• Tu te prends pour qui ? : un vieux Loup qui hurle.....

    Sur le canevas de Cyrano de Bergerac, de ce bretteur d’Edmond ROSTAND, j'ai honteusement plagié cette prose tout en sachant qu’à vos critiques je m’expose.

    J’explose ou j’implose …..de lire vos commentaires encore je n’ose.

    LE BRET :
     Si tu laissais un peu ton mordant aux vestiaires,

     La fortune et la gloire te font défaut sur cette terre,

     Aux orties il te faut mettre ta rapière et baisser ton pavillon pour avoir une allure moins fière
     LE LOUP :

                       Et que faudrait-il faire ? 


     -   Chercher un protecteur puissant ? 
    J'avais un patron dont le seul rôle était d’engranger des bénéfices  et voulant se faire passer pour un daron m'avait appelé son fils,  

    Plongé dans les délices de Capoue, tout comme Hannibal il avait nommé son entreprise « Ben & Fils »

    Confondant ainsi  nombrilisme et touché rectal.

    Non merci : le seul trou que j'accepte de creuser est celui de la sécurité sociale.

    -   Déclamer tous les jours des vers en guise de gratitude, à un banquier usurier et charognard ?

    Qui pour m’avoir prêté ce qu’il faut pour acheter des mouchoirs, se croirait propriétaire de mon âme et s’offrirait le ventre de ma femme pour faire des batards.

    Pour collet une écharpe au tour du cou j’offrirais à  ce banquier trop bien nourri qui prenait plaisir à rejeter mes projets,

    Doucement sur le filet je tirerais, le faisant suffoquer comme il le fît à son client par le monde du travail rejeté.

    Non merci : le seul banquier à qui j'ai dit merci fut celui qui dans une éprouvette a recueilli un jour une bien riche  pitance en guise de semence. Banque du sperme pour seule enseigne sur son mur il avait affiché !

    -   Me changer un soir en bouffon, esquisser une série de grimaces à l’annonce d’un bon mot ou d’une citation ?

     Espérant en secret obtenir d'une quelconque Ninon, le plaisir de reluquer le lustre d’une paire de fesses et faire de ses rondeurs un éternel renom.

     Non merci : d'une main flatteuse se voulant aventureuse, je réserve la mienne pour dessiner dans le noir la forme d'un corps ressemblant à une poire,

     Fruit défendu, abricot fendu qu’est celui de ma belle et que l'Amour a pourvu.

     

     -   Avoir pour accessoire un colossal encensoir, l'éventer en le poussant de giron en giron au centre d’un cercle fermé en forme de trou noir ?

    Devenir un grand gnome  en payant très  cher un éditeur à qui je reverserais 30 deniers,

    Prix d’une trahison envers mes idées que je n’aurais plus le courage d’étaler,

     De quoi le gaver de caviar alors qu’il ne me resterait tout juste de quoi me payer l’alcool qui me ferait oublier ce que je suis devenu, homme de paille d’un trou du cul.

    -   Être terroriser par les critiques de vagues gazettes et se dire sans cesse il faut que je sois dans ces petits papiers ?  Me battre contre des moulins à vent n'est vraiment pas ma quête et préfère renoncer à voir mes écrits publiés

     Non merci : c’est chez le Maître Pierre qui pareil à Montesquieu affirmait déjà, que «le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument » que j'irais porter mes lettres.

     Après avoir bu, nous chanterons de paillardes romances  de celles qui font peur aux nonnettes puis à l’appel du grand Jacques nous briserons nos verres pour apporter le silence

     J’écris pour ne pas assassiner ! Voyez combien la littérature adoucit les mœurs ! Alors tirons chaque mot  à bout portant, comme une mise à mort.

    -   Faire partie d'un sérail et avoir pour compagnons de fieffées canailles qui sentant venir l'heure de la distribution de mouron ont vendu leurs âmes et prêté leurs épées à l'ignoble racaille?

     Hurlant dans nos villes en mettant à sac nos maisons, spadassins d'un tribun qui pratique l'art du mensonge semblable à un odontologue prétextant qu'il est bon de nous mettre à genou pour se transformer en proctologue.

     Non merci : ce serait me trahir et vendre les miens, si pour une poignée de mains je pactisais avec ces gueux,

     Je recevrais pour régler mon forfait ce que ce pauvre Judas dû endurer et ce n’est pas cher payé,  Dans sa tombe il doit se retourner les temps ont bien changé, le cours du bulletin de vote s'est envolé.

    Je rends grâce à l’auteur :
     Non, merci : mais... chanter,
     Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
     Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
     Pour un oui, pour un non, se battre,
     Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
     À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

     

    « Combien veux-tu pour ta fille ?Le Doute »
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  • Commentaires

    1
    Lou Québec
    Samedi 12 Mars 2016 à 15:37

    Libre partage d'un écrit datant de 1993. alors que je fréquentais l'université de Sherbrooke (sur le tard). J'ai été éblouie par le texte de ce jeune homme dont vous connaîtrez  le nom à la toute fin de votre lecture.

     

    L'USAGE DES SENS 

     

     

           

    Laissez-moi vous déclamer ici bonnes gens comment de la vie, tout le monde peut se jouer, pour autant qu'on ait quelques yeux pour voir venir et quelques oreilles pour entendre dire.

     

            J'étais, bien avant hier, un de ces types aigris, tristes et misanthropes, un de ces types qui détestent tout le monde à commencer par vous autres. Je criais sur tous les toits que les gens heureux sont des imbéciles. Des imbéciles qui se camouflent de l'aride réalité, des pauvres petits lézards à vestons-cravates, qui passent du rouge au blanc selon qu'ils se retrouvent devant une femme ou devant la mort.

     

            D'un coup de tête, je jugeais le monde horrible avec son vacarme de caverne et je me disais : « Ah ! que vous êtes laids, vautrés dans votre confort écoeurant ; vous regardez le fil de votre vie comme un film plate, à admirer ce que vous êtes sans vous avouer que c'est la vulgaire caricature de ce que vous auriez voulu être ».

     

            Moi, moi, je me laissais flotter sur les flots de l'indifférence sous le soleil gratis et ma vie était d'une lassitude crasse. Je me disais à tous les jours : « Reste donc accoté à ton mur de brique, à te confondre avec les graffiti. Chez les autres, tu trouveras pas mieux. Quand même tu ferais le tour du monde, quand même tu irais aux quatre coins, tu es enfermé dans ta tête et jamais tu n'en sortiras ».

     

            Alors j'attendais la mort comme on attend un train pour se jeter devant : c'est étonnant certains matins de voir comment ça peut soulager de voir une lumière au bout du tunnel, même si cette lumière est une idée noire.


            J'étais malade et je restais caché dans les plis de mes draps jusqu'au soir pour aller me soûler de la nuit. C'était une maladie chronique. Le verre solitaire. Le verre solitaire : ça s'attrape à force de boire tout seul. Ça te pogne en dedans, juste ici dans les tripes. Ça te ronge les sangs jusqu'à ce que tu craches des larmes , et ça te rechie tout ça sur le coeur.

     

    <table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <tbody> <tr> <td>

    2

    </td> </tr> </tbody> </table>

            Mon seul remède c'était d'aller dans les bars pour me rincer l'oeil dans le fond des bouteilles. Je regardais les filles faire le pied de grue sur la piste de danse. Je me comprends. Des vraies bénévoles ! Elles se donnent en spectacle et on a même pas à débourser. Ça tombe bien je suis un gars cassé. Mais ça prend un certain capital émotif pour se payer une place dans leur loge.

     

     

            La seule fille à laquelle j'avais les moyens de rêver moi, elle ne leur arrivait pas à la cheville. Mais c'est pas grave, je ne rêvais pas d'elle pour ses chevilles. Je rêvais d'elle pour ses seins. Ses seins et ma bouche. Sur ses seins. Comme ma mère. Je rêvais d'une grosse. Une grosse que je n'aurais pas eu besoin de séduire. Comme la grosse toujours assise au bout du bar. Celle qui s'assoit sur un petit banc en pensant que ça va la faire paraître plus petite. Celle qui boit pour oublier qu'elle est grosse et qui est grosse pour oublier qu'elle est laide. Celle qui reste là à regarder passer son train de vie comme une grosse vache qui regarde passer les trains, en mangeant des marguerites et en crachant les pétales les uns après les autres : je m'aime pas tellement, je m'aime pas beaucoup, je m'aime pas du tout.

     

            Mais même elle, elle n'aurait pas pu remplacer ma mère, qui était bien plus grosse que ça.

     

            O solitude, que de rêves minables tu imposas.

     

            Un jeudi soir après le last call, ou c'était rendu le matin, je promenais mon regard vicieux dans la ville. J'étais accoté sur une borne fontaine, j'avais le boyau entre les jambes. Elle sortait du métro et je l'ai vue, à la lumière rouge,

    <table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <tbody> <tr> <td>

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    </td> </tr> </tbody> </table>

    traverser la vie à tue-tête avec un gros sac dans les bras. Je l'ai trouvée tellement belle et je me suis demandé où je l'avais déjà vue. Ah oui ! je pense que je le sais. C'était à la télé; elle tenait les ballounes dans une annonce de char.

     

     

            J'étais de l'autre côté de la rue, caché derrière la circulation. J'étais de l'autre côté complètement, j'étais le contraire de toutes ses attentes, caché derrière mon masque de singe concupiscent, caché derrière mes envies visqueuses. Alors j'ai pensé que... peut-être... je pourrais l'aider à porter son sac jusque chez elle. J'étais encore vert : j'ai traversé la rue et je l'ai suivie sans m'inquiéter à savoir où cela pouvait la mener.

     

            Signe de sa résignation, elle marchait droit. Quand elle levait la tête, c'était pour voir s'il n'y avait pas un feu rouge qui lui interdirait quelque chose.

     

            Ah! La courbure de son dos comme une vague au soleil; ah! la dislocation subtile de son corps de femme dans sa démarche marine. Moi, derrière, je marchais sur les eaux, caché dans mes souliers et j'avais des idées qui puent des pieds.

     

            Je lui ai adressé la parole, parce que c'est mon rôle : « Pardon, gente demoiselle, que portez-vous dans votre sac menu ? Ah ! Ah !

     

            Elle portait ses rêves. Un plein sac qu'elle allait déposer à la récupération. Elle m'a dit : « Mort, l'amour est mort. Ils ont tellement jeté d'obligations chez moi qu'il ne reste plus de place pour mes rêves. Ils ont effacé mes espoirs avec leur grosse gomme à vérité. Des crapauds galeux, des couleuvres graisseuses. Des monstres à bienséance et bon usage, complètement déformés dans leurs têtes. Ils définissent la beauté et l'amour et si tu ne te plies pas à leurs critères, ils te trouvent laid et haïssable ».

     

            Qui ne s'est jamais abreuvé à une larme ne comprendra pas ce dont je vais parler. Quand l'amour te plonge une racine dans le coeur, le phallocrate devient jardinier et le nourrit de son propre sang. 

    <table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <tbody> <tr> <td>

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    </td> </tr> </tbody> </table>

     

     

     

            Là j'ai su où je l'avais rencontrée, même si c'était la première fois que je la voyais. C'était dans mes rêves naïfs. Oh ! ça fait longtemps; c'était avant que j'apprenne à bander. Mais je me souvenais très bien d'elle. C'était tout à fait elle. Je lui avais dédié mes premiers poèmes :

     

            Rayon de soleil anarchique

            De mes nuits sans lune

            Beauté puissante et ferme

            Dans ton corps de dune

     

            Je comprends pourquoi je ne l'avais pas reconnue tout de suite : c'est parce qu'on m'avait dit que l'amour est aveugle.

     

            Comment pouvais-je rester bloc de glace devant l'étincelle de ses yeux; j'ai fondu en neige sous la lune de novembre et j'ai viré de bord parce que j'ai compris tout à coup que je marchais à reculons dans un sens unique.

     

            Je lui ai dit : « Regarde, le soleil est frère et la pluie peut encore noyer nos larmes. Sors tes rêves du sac et crie-les dans le vent pour réveiller les meubles. Écoute pas les manchots qui n'ont pas assez de leurs dix doigts pour se décrotter le nez. Viens avec moi, on va aller faire des folies. Viens on va aller lancer des roches aux morts. Viens ! Viens ! on va aller casser des vitres de chars et planter des éclats de rire dans nos yeux mornes. Viens, on va aller se cacher dans le lit de la rivière pour se donner des becs de poisson, avec la douceur des sources. Puis quand je te dis que je t'aime, crois-moi, même si tu sais que j'haïs tout le monde ».

     

            On a sauté le mur et on est allé se terrer dans une ruelle pour éviter le trafic. On a fait toutes sortes de choses. On s'est planté des aiguilles d'horloges dans les bras pour tuer le temps. Et on a découvert une ville sans frontières

    <table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <tbody> <tr> <td>

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    </td> </tr> </tbody> </table>

    dans les parois de nos crânes. Une ville de soleil des tropiques dans nos têtes de ruelle. Une ville à noyer dans un verre, les soirs de tempêtes et d'amitié, quand tu ouvres des bouteilles remplies de messages et de promesses. Une ville avec de la brume plein la tête aussi, pour les jours de pluie. Une ville qui bourdonne de la musique dans nos oreilles de crisse. Ça nous a pogné au ventre et comme on avait l'estomac dans les talons, on est parti à danser comme un seul homme sur un pas de deux.

     

     

            On a blasphémé autant qu'on a pu, juste pour écoeurer celui qui nous aime. Moi je criais : « Un Dieu sauveur, pour quoi faire ? Ma blonde travaille à la Croix rouge ». Elle, plus audacieuse, elle m'a amené faire l'amour dans un clocher d'église et, ça m'a sonné des cloches quand elle m'a dit qu'il n'y a pas pire abus que de se priver complètement d'une chose. Mais j'en dis pas plus de tout ce qu'on a fait, parce que je sais que vous ne pouvez pas comprendre.

     

            Quand on est redescendu, on a mis un pied sur terre et l'autre dans la ville. On a poussé une couple de murs pour faire un peu de soleil dans notre impasse, on a craché par terre une couple de coups pour ne pas que la poussière lève trop et on a dit : «Voilà, voilà que c'est ici, ensemble, que nous allons vivre ».

     

     

    Texte de Yves Larose, 20 ans

    Étudiant en littérature à l'Université de Sherbrooke

    Tiré du recueil de la nuit artistique du 19 mars 1993

    Par Louise Lef

    2
    Samedi 12 Mars 2016 à 20:09

    Je vais lire, comprendre, imaginer et répondre à  ces émotions provenant d'un  homme  devenu libre.

    Bon dimanche.

     

    3
    Dimanche 13 Mars 2016 à 06:10

    Salut !!

    Le LoupZen est merveilleux et fidèle. il est très gentil par ailleurs, il hurle sans cesse.  Au mieux, il est dérangeant, au pire, il est provocant . En cas d'hurlements  intempestifs, il faut se demander quelle est la cause de ce comportement.

    Cela fait, il va falloir trouver une thérapie ....

    Bon Dimanche !!

      • Dimanche 13 Mars 2016 à 21:16

        Thérapie ? où " terre happy".

        Peut être que je hurle tout fort ce que les autres crient tout bas. Et puis quand j'en aurais assez d'écrire ce que je n'ai jamais pu dire  alors me reviendra un air obsédant dans ma sacrée caboche "on the road again..... je reprends la route demain"

        Sérieusement c'est ce qui va arriver.

        Amitiés

    4
    Lundi 14 Mars 2016 à 12:51

    Si votre plumage se rapporte à votre ramage, vous êtes le phénix d'eklablog !!!!

      • Dimanche 27 Mars 2016 à 16:20
        • Et je chantais cette romance
          En 1903 sans savoir
          Que mon amour à la semblance
          Du beau Phénix s’il meurt un soir
          Le matin voit sa renaissance.
            (Guillaume Apollinaire, La chanson du Mal-aimé, dans Alcools, 1913)
    5
    Mercredi 1er Février à 10:46

    bonjour

    merci de venir commenter mes elucubrations

     

    il est parfois sain de s'exprimer en litterauture en ecrits divers

    pour lacher sa haine, sa mauvaise humeu, son mecontentement

    plutot qu'assassiner en effet

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