• Tombe la neige....

     

    Si pour certains le chauffage est central la formule « si tu ne vas pas à Lagardére, c'est le chauffage qui viendra à toi »  s'applique....j'explique ce sera plus pratique pour les sceptiques.

     

    Au cœur de la région Centre France, en Haute Auvergne pour ne pas la citer, j'ai exercé mes premiers pas de chineur. (vous référerez à l'article sur mon blog : la chine et la mengave)

    A cette époque mon beau Père me suivait comme mon ombre, plus tard, ayant le choix, je lui ai préféré sa fille !..judicieux non ?

     

    A bord d'une camionnette plateau, un FORD Transit pour les puristes, nous parcourions les campagnes pas encore délaissées par ses habitants, pour ramasser divers objets dont voulait se défaire la population locale.

     

    Le troc était  roi, le « bon coin » n'avait pas encore envahi les bon coins de nos régions.nous n’étions pas loin de la véracité du thème abordé. Dans une chanson sulfureuse de Pierre PERET «  il avait échangé des chinois contre des porte clefs » .

    Désirant se défaire de vieilles reliques et connaître les joies du modernisme, nous échangions de magnifiques pièces de mobilier contre les premières horreurs en FORMICAT....revenu à la mode depuis.

     

    Ce jour de fin Novembre (j'ai retrouvé les preuves écrites de cette aventure) un trio de compères prenait la route. Il s'agissait du camion FORD, du Beau-père et de votre raconteur d'histoires.

     

    D'un pas léger (c'est la camion qui en bavait) nous avons parcouru les quelques cinquante kilomètres qui nous conduisaient à la porte d'une petite bourgade dans laquelle j'avais la semaine précédente, planté mes jalons de chineur.

     

    La veille une cultivatrice implantée à l'entrée du village avait par téléphone confirmé qu'elle attendait mon passage pour se « débarrasser de crasses sans valeur ».....Désireux de m'implanter dans cette partie de la région d'Ambert, je ne pouvais faire faux bon...une réputation est vite fondée et la France profonde est tellement profonde que si tu te manque....c'est de profundis.

     

    Le fond de l'air était frais et il soufflait un méchant petit vent glacial, mais l’aventure c'est l'aventure.

    Arrivés à destination, notre cliente nous attendait en compagnie de deux membres de la maréchaussée locale.

    Le moment de la surprise passée et pour faire court, la cultivatrice nous présenta à un des gendarmes « je vous présente mon cousin qui a des affaires à vous faire enlever...dans la gendarmerie ».

     

    En effet, dans le quart d'heure qui suivit, nous étions dans les locaux qui étaient en cours de rénovation. Une quinzaine de radiateurs en fonte nous attendait histoire de nous réchauffer les muscles pour les charger dans le camion.

     

    Ce que j'apprécie dans les villages de campagne ce sont ces petits riens qui font que vous vous dites « Ah c'est beau la France ! ».Telle cette boulangerie voisine qui projetait dans l’atmosphère des senteurs de pain frais, tendance grosse miche qui croustille, une volée de coups de cloche qui t'invite à chercher une table accueillante car il est midi....et ses gardiens de l'Ordre qui t'interpellent sur le champ « Eh les chiffonniers , vous buvez le pastis ? »Ben oui...si c'est un ordre..j’obtempère !

     

    Et nous voilà partis « bras dessus bras dessous » au bar de la place qui comme son nom l'indique se trouve à la sortie du patelin.

    Après quelques banalités et une rafale de tournées il fallut bien se rendre à l'évidence...la faim faisait sortir le Loup du moi qui somnolait en moi.

     

    Habitué à donner des ordres et par gestes professionnels et péremptoires, le garant de l'Ordre républicain nous enjoignit de nous diriger vers une table dressée et ce, sans possibilité de discuter l'ordre donné : « à table ».

    Comment discuter un ordre d'un chef de la Gendarmerie Nationale. Bonne ambiance chaleureuse, les pandores s'étaient renseignés au prés de leurs collègues de la ville où je sévissais. Après le café et « les « pousse-cafés »...nous nous sommes rendus à l'évidence....l'heure passait aussi vite en ces lieux que n'importe où en France.

    Par contre à Marseille ce jour là....la neige ne faisait pas partie du menu...ici...si !

    Une couche de neige recouvrait le patelin et les rues désertes. Entre temps, pour faire bon poids, des habitants de la bourgade avaient déposé dans la benne de mon camion de belles quantités de ferraille et c'est un surcharge honteuse que sous les yeux des Gendarmes que nous avons pris la route pour revenir entre hommes « at home ».

     

    La nuit prévenue par l'horloge de l'église se présentait à confesse. Route glissante en accompagnement, elle était décidée à se payer une bonne tranche de rigolade en nous voyant serrer les fesses !

     

    Cette saloperie de neige redoublait d'efforts pour nous faire regretter d'être venu la titiller sur son territoire... et c'est avec la glace grande ouverte que j'entamais le calvaire de la descente....Remarquez qu'avec ce que nous avions ingurgité d’alcool nous ne risquions pas de geler !

    La route fut l'occasion de constater que sur la neige un camion glisse et c'est tout schuss que le véhicule en surcharge s'est frayé un chemin en se calant et en glissant le long des talus.

    Les 3 tonnes de fonte glissait comme des enfants au jour de Noël  sur leur luge, dans la benne.

    « Va bene..un coup dans le zig...un coup dans le zag ». » nous ronronnait le moteur...jusqu'au moment ou....

     

    La pédale de l'accélérateur resta à plat sur le plancher du bahut...bye bye fit le câble !

    Bloqués aux alentours de 20 heures trente, à vingt bornes de notre « caravane sweet caravane » dans une campagne pliée en deux sous la neige...un vin chaud m'aurait fait du bien....et à mon beau père...aussi !

    Que faire ? Pas de téléphone portable à cette époque (moyen age?) pas une voiture en vue...un grand moment de solitude !

     

    Nous avons défait nos ceintures de pantalons...nos lacets de chaussures...qui mis bout à bout...en passant par le capot entr'ouvert et la glace latérale ouverte en grand....servirent de câble d’accélérateur à manipuler...à la main !

     

    Et c'est plus d'une heure plus tard que nous avons retrouvé la terre ferme de notre lieu de stationnement. La cerise sur le gâteau : épuisés par notre aventure, le froid, la neige, le stress, nous n'avions pas constaté que plus de la moitié de notre chargement était absent à l'appel de l’extinction des feux !

     

    Le lendemain matin, confiture de griotte on the cake : une estafette de Gendarmerie Nationale s'aventure jusqu'au dépôt de brocante que j'exploitais....

     

    Tenue réglementaire, salut impeccable, calme et droit dans ses bottes : 

    « Bonjour Gendarmerie Nationale....veuillez nous suivre à la brigade »

     

    Habitué de ce genre d'invitation, je en restais pas moins inquiet.

    A la brigade je fus conduit dans le garage..où se trouvaient entassés sept de mes radiateurs couverts de glace et ..leur chaudière !

     

     

     

     

     

     

     

    « Je vous parle d'un temps.....Troublant et pourtant bien réel. »
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Novembre 2016 à 19:12

    C'est ce qu'on appelle des objets "tombés du camion"... lol !

    Bonne soirée

      • Mercredi 6 Décembre à 20:52

        Ceux-là provenaient d'un "vol-glissé tout schuss " lol

    2
    Jo
    Vendredi 18 Novembre 2016 à 21:45
    Jo

    Pliée de rire car cela me rappelle l'histoire de pépé le ferrailleur, mais lui c'était des  bouts de rails et des tuyaux de cuivre que les pandores lui ont fait récupérés !! Pas de neige mais du verglas et un câble de.. trou de mémoire, pour passer les vitesses qui avait pêté !

    Bonne fin de semaine.

      • Mercredi 6 Décembre à 20:54

        Bonté divine...je te réponds en décembre 2017........ qu'es tu devenu...si je puis me permettre...,

    3
    Samedi 19 Novembre 2016 à 16:44

    Ça c'est une merveilleuse aventure !!! he comme quoi, tout le monde peut finir par s'entendre entre gens bien intentionnés !!!

    Merci pour ce bon moment

    Et à très vite !!!

    Bise 

      • Mercredi 6 Décembre à 21:00

        Ho boudu con...cela fait 2 ans....j’ai pourtant pas la cagne...mes neurones boulégues sévère... et pourtant t'es pas partie ! j'ai honte...Adiou

    4
    Mardi 28 Novembre à 11:53

    Salut

    1 an apres cet article,

    on annonce la neige en plaine pour jeudi et vendredi, tiendra t elle ou pas ?

    est ce que la meteo a raison ou il n'y aura que deux trois flocons ?

      • Mercredi 6 Décembre à 21:01

        Je suis couvert de remords....quel con je suis et quel ingrat !

        Tu es resté fidèle au post.....merci tu me donnes un bel exemple!!!!

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