres en bas, ils se marrent franchement.  Je redescends.



    Le plus ancien vient vers moi «dicav chavo on va faire cuire » et oui c'est l'heure de la bouffe....
    «Je te prends ton camion, on va chercher du manger au village ».  Je me retrouve seul  tant pis, je vais me le faire ce connard, je vais le descendre ce putain de pylône, c'est lui ou moi !

    L’ascension


    Et hop, je remonte, ''mon Annapurna à moi c'est toi '' ! je m'installe, j'allume, ça marche, les premières étincelles jaillissent, le feu coupe le fer...ich bin le kaiser !! Ne pas baisser les bras.  Au fait comment on fait pour couper cette tourelle de fer en petits morceaux pour qu'ils tombent sur le sol sans m'entraîner dans leur chute ? 

    Dans le monde de la récupération de ferraille, il y a des règles à respecter pour que la mar­chandise proposée soit mise en valeur. En l'occurrence, les morceaux débités devaient mesurer 1 mètre par 1 mètre. Facile à dire...y' a plus qu'à.

            
    Un rapide calcul : si les manouches sont bien des manouches, ils vont parcourir les 8 kilomètres qui nous séparent du village, ils vont acheter pour 20 euros de bouffe et boire pour 50 euros de bière.  Sachant qu'ils vont profiter de la situation pour m'arnaquer.. C'est-à-dire travailler moins pour gagner plus... Il me reste environ une heure pour faire mon apprentissage de la découpe aérienne.

     

    A SUIVRE.....si vous le voulez bien.

     

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  • ...bien étrange coïncidence : parution de cet article les jours de Pentecôte...où il  est question de langues, de feu sacré...

               
    Suspendu en l'air, je commence à découper timidement les premiers renforts métalliques, je n'en mène pas large, le vent rabat sur moi les étincelles qui jaillissent du chalumeau, je serre les dents et les fesses... Comme quoi les extrémités parfois se rejoignent.

                Des morceaux tombent avec plus ou moins de facilités, ils s'enfoncent avec un bruit sourd dans la terre meuble. Je n'ai aucune protection hormis une paire de gants, le feu picote mon visage et les gerbes d'étincelles m'obligent à changer de position. 

                Me déplaçant à l'allure d'un SMS de chez Orange le soir de la nouvelle année, j'échappe le chalumeau qui rebondissant dans sa chute s'écrase au sol. Ouf.. Il est éteint. 

     

    Le sens en alerte incendie

                 Je redescends….. Les sens en alerte…ça sent le cochon brûlé….

    Je ressens  une vive brûlure au niveau de mes cuisses. Quoi... Je prends feu ? 

    Et oui... Les étincelles ont enflammé le tissu de mon pantalon de travail. Au feu, les pompiers, j'ai le pantalon qui brûle, au feu les pompiers ça commence à chauffer !...

    La vengeance est un plat qui se réchauffe au chalumeau


               
    Je commence franchement à en avoir plein les burnes de ce pylône de merde... Je suis certain qu'il rigole... Ne bouge pas ... Je vais te faire la peau mon poteau… Dans un accès de rage, je ramasse le chalumeau,  me rappelant les célèbres paroles de la réplique du Chevalier de LAGARDERE « si tu vas pas à Lagardère, c'est mes zigues qui vont venir te faire la peau ».

     

                Le feu purificateur et vengeur est entre mes mains...Ma vengeance sera terrible…du moins c’est ce que je me dis pour me rassurer !

    Après tout l’intelligence doit avoir raison sur la matière… ce géant au pied d’argile a son talon d’Achille…...un de ses pieds va valser !

    APOCALYPSE... PLUS TARD


               
    Ni une ni d'eux, j'entame la découpe du premier pied de l'édifice puis le second cède à son tour ;  Ça sent le brûlé, « il » a compris qui c'était le patron... Fallait pas me faire chier... Trop tard la bête est en route, plus rien ne pourra l'arrêter……je suis l’un des cavaliers de l’apocalypse..…Heu version cheval à bascule !

               
    Au troisième pied, une petite lueur d'intelligence s'allume. Et maintenant de quel côté va tomber cette tour de fer de plus de 1,500 kilo d'acier ?  Re - Euh... 

    Je ralentis mon ardeur destructrice... C'est vrai que ce « machin » penche du côté d'un petit hangar renfermant des stocks de l'E.D.F. Et puis moi en dessous, je n'ai pas envie de me faire écraser... Moment de solitude.

                Que faire ? ... Rien... C'est le pylône qui va décider.  J'ai entendu, porté par le vent, comme un bruit bizarre que je serais bien en peine de vous retranscrire, pourtant il me semble que ça faisait :

    « Casse toi pauvre con, prends tes jambes à ton cou et cours Forest, cours... » Non SARKO n’est pas encore là.


    Et je suis devenu intelligent.... j'ai tout jeté au sol et je me suis enfui dans une direction au hasard en étant un bon gaulois craignant que le ciel ne lui tombe sur la tête.

     

    R.I.P :  Restes  Inertes  du Pylône


               
    Mon ennemi s'est écrasé dans un champ frôlant de quelques centimètres le bâtiment.  Je me suis entendu dire " ah, tu fais moins le malin. " Et pareil à Tartarin de Tarascon, le pied-droit posé sur le corps de la bête, le torse bombé et le regard hautain. J’ai entendu un manouche qui disait « frère? t'es un bon, tu sais bien viser. »


               
    Sorti de ma torpeur béate, j'ai repris contact avec la réalité, une jambe de mon pantalon continuait à se consumer, j'avais frôlé la catastrophe mais très dignement j'ai fixé du regard mon interlocuteur et lui ai dit : « Quand est-ce qu'on mange ? »
    .

    Je devenais l’Averel d’une bande de Dalton !


               
    Le reste du récit n'a aucun intérêt, la tour de métal a été débitée en tronçons, regroupés par mes aides et le lendemain le chiffonnier est venu chercher la marchandise.  Dans la nuit, un petit stock de fils de cuivre a disparu, le contact qui m'avait fourni le chantier a touché sa part en liquide, pas curieux de savoir pourquoi je rajoutais quelques billets dans sa main.

     

    Notre collaboration s'est étendue à plusieurs chantiers qui devaient être traités dans des délais très courts... C'est ce qui a fait ma réputation… toujours travailler dans l'extrême la joie et la bonne humeur seront plus tard mes récompenses quand viendront les commentaires de mes lecteurs.

     

     

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  • Traditions secculiéres

     

    Sur les routes de Provence, alors que rien ne laisser présager cette rencontre, le temps loin de s'être arrêter à fait un retour en arrière.....

    Pourquoi ?......je vais le demander au vent.....il en connait des histoires et sait à qui les raconter.

    Il est des us et coutumes chez vous comme dans le monde des gens du voyage.  Ce que je vais vous raconter est l'aboutissement d'un long cheminement dans lequel deux cultures se sont côtoyées, toisées, jugées.

    Acceptant les différences, les acteurs de ce témoignage ont fait que les portes se sont ouvertes... Mais sans baisser la garde.

    Le fait de brûler la caravane de cette ancêtre sur mon terrain et en ma présence est la preuve indéniable d'une confiance accordée sans retenue à moi le gadjo.


    Les obsèques ont eu lieu la semaine dernière, en présence de toute la famille mais là, il s'agit d'un rite ancestral : lorsqu’une personne décède, on ne doit rien garder, il n'y a pas d'héritage. Chaque membre de la famille choisit un objet en souvenir du défunt et ensuite, on brûle la caravane. « Le feu est un symbole sacré qui nous aide à faire le deuil », explique Jean P.... « J'ai demandé ton accord car c'est la première fois qu'un tel cérémonial a lieu à Vic-le-Comte d'autant que les jeunes abandonnent de plus en plus cette coutume. »


    Après l'avoir vidée de tout produit pouvant être dangereux, Jean a donc aspergé d'essence la caravane puis y a mis le feu. 

    Entouré de ses enfants, de ses frères et sœurs, il a regardé brûler jusqu'au dernier moment et malgré la chaleur, ce qui fut sa maison et celle de sa maman.


    Lorsque quelques années auparavant j'ai fait la connaissance de cette famille, la dizaine de cara­­vanes qui les abritaient, s'étiraient comme une guirlande le long des fossés du haut pays Comtois en Auvergne. 

    À cette époque la circulation était moins dense, les automobiles circulaient plus lentement.  Les occupants étaient moins stressés et les lieux de stationnement pour nomades beaucoup moins remplis.

    Il était rare que les femmes possèdent le permis de conduire et comme les stationnements autorisés se trouvaient à proximité des bourgs les allées et venues se faisaient «pedibus cum jambis ». 

    Pour cette famille de Manouche, j'étais un cas. 

    J'étais un gadjo mais avec des attitudes de « gens de chez eux » rendant volontiers service sans contreparties, correcte en affaire, respectant leurs coutumes, parlant leur langue, faisant face à leurs débordements intempestifs  après trop de boissons  et marié à une gitane dont le renom de sa famille inspirait le respect.

     

    Déjà mon beau-père m'avait enseigné les rudiments de base des échanges verbaux.  Ma curiosité et la fréquentation d'autres familles avaient consolidé cet apprentissage. Il est difficile de tromper quelqu'un qui comprend votre langue alors que les échanges se font en langue romani. Il fallait donc aller au contact de cet  étranger  et se rendre compte de ce qu'il avait dans l'estomac.


    Un matin, une délégation de six hommes s'est présentée sur mon chantier de récupération de métaux.


    Elle était menée par le chef de famille, grand escogriffe replié sur lui-même, donnant l'impression d'avoir une taille normale et qui, lors de la discussion, vous posez deux énormes mains sur vos épaules plantant son regard de fou dans vos mirettes.  Il se dépliait pour vous toiser de ses deux mètres dix en grinçant des dents dans le but d'impressionner son interlocuteur. Une serpette disproportionnée de vannier ornait la ceinture de son pantalon de velours côtelé.


    Son fils aîné, Jean qui devint mon ami, l'accompagnait en de telles circonstances, non pas pour le protéger mais pour endiguer ses débordements. Il était flanqué à sa droite d'un de ses fils Bob.

     Personnage haut en couleur adoptant une position caractérisée lorsqu'il parlait. Le pied gauche en avant, l'avant-bras gauche en appui sur la cuisse, Il ne fixait que très rarement son interlocuteur. L'homme portait une petite moustache noire qu'il entretenait en la noircissant au charbon de bois.


    L'autre membre de la garde rapprochée était son gendre préféré. Cet homme, le Vieux '' tout en rondeur '' arborait un sourire hollywoodien. En discutant il secouait la tête qui lui servait de tour de contrôle lui imprimant des rotations de quasi 360 degrés, toujours sur le qui-vive, en éveil et à l'affût de quelques bons tours à jouer aux gadgés. 

    La spécialité de ses deux compères inséparables à la ville comme à la scène : le rempaillage de chaises et la réfection de panières très spéciales en osier pour les boulangers.


    Le dernier des Pieds nickelés avait la position enviée de gendre de la petite fille. Son surnom'' Bani'' ne m'a jamais été traduit, tout le monde s'accordait à dire que c'était un gars bien. Pesant cent kilos ressemblant à un stère de bois par ses proportions, la nature l'avait doté d'une pilosité monstrueuse. 

    De dos, vous ne pouviez faire la différence entre ses cheveux longs et les poils du dos qui se rejoignaient. Détail marrant, il était roux et avait les yeux bleus en forme de billes de loto sur une gueule toute noire.


    Hormis Jean, ils avaient en commun l'amour de l'alcool et s'entendaient comme larrons en foire.

    Quand ces messieurs causaient affaire, ils formaient un cercle au tour de leur client qui,  harcelé de questions complètement farfelues et d'attitudes quasi-menaçantes, se trouvait déstabilisé.


    Leurs fréquentations des bars étaient la cause de soirées animées. Bob avait une curiosité physique assez rare, une sorte de jabot interne, comme une double gorge dans laquelle il gardait au sec un demi-litre de liquide et assez longtemps pour aller le cracher en cachette. 

    Dans les bars, ils pariaient qu'il pouvait boire cul sec une bouteille d'eau-de-vie. L'argent collecté, notre assoiffé mettait de côté en remplissant sa cachette secrète un demi-litre de gnôle puis quelques instants après allait se soulager. 

    Bani alignait 4 canettes de bière en verre, cote à cote dans sa bouche grande ouverte et glou et glou. Pari tenu, pari gagné et par ici la monnaie.


    Nous avons réalisé des centaines de coups de commerce.  Jean  était chargé des négociations entre moi et l'acheteur principal ou des clients avec lesquels il traitait directement.  Parfois, je préférais fermer les yeux ou détourner mon regard... Maurice, tu pousses le bouchon un peu trop loin...

    Pour les quantités importantes de rempaillage de chaises ou de fabrication de paniers, je devenais un commerçant gadjo honnête qui avait pignon sur rue. Chargé de rassurer la clientèle des hôteliers, je faisais alors bonne figure, palabrant avec le client, le rassurant au maximum et me retrouvant dans une merde sans pareil lorsqu'un de ces fous vendait les fauteuils qu'il venait de réparer à un quelconque client de passage.


    Quelque temps auparavant j'avais bu le café en compagnie de la phuri dai (vieille femme). J'avais reçu l'invitation de la part d'une de ses belles-filles, fait très rare. La vieille femme était assise sur les marches de sa caravane, l'air pensif, sirotant un ersatz de café.  Je suis resté dehors comme le veulent les us et coutumes. 

     Sa belle-fille à ses côtés ne pipait mot aspirant bruyamment de petites goulées de café.  L'air était vif, le camp étrangement silencieux. Même les habituels curieux qui venaient roder aux alentours de mon camion à chacune de mes visites, avaient dû ce matin-là rester au lit.


    L'ancienne restait muette, sa bru continuant à aspirer son café fixant le sol du regard. Aucun homme de la famille n'était présent ce qui constitue un grave manquement et en d'autres circonstances cela m'aurait valu de sérieux problèmes. 

    À ma dernière lampée de café, j'ai rendu le bol vide à la belle-fille qui, à mon grand étonnement, pivota sur elle-même pour entrer dans la caravane me laissant le bras tendu, seul face à la vieille mère.

    Alors que je ne savais quelle attitude adopter, l'ancienne releva le menton et planta ses yeux dans le miens tout en ce saisissant du bol. J'ai touché ce jour-là un câble de vingt mille volts. J'étais tétanisé, sans réaction aucune, pétrifié. Je ne sais combien de temps a duré cet instant de statue de sel.

     La vieille Manouche est rentrée dans son logement nomade sans prononcer une parole, sa belle-fille en se mettant face à moi avait un visage serein, reposé comme rassurée. Je n'ai rien compris, certainement que j'ai dû les traiter de « puri yalli y dinli » (pauvre vieille folle) qu'ai je fais après ? Mes souvenirs se perdent dans les couloirs du temps.

    La vieille femme a rejoint ses ancêtres peu de temps après ma visite.

    Le temps de la crémation étant passé, les restes de la caravane ont été dispersés dans mon chantier de récupération de ferraille et de démolition.

    La nuit suivante, petit temps frisquet d'Auvergne, les chiens aboient et se ruent comme seuls ces cons de chiens savent le faire, m'obligeant à me lever. 

    Ils étaient à l'arrêt, vociférant devant une silhouette qui de loin semblait flotter vaguement. J'ai actionné le bouton de la lampe électrique, les chiens se sont tus, pour cause, il n'y avait plus rien à voir. Hallucination mon cher Watson, il est urgent de consulter ou de changer de marque de boisson alcoolisée.  

    Retour au bercail pour les chiens qui au passage s'excusent du dérangement puis plongeon dans mon lit.

    La nuit suivante derechef, les chiens aboient la caravane passe. La silhouette est de face, elle paraît grande, sa robe flotte à quelques dizaines de centimètres du sol. Je distingue nettement la tenue vestimentaire. Elle est composée d'une jupe longue évasée à sa base, de couleur gris clair, d'un chemisier à fleurs délavé et d'un châle de laine écru sur les épaules. Sur des cheveux longs gris est noué un morceau d'étoffe dont je ne distingue pas la couleur. Je ne vois pas son visage, il est peut-être 2 ou 3 heures du matin. À la différence de la veille, les chiens sont assis sans maître (fallait bien que je le fasse celle-ci hein Cathy) ils ne grognent plus et ne manifestent plus d'animosité. Tout est calme sauf... Moi !


    On dirait la mère du Jean,  je n'en crois pas mes yeux. Si jamais je raconte cette vision, je vais passer pour un fou. Bêtement, je lève le bras et agite la main en signe de salut... J'aurais peut-être dû lui offrir le café, la nuit est fraîche ! 

    Encore une fois en quelques secondes cette apparition disparaît me laissant en compagnie des chiens complètement pantois. Regagnant ma couche, je me promets bien de ne rien dire à Cathy mais il faut que j'aie une discussion avec la famille.


    Durant les nuits suivantes, le phénomène se reproduisit.
    Dans les jours qui suivirent ces apparitions, je n'ai pas vu la queue d'un manouche chez moi. Un matin prenant le courage qui me restait à deux mains, j'ai enfilé mon énième café et vent debout, je file dans cette famille.

    Avant que commence le rituel du «came te piyes caféia », Jean a bien vu que quelque chose ne tournait pas rond.  D’'un signe de la main, il a renvoyé les spectateurs et la nuée de marmaille qui s'agglutinait à nos basques.


    « C'est à cause de la camping que tu veux quelque chose ?».  Le mot camping est un générique désignant une caravane en général.  Je n'ai pas besoin de lui fournir d'explications supplémentaires. Le café avalé en de bruyantes aspirations, je repars une fois qu'il m'ait dit « je vais m'en occuper »


    Effectivement depuis ce jour précis, je n'ai plus eu de visions sur mon terrain.

     

     

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    Même si chacun a ses propres animaux-pouvoir qui l'accompagnent dans la vie, on peut faire appel à l'Esprit de n'importe quel animal dont les qualités spécifiques et symboliques nous sont nécessaires et qui sont proches de nos sensibilités.



    - extrait d'un article de Thierry sur Loup.org

    Une intelligence vive

    L’appétit de liberté

    Une connexion profonde avec nos instincts

    Un sentiment de menace, le manque de confiance en quelqu’un ou en vous-même

    Les significations positives soulignent un lien profond avec votre intuition et instinct.

     

    Sur le plan négatif

    le loup pourrait représenter une menace perçue ou un manque de confiance en quelqu’ un ou dans vos actes. Cet animal totem reflète aussi une forte intelligence et la capacité de gérer des questions importantes stratégiquement et avec tact.

    Quand vous avez le loup comme un animal totem, cela peut refléter la vivacité de votre intelligence vive et des instincts aiguisés.

    Le loup symbolise un lien très fort avec l’instinct et quand il se présente à vous comme un animal guide, il pourrait suggérer que vous possédez ou pourriez développer une manière de voir ou de comprendre le monde autour de vous de façon instinctive.



    Des références couchées sur papier, idéalisées pour servir et flatter notre ego à la réalité de la vie de tous les jours, il n'y a qu'une seule enjambée de 7 lieues que j'ai franchie.

    A titre d'exemple, je reviens sur mes conditions de vie de ces dernières années passées à fréquenter des gens qui avaient pour devise «  donne moi ta montre et je te donnerai l'heure ».

    Chaque fois que j'ai eu à négocier des coups de commerce ou à préserver ma propre Liberté ou celle de ma famille, j'ai fait appel aux spécificités du Loup pour me fondre dans le décors de ce monde étrange.

    Je me suis imprégné des qualités du Loup, de ses facultés d'observation, de son étrange pouvoir de fascination, de la peur qu'il inspire, j'ai mis à profit ses dons d'observation, sa patience, sa ruse et au moment opportun j'ai montré mes crocs.

    Si vous souhaiter acquérir une image, dessin, sculpture ou représentation de votre animal, demandez mentalement à votre animal de vous rejoindre.

    Vous serez surpris de le découvrir dans une revue, film, cadeau ou tout simplement vivant dans votre entourage...peut être même en cet instant en parcourant ce blog ou cet article...le hasard n'existe plus.....pour les sensibilisés et les concernés que vous êtes peut être, souvenez-vous :

    • cherchez et vous trouverez

    • frappez et on vous ouvrira

    • demandez et on vous offrira



    C'est lors d'un passage dans les ALPES MARITIMES , à l'occasion d'un salon dont le thème traitait des loisirs, que j'ai été abordé d'une manière bien étrange

    Vivant de travaux saisonniers au sein de la communauté des Gens du Voyage, en compagnie de mon fils, nous avions été engagés pour monter des stands sur ce salon à CANNES.

    Alors que j’effectuai mon travail, j'ai été abordé par une femme d'un certain age, d'allure respectable, fleurant bon « la vieille anglaise »...

    Je me souviens de ses airs de Cartland, Agatha Christie et Arabesque mélangés, le chignon impeccable et le regard « droit bien planté dans ses bottes ».

    En quelques mot, cette « apparition » me conseilla de faire appel au loup et à son instinct de survie, puis elle me confia qu'un des ses livres de chevet se nommait: « entrez dans la magie ou faites entrer la magie dans votre vie ».

    En quelques « clics » elle disparu e ce lieu qui fourmillait de personnels œuvrant pour que le salon ouvre à la bonne date et heure.



    Je n'ai jamais rencontré cette femme dans les allée de cette manifestation et la description que j'ai faite au responsable de la manif. n'a rien donnée : inconnue parmi les exposants !



    je fais référence à un ouvrage qui m'a servi de guide dans ma vie « au moment ou j'en avais besoin ».



    "ENTREZ DANS LA MAGIE »

      Gill EDWARDS aux éditions VIVEZ SOLEIL

     

    La lecture de cet ouvrage m'a appris quantité de détails très utiles  pour ma vie actuelle , le savoir faire et le savoir être.

    C'est avoir un pied dans chaque monde, ce qui représente pour moi une façon nouvelle d'aborder le quotidien 


    j'ai  admis l'existence de phénomènes qui paraissaient " paranormaux" aux yeux des non initiés,je reconnais que parfois je suis passé aux yeux de mon entourage pour un gars " un peu pas comme les autres"...compliment.


    j'ai reconnu et apprécié la complicité d'un regard inconnu croisé dans la foule,

    j'ai compris ce que le mot " complicité" voulait dire, ainsi que la force prodigieuse  contenue dans le mot "désintéressement",

    J'ai souvent donné sans rien recevoir en retour, 

    Je sais combien il est difficile d'être " un Guerrier de la Lumière "

    Je savoure le fait tout en étant un LOUP de ne pas être "un Loup parmi les Loups "

    Je sortirais mes crocs de vieux Loup gris et ferais entendre mes grognements  lorsqu'un abruti me dira " que l'homme est un Loup pour l'homme " ce qui à mes yeux est une insulte pour le Loup.

    Rendons à César ce qui appartient à César »l’homme est une menace pour le Loup ».












     

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