• Je lève mon verre à...

    A l’occasion de la présentation de mon bouquin sur les recettes de cuisine des gens du voyage, j’ai eu le plaisir confus d’échanger quelques propos  sur la condition de la femme  d’ autrefois et de maintenant  chez « ces gens là !! ».

    La journée s’annonçait chiante, la mairie nous avez gracieusement mis à notre disposition  quelques mètres carrés dans une pièce où trônait « citoyennement » une Marianne, histoire de rappeler que le destin de la république  était placé sous la protection dune femelle que personne jusqu’à ce jour, n’avait vu tenant la barre d’un bateau-république fonçant droit au naufrage.

    Le chaland n’est plus ce qu’il était. Celui qui s’attardait sur notre stand avait sans nul doute la permission de 16 heures octroyée  par la responsable en chef de la maison de retraite du coin.

    Mes tendres années défilèrent donc une bonne partie de la journée, représentées par les  porteurs d’espoirs pour les laboratoires médicaux.

    Du Clopin-Clopant au « t’as pris tes pilules », en passant par « vite les toilettes ! » j’ai eu droit à toutes les raisons d’acquérir le « Vidal illustré » la bible du toubib.

    Vers le septième café une belle sexa-dégénére, portant le châle «  du peuple des meneurs de taureaux au pays du riz » s’est mise en arrêt devant les tableaux de CATINOU.

     

    UNE FEMME AUX ALLURES CAVALIÈRES

     

    Grande,  portant fièrement son passé sur son allure, le chignon parfaitement haut perché elle avait une certaine prestance qui laissait à penser que la maîtresse jeune fille qu’elle avait été, l’avait transformée en maîtresse femme aujourd’hui.

    Après quelques échanges courtois échangés avec ma peintre de femme, il  fallait bien qu’elle vienne me les briser menu-menu !

    • Vous n’êtes pas Gitan, tzigane, Manouche …. Yéniche je parie…
    • Votre seigneurie à tout faux, je suis…

    Ma réponse ne l’importait peu et elle s’en souciait comme de sa première chute de cheval.

    • Moi, je suis d’une autre époque...en ce temps là les femmes « du Delta » travaillaient comme des hommes, il y avait alors une véritable égalité….on ne rechignait pas à la besogne…seul le cheval avait plus de valeur que l’homme.
    • Ah Bon ? ai-je dit peu enclin à déblatérer avec cette « jument ».
    • ..même chez vous les Gitans, les femmes avaient le goût de l’effort et leurs sacrifices pour porter les peines de leurs hommes étaient remarquables…elles étaient heureuses.

    LA FEMME GITANE

     

    N.B : j’ai par le passé « goutté de la femme Gitane » je n’ai pas tellement apprécié l’odeur de la transpiration et pour avoir vécu de formidables aventures à leurs cotés je puis affirmer que les sacrifices  consentis chaque jours de leurs dures vies, a bien un goût : celui du sang.

     

    C’est une vie basée essentiellement sur des rapports de force  quotidiens.

    Constamment confrontée à des duels avec les femmes de la belle-famille, avec les hommes du clan de son « bien aimé », avec les « gadgés » lors des rencontres  sur le voyage ou dans l’épicerie du coin, elle gagnera ses galons de  bonne épouse  lorsque son ventre déformé par les « venues au monde » à répétition se sera enveloppé  façon « bardes » suite à des années passées à cuisiner du lourd « rien que pour faire comme maman et belle maman »…..la cuisine qui retient les petits maris qui se débinent !

     

    AH LE PETIT VIN....ROSE

    .Je ne vous parle pas des soirées au mas "TARTEMPION"! 

    En ces temps là « on » savait s’amuser…. Et puis dans les chaleurs de la nuit…après l’effort le réconfort ! Le rosé  des Sables nous donnait des ailes et Hop les jupes par-dessus la tête !

    J’ai encore du mal et l’imagination me manque pour entrevoir un brin de frivolité chez cette respectable femme…mais puisque elle le dit.

    Je ferai donc front commun en lui offrant un verre de rosé frais, sans arrières pensées quant à un vent fripon lui retroussant les jupons.

    Touchée par mon attention et partageant ma bouteille «  de pousse au crime »  avec quelques autres dames  qui avaient du faire tourner bien des paturons à de jeunes chevaux camarguais, je les ai quittées en portant un toast :

     

    « Je lève mon verre à nos chevaux, nos escaliers, nos femmes et à tous ceux qui les montent »

     

    S’en suivit un grand moment de solitude.

    « La LuparaAmi »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 18 Avril 2016 à 23:12

          Ce soir ,j'ai attrape la grosse tête .Je connaissais la dernière phrase mais sans "les escaliers"!

    Tu es revenu sur eklablog?

    Bisous

    Sabine

    2
    Petitepaquerette
    Mercredi 20 Avril 2016 à 14:04

    Aille , moment de solitude ou sollicitude !! 

    Bonne journée Loup Zen ainsi qu'a Catinou ( tu nous en  parles toujours avec tellement de tendresse )

    Bisous

    Manon

    3
    Mercredi 20 Avril 2016 à 19:51
    C'est très beau merci bises caty
    4
    mibel
    Jeudi 21 Avril 2016 à 13:05

    Oh, la chute est bien leste et le sujet est lourd.

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