• Un ami, Philippe, fait circuler le résultat d'une enquête qui ne fait aucun doute.....

     

    Au 7e jour, alors que Dieu avait fini de créer le monde, il décida de créer également les peuples avec leurs qualités et leurs défauts.

         Assisté de l'ange Gabriel, il se mit à la tâche et dit :
    >     Ceux-là seront Suisses : économes et financiers avisés.
    >     Ceux-là seront Canadiens : résistants et bon vivants.
    >     Ceux-là seront Allemands : rigoureux et excellents techniciens.
    >     Ceux-là seront Américains : puissants et grands libérateurs.
    >              Etc.

       Quand vint enfin le tour des Auvergnats, il restait à Dieu 
    >     3 qualités  : 
    >     intelligence, honnêteté et socialisme.

        Dieu dans sa grande bonté décida de les donner toutes les 3 aux Auvergnats !
    >     Hé là, objecta l'ange Gabriel, Vous êtes injuste Dieu, vous donnez trois qualités aux Auvergnats au lieu de deux comme aux autres".

        Non" répond Dieu, je t'explique : les Auvergnats veulent toujours plus que les autres donc, bon prince, je leur donne trois qualités mais ils ne pourront en exploiter que deux à la fois".

    >        Et c'est pour cela qu'en Auvergne
    >     si on est intelligent et honnête, on n'est pas socialiste
    >     si on est intelligent et socialiste, on n'est pas honnête
    >     si on est honnête et socialiste, on n'est pas intelligent...
    >      
    >             FOUCHTRA ! à bientôt...

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  • Traditions secculiéres

     

    Sur les routes de Provence, alors que rien ne laisser présager cette rencontre, le temps loin de s'être arrêter à fait un retour en arrière.....

    Pourquoi ?......je vais le demander au vent.....il en connait des histoires et sait à qui les raconter.

    Il est des us et coutumes chez vous comme dans le monde des gens du voyage.  Ce que je vais vous raconter est l'aboutissement d'un long cheminement dans lequel deux cultures se sont côtoyées, toisées, jugées.

    Acceptant les différences, les acteurs de ce témoignage ont fait que les portes se sont ouvertes... Mais sans baisser la garde.

    Le fait de brûler la caravane de cette ancêtre sur mon terrain et en ma présence est la preuve indéniable d'une confiance accordée sans retenue à moi le gadjo.


    Les obsèques ont eu lieu la semaine dernière, en présence de toute la famille mais là, il s'agit d'un rite ancestral : lorsqu’une personne décède, on ne doit rien garder, il n'y a pas d'héritage. Chaque membre de la famille choisit un objet en souvenir du défunt et ensuite, on brûle la caravane. « Le feu est un symbole sacré qui nous aide à faire le deuil », explique Jean P.... « J'ai demandé ton accord car c'est la première fois qu'un tel cérémonial a lieu à Vic-le-Comte d'autant que les jeunes abandonnent de plus en plus cette coutume. »


    Après l'avoir vidée de tout produit pouvant être dangereux, Jean a donc aspergé d'essence la caravane puis y a mis le feu. 

    Entouré de ses enfants, de ses frères et sœurs, il a regardé brûler jusqu'au dernier moment et malgré la chaleur, ce qui fut sa maison et celle de sa maman.


    Lorsque quelques années auparavant j'ai fait la connaissance de cette famille, la dizaine de cara­­vanes qui les abritaient, s'étiraient comme une guirlande le long des fossés du haut pays Comtois en Auvergne. 

    À cette époque la circulation était moins dense, les automobiles circulaient plus lentement.  Les occupants étaient moins stressés et les lieux de stationnement pour nomades beaucoup moins remplis.

    Il était rare que les femmes possèdent le permis de conduire et comme les stationnements autorisés se trouvaient à proximité des bourgs les allées et venues se faisaient «pedibus cum jambis ». 

    Pour cette famille de Manouche, j'étais un cas. 

    J'étais un gadjo mais avec des attitudes de « gens de chez eux » rendant volontiers service sans contreparties, correcte en affaire, respectant leurs coutumes, parlant leur langue, faisant face à leurs débordements intempestifs  après trop de boissons  et marié à une gitane dont le renom de sa famille inspirait le respect.

     

    Déjà mon beau-père m'avait enseigné les rudiments de base des échanges verbaux.  Ma curiosité et la fréquentation d'autres familles avaient consolidé cet apprentissage. Il est difficile de tromper quelqu'un qui comprend votre langue alors que les échanges se font en langue romani. Il fallait donc aller au contact de cet  étranger  et se rendre compte de ce qu'il avait dans l'estomac.


    Un matin, une délégation de six hommes s'est présentée sur mon chantier de récupération de métaux.


    Elle était menée par le chef de famille, grand escogriffe replié sur lui-même, donnant l'impression d'avoir une taille normale et qui, lors de la discussion, vous posez deux énormes mains sur vos épaules plantant son regard de fou dans vos mirettes.  Il se dépliait pour vous toiser de ses deux mètres dix en grinçant des dents dans le but d'impressionner son interlocuteur. Une serpette disproportionnée de vannier ornait la ceinture de son pantalon de velours côtelé.


    Son fils aîné, Jean qui devint mon ami, l'accompagnait en de telles circonstances, non pas pour le protéger mais pour endiguer ses débordements. Il était flanqué à sa droite d'un de ses fils Bob.

     Personnage haut en couleur adoptant une position caractérisée lorsqu'il parlait. Le pied gauche en avant, l'avant-bras gauche en appui sur la cuisse, Il ne fixait que très rarement son interlocuteur. L'homme portait une petite moustache noire qu'il entretenait en la noircissant au charbon de bois.


    L'autre membre de la garde rapprochée était son gendre préféré. Cet homme, le Vieux '' tout en rondeur '' arborait un sourire hollywoodien. En discutant il secouait la tête qui lui servait de tour de contrôle lui imprimant des rotations de quasi 360 degrés, toujours sur le qui-vive, en éveil et à l'affût de quelques bons tours à jouer aux gadgés. 

    La spécialité de ses deux compères inséparables à la ville comme à la scène : le rempaillage de chaises et la réfection de panières très spéciales en osier pour les boulangers.


    Le dernier des Pieds nickelés avait la position enviée de gendre de la petite fille. Son surnom'' Bani'' ne m'a jamais été traduit, tout le monde s'accordait à dire que c'était un gars bien. Pesant cent kilos ressemblant à un stère de bois par ses proportions, la nature l'avait doté d'une pilosité monstrueuse. 

    De dos, vous ne pouviez faire la différence entre ses cheveux longs et les poils du dos qui se rejoignaient. Détail marrant, il était roux et avait les yeux bleus en forme de billes de loto sur une gueule toute noire.


    Hormis Jean, ils avaient en commun l'amour de l'alcool et s'entendaient comme larrons en foire.

    Quand ces messieurs causaient affaire, ils formaient un cercle au tour de leur client qui,  harcelé de questions complètement farfelues et d'attitudes quasi-menaçantes, se trouvait déstabilisé.


    Leurs fréquentations des bars étaient la cause de soirées animées. Bob avait une curiosité physique assez rare, une sorte de jabot interne, comme une double gorge dans laquelle il gardait au sec un demi-litre de liquide et assez longtemps pour aller le cracher en cachette. 

    Dans les bars, ils pariaient qu'il pouvait boire cul sec une bouteille d'eau-de-vie. L'argent collecté, notre assoiffé mettait de côté en remplissant sa cachette secrète un demi-litre de gnôle puis quelques instants après allait se soulager. 

    Bani alignait 4 canettes de bière en verre, cote à cote dans sa bouche grande ouverte et glou et glou. Pari tenu, pari gagné et par ici la monnaie.


    Nous avons réalisé des centaines de coups de commerce.  Jean  était chargé des négociations entre moi et l'acheteur principal ou des clients avec lesquels il traitait directement.  Parfois, je préférais fermer les yeux ou détourner mon regard... Maurice, tu pousses le bouchon un peu trop loin...

    Pour les quantités importantes de rempaillage de chaises ou de fabrication de paniers, je devenais un commerçant gadjo honnête qui avait pignon sur rue. Chargé de rassurer la clientèle des hôteliers, je faisais alors bonne figure, palabrant avec le client, le rassurant au maximum et me retrouvant dans une merde sans pareil lorsqu'un de ces fous vendait les fauteuils qu'il venait de réparer à un quelconque client de passage.


    Quelque temps auparavant j'avais bu le café en compagnie de la phuri dai (vieille femme). J'avais reçu l'invitation de la part d'une de ses belles-filles, fait très rare. La vieille femme était assise sur les marches de sa caravane, l'air pensif, sirotant un ersatz de café.  Je suis resté dehors comme le veulent les us et coutumes. 

     Sa belle-fille à ses côtés ne pipait mot aspirant bruyamment de petites goulées de café.  L'air était vif, le camp étrangement silencieux. Même les habituels curieux qui venaient roder aux alentours de mon camion à chacune de mes visites, avaient dû ce matin-là rester au lit.


    L'ancienne restait muette, sa bru continuant à aspirer son café fixant le sol du regard. Aucun homme de la famille n'était présent ce qui constitue un grave manquement et en d'autres circonstances cela m'aurait valu de sérieux problèmes. 

    À ma dernière lampée de café, j'ai rendu le bol vide à la belle-fille qui, à mon grand étonnement, pivota sur elle-même pour entrer dans la caravane me laissant le bras tendu, seul face à la vieille mère.

    Alors que je ne savais quelle attitude adopter, l'ancienne releva le menton et planta ses yeux dans le miens tout en ce saisissant du bol. J'ai touché ce jour-là un câble de vingt mille volts. J'étais tétanisé, sans réaction aucune, pétrifié. Je ne sais combien de temps a duré cet instant de statue de sel.

     La vieille Manouche est rentrée dans son logement nomade sans prononcer une parole, sa belle-fille en se mettant face à moi avait un visage serein, reposé comme rassurée. Je n'ai rien compris, certainement que j'ai dû les traiter de « puri yalli y dinli » (pauvre vieille folle) qu'ai je fais après ? Mes souvenirs se perdent dans les couloirs du temps.

    La vieille femme a rejoint ses ancêtres peu de temps après ma visite.

    Le temps de la crémation étant passé, les restes de la caravane ont été dispersés dans mon chantier de récupération de ferraille et de démolition.

    La nuit suivante, petit temps frisquet d'Auvergne, les chiens aboient et se ruent comme seuls ces cons de chiens savent le faire, m'obligeant à me lever. 

    Ils étaient à l'arrêt, vociférant devant une silhouette qui de loin semblait flotter vaguement. J'ai actionné le bouton de la lampe électrique, les chiens se sont tus, pour cause, il n'y avait plus rien à voir. Hallucination mon cher Watson, il est urgent de consulter ou de changer de marque de boisson alcoolisée.  

    Retour au bercail pour les chiens qui au passage s'excusent du dérangement puis plongeon dans mon lit.

    La nuit suivante derechef, les chiens aboient la caravane passe. La silhouette est de face, elle paraît grande, sa robe flotte à quelques dizaines de centimètres du sol. Je distingue nettement la tenue vestimentaire. Elle est composée d'une jupe longue évasée à sa base, de couleur gris clair, d'un chemisier à fleurs délavé et d'un châle de laine écru sur les épaules. Sur des cheveux longs gris est noué un morceau d'étoffe dont je ne distingue pas la couleur. Je ne vois pas son visage, il est peut-être 2 ou 3 heures du matin. À la différence de la veille, les chiens sont assis sans maître (fallait bien que je le fasse celle-ci hein Cathy) ils ne grognent plus et ne manifestent plus d'animosité. Tout est calme sauf... Moi !


    On dirait la mère du Jean,  je n'en crois pas mes yeux. Si jamais je raconte cette vision, je vais passer pour un fou. Bêtement, je lève le bras et agite la main en signe de salut... J'aurais peut-être dû lui offrir le café, la nuit est fraîche ! 

    Encore une fois en quelques secondes cette apparition disparaît me laissant en compagnie des chiens complètement pantois. Regagnant ma couche, je me promets bien de ne rien dire à Cathy mais il faut que j'aie une discussion avec la famille.


    Durant les nuits suivantes, le phénomène se reproduisit.
    Dans les jours qui suivirent ces apparitions, je n'ai pas vu la queue d'un manouche chez moi. Un matin prenant le courage qui me restait à deux mains, j'ai enfilé mon énième café et vent debout, je file dans cette famille.

    Avant que commence le rituel du «came te piyes caféia », Jean a bien vu que quelque chose ne tournait pas rond.  D’'un signe de la main, il a renvoyé les spectateurs et la nuée de marmaille qui s'agglutinait à nos basques.


    « C'est à cause de la camping que tu veux quelque chose ?».  Le mot camping est un générique désignant une caravane en général.  Je n'ai pas besoin de lui fournir d'explications supplémentaires. Le café avalé en de bruyantes aspirations, je repars une fois qu'il m'ait dit « je vais m'en occuper »


    Effectivement depuis ce jour précis, je n'ai plus eu de visions sur mon terrain.

     

     

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  •  

    Il s’appelait Savé, d’origine inconnue, peut être Hongrois, il parlait plusieurs langues mais s’exprimait avec le langage du cœur.

    Évadé du camp de RIVESALTES -66-il était un miraculé de la barbarie des  nazis. Certains soirs, lorsque le vent s’engouffrait dans sa mémoire, il nous racontait tout ce qu’il avait enduré durant son  internement dans les camps de la mort et sa rocambolesque évasion.

    Alors, il faisait appel à sa fidèle compagne la « brûlante » ou rachidi .

    C’était une bouteille en verre de 100 centilitres qui lui tenait compagnie jusqu’au bord du lit et lui donnait le courage de chanter :

    Vor der Kaserne, Vor dem großen, Tor Stand eine Laterne, Und steht sie noch davor, So woll'n wir uns da wieder seh'n, Bei der Laterne wollen wir steh'n
    Wie einst Lili Marleen.

    Puis s’échappaient de sa gorge quelques paroles d’airs traditionnels Tziganes qui souvent se terminaient par des sanglots.

    Nous avons été du Voyage avec cet homme et c’est au pèlerinage des Sainte Maries de la Mer que j’ai pris cette photographie.

    Ce soir, je vais vous donner des recettes de « bon manger » en vous racontant comment Savé nous faisait préparer le thé par sa femme. Lui,  l’Homme ne pouvait pas décemment nous le préparer devant les autres membres de la famille, ces pratiques n’ont pas cours chez les hommes du voyage !

    Il  y avait un Samovar fonctionnant à la braise de bois qui tenait l’eau bouillante. A part, les femmes préparaient dans une grosse théière du thé en feuilles, de couleur noir, très fort.

    J’ai retrouvé cette amertume dans le « gun powder » que j’ai partagé avec des Tinkers venus d’Irlande.

    Chacun des convives se servaient un peu de cet extrait de thé et allongeaient la boisson ave l’eau bouillante qui coulait du Samovar, à l’aide d’un petit robinet.

    Nous prenions un morceau de sucre que nous placions dans la bouche et en aspirant des goulées bruyantes entre les dents, nous avalions des lampées de thé amer.

    Certains soirs, des morceaux de fruits étaient ajoutés dans les tasses mais je dois reconnaitre que le plus souvent l’alcool rivalisait en partie égale avec ce thé.

    Il ya quelques mois j’ai eu le bonheur de boire le « TCHAIO » ou thé des Rroms.

    Dans une grosse tasse, ils mettaient  un  sachet de thé noir le plus fort possible,  du sucre vanillé, du sucre normal (il vaut mieux en prévoir une grande quantité !)  Un peu de cannelle en poudre ou en bâton roulé puis une ou des rondelles de citron .De l’eau très chaude était versée et rajoutée au fur et à mesure de la consommation.

    Mais le plus terrible était non pas la confection du café...mais son absorption….

    Les femmes qui voyageaient avec Nous et Savé se servaient de grains de café qu’elles broyaient ou de café déjà moulu qu’elles trouvaient dans le commerce.

    Une cafetière en tôle était placée directement sur la braise d’un feu de bois puis remplie d’eau. Quatre à cinq cuillérées  à soupe de sucre étaient versées dans le récipient

    Elles prélevaient dans un bol un peu d ‘eau chaude sui servaient à diluer le café en poudre.

    Quand l’eau se mettait à chanter elles versaient sois les grains concassés soit la préparation à base de poudre, tout en remuant le mélange et en le laissant presque bouillir.

    J’ai goutté cette façon de préparer le café mais le lait avait remplacé  l’eau.
    J’en ai encore les frissons qui parcourent mon échine !

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  • Pour la plupart d'entre vous, le 11 septembre reste une date à jamais gravée dans vos mémoires.....c'est la veille du 12 et le lendemain du 10.

    Pour le Loup curieux que je suis, cette date est synonyme de tours, d’empilement, de gratte-ciel ou  de strates.. Dans mon cerveau (sans être celui d'un helvète) c'est le mouvement perpétuel d'une Rolex, façon « gellis ».   Vous savez ces « absolutely delightfuls » traduisez par : infectes blocs de gélatine de la perfide Albion, qui après avoir reçu une pichenette, continuent de trembloter façon goitre de madame Chirac lors de sa tournée pièces jaunes, découvrant soudain un bouton de culotte dans la main douillette d'un David opportuniste.

    Ce cerveau en ébullition marqué par des années de vagabondage et de rencontres style 3eme type restera frappé pendant longtemps par les apparitions sidérales des pizzas d' EL CALIENTE  le bien nommé.

    Ce gars là qui aurait pu être de la Charité.sur Loire – la Ville du livre et Cité du mot – (ben oui le gars-la de charité)  pratiquait couramment le palpé-roulé sur les parties privées d'Isabelle, son épouse et son art est devenu addiction. Je l'ai surpris, l'air béat,  les yeux coincés en position «  au ciel... au ciel j'irais la voir un jour  » de fines perles de sueur luisaient sur son front volontaire, proche de l'extase.

    Il pétrissait, malaxait, palpait-roulait un pâton de pâte à pizza dont il était le père.

    M'ayant capté du coin de l’œil, il m'invitait à ce triolisme : « Révérend,  j'ai mis au frais du coca-cola, et pour toi j'ai du bon vin rouge ».Le bougre il savait y faire, j'avais le Nirvana à portée du gosier. A peine m'avait-il accordé quelques secondes d'attention qu’à coups de plat de main, étalée comme un béret de chasseur alpin, la pâte épousait la circonférence de la pelle à pizza sur laquelle elle allait entreprendre son ultime voyage direction un feu d’enfer. Triste fin ou réincarnation pour être le plaisir de tous ?

    La base recevait une couche de crème fraîche, difficilement contenue par un léger boudin de pâte torsadé à la hâte puis des morceaux de Roquefort et enfin de cerneaux de noix servant  d’agrégats à ce mortier subtile. Le premier étage s'accommodait d'une tranche ou deux, de jambon de campagne et de quelques tranches de chorizo pour lui tenir bonne compagnie...Période de disette ?...on ne sait jamais,  autant ne pas voyager seul. Un étager supérieur fait  de pâte était posé sur cet édifice, constituant une sorte de plancher, départ d'un  deuxième étage.

    Au niveau de cet échafaudage une couche de foie gras de canard était étalée, parfois accommodée d'une confiture ou d'un confit de figues. Ah...le sucré- salé ! Comme le chantait Aznavour «  tu te laisses aller, tu te l’as salé… »

    Nous étions assis à l'extérieur, notre enthousiasme bien entamé par le tsunami des entrées... rien que du light me direz-vous...charcuteries, petites grillades, pacsées à diverses sauces ...légères...légères... comme des montgolfières au bord de l’asphyxie.

    Il jaillissait tel un énergumène échevelé, illuminé, le visage barré d'un large sourire, tenant à bout de bras la pelle à pizza (cadeau de La Catinou).

    Se frayant un passage à grands cris de « Brûlons...Brûlons », il courait vers la dernière demeure de cette  innocente victime  immolée au feu d'enfer sur l’autel de nos gloutonneries. Enfournée qu'elle était dans le four adéquat, notre cuisinier la gueule brûlée par son brasier se rafraîchissait à grands coup de « ce que je croyais être du coca-cola  au léger parfum des Antilles ». Ah l’enfant du Bon Dieu, il avait coupé son détergent avec du rhum !

    Le geste précis, l’œil aux aguets, il repartait dans sa cuisine pour martyriser un autre pâton. Derechef  cent fois sur le métier il remettait son ouvrage. Jamais lassé de nous faire plaisir, de nous étonner avec des constructions de pizza, inventant des associations de » bien-fêteurs ».

    Toujours à l’affût de nos appréciations, tenant compte illico-presto de nos critiques, Christophe  rectifiait sur le champ la composition d'une pizza pour notre seul plaisir.

     Je crois que sa seule nourriture était de nous voir prendre du plaisir. Dans les soirées BBQ les « baisés » levez le doigt. C'est toujours celui qui officie qui ne mange pas.

    A ce grave sujet, je vous indique une référence à laquelle il faut de toute urgence vous référer : Roland MAGDANE et son barbecue.

    Généralement ce rôle ingrat est réservé à la femme qui en bonne maîtresse de maison et femme dévouée danse devant le buffet (vieille expression désignant la personne qui se sacrifie pour le bien être des convives.) Je me demande si ce rôle qui échoit à la femme n'est pas de son choix, car privée de repas...elle garde la ligne...mais passe pour une victime... Humour douteux.

    Christophe se dévouait à ce rôle que je croyais ingrat mais à bien regarder ne prenait-il pas plus de plaisir à donner qu'à recevoir.

    Je reste persuadé cet ami se régalait à nous régaler...

     

     

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  • La route et ses rencontres...mais lorsque ce "cheminement "s'arrête de nouvelles connaissances, issues elles aussi du monde du voyage se présentent à moi....Christophe m'attendait.

     

    Lorsque nous habitions "au mas"  en Camargue  ce cri de joie ou de feu de joie devrais-je dire, résonnaient comme le coup de clairon. Ils étaient annonciateur de libations  pas qu’un peu « espéciales ».

     

    Mes ancêtres criaient «  Montjoie - Saint Denis » avant que de se lancer à corps perdu dans la bataille pour fendre un quelconque hérétique d’un grand coup d’ estoque qui allait leur offrir un aller sans retour vers la terre de leurs ancêtres.. 

    Cet autre cri guerrier, poussé par Christophe, laissait présager d'un terrible corps à corps entre un chapelet de chipolatas, renforcé sur son aile droite par une escouade de grillades assaisonnées à l'herbe de Provence, jetée dans la cohue par ruse pour masquer une embuscade sur le front gauche d'un poulet grillé à la bohémienne.

    Je savais par expérience que l'affaire serait rude et que ce n'est qu'à l'ultime coup de Francisque et de Pertuisane que nous verrions nos efforts couronnés de succès pour atteindre le but final le saint Graal : le désert à Totof.

    Mais revenons à la genèse de cet appel à libations.

    Nos deux logements étaient mitoyens et nous  partagions un terrain propice à des séances grillades. Ce garçon, c'est en ces termes respectueux que l'on nomme un "gars bien"  chez les Gens du voyage, ne faisait pas partie à proprement parler de cette communauté.

    Marié et père d'un redoutable petit garçon aux yeux «  comme ceux de son papa » nous a régalé tout au long de cette cohabitation qui, au fil du temps, a fait la fortune de la pharmacie «  DUCOIN », c'est elle qui a vendu le pèse personne et  l’Hépatum, témoins gênants de nos repas  gargantuesques.

    Sans crier gare, que ce soit en début ou fin de semaine, le cri retentissait et des brassées de bois sec atterrissaient dans le foyer à grillades,  La braise  se faisait, doucement mais efficacement, prête à brûler tous les hérétiques de MONTSEGUR.

    La table dressée par les dames se recouvrait rapidement d'entrées froides de toutes sortes, légumes, charcuteries, charcuteries et... charcuteries de qualité. Une anchoïade maison attendait sagement son entrée en « cène ». En vedette américaine  le régional de l’étape allait ouvrir le bal.

    L'issue de ces duels était parfois courue d'avance. En effet les chances de gagner contre une avalanche de bonnes victuailles ne laissaient pas de place au doute et très souvent nous repartions K.O de ces rencontres.  Vaincus, certes,  oui mais fiers d'avoir combattu et d'être tombés les fourchettes à la main.

    Ce personnage mérite un arrêt sur image.

    Le garçon portait en lui les traces de luttes fratricides au sein d'une famille turbulente, par pudeur et par amitié pour lui et sa femme je n'en dirai pas plus.  Il souffrait, c'était visible mais compensait ce manque de reconnaissance et d'amour par un don de sa personne. Son entourage abusait de ses largesses et à chaque fois il payait les violons du bal.  Il rendait services à beaucoup de gens de son entourage et je pense, c'est à moi seul qu'incombe la responsabilité de ces propos, que cette gentillesse était exploitée par ses fréquentations.

    Solide et rude gaillard, il avait la faconde et le boniment des gens du Sud. Mais lorsqu'il racontait ses aventures et ses frasques, PAGNOL, RAIMU et le grand SERRAUT faisaient figure d’élèves du cours SIMON.

    Nos fous rires nous tordaient et nous pliaient en deux sur nos chaises et le bougre qui aimait ça en remettait une couche, singeant les gestes et les accents des participants, grimaçant en exagérant les traits de ses collègues, toute une panoplie de personnages défilait devant nos yeux ébahis.

    Brulons…Brulons…nous n’irons au bois il n’y a plus rien à faire cuir !

     

    Les trop nombreuses entrées avaient  fait place aux grillades trop souvent épicées offrant des excuses pour boire frais le rosé de Camargue. Un temps d’arrêt m’a toujours intrigué. Le joyeux brouhaha s’estompait soudain… les participants calmaient l’ardeur de leurs estomacs, c’est à peine si on percevait le craquement des os dans la gueule des chiens.

    On  aurait pu se croire au cirque : au son de la très célèbre Entrée des Gladiateurs, le héro de la soirée faisait son entrée.

    Je n'ai jamais compris comment faisait cet homme pour louvoyer entre les deux chiens qui nettoyaient le sol, les jouets du bambin et les pieds de chaises alors qu'il portait dans chaque main, des desserts maison,  gratte-ciels en équilibre, un véritable équilibriste. Je reviendrais dans une page prochaine sur ces offenses faites à une bonne digestion.

     

    Mais c'est pour plus tard c'est promis……Mais avant il faudra que je vous comte l’histoire des pizzas à étage réalisées par le même Totof……

     

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  • Manger une tétine ? Ah la vache...!

     

     

    La route et sa magie. Ici pas d’odeurs de bitume mouillé, de gaz d’échappement où de moteurs en surchauffe.

    Les senteurs qui  ont flatté mon museau de Loupzen sont des visages, des rencontres, des voix d’hommes et de femmes qui ont traversé ma vie.

    Que sont devenus ces messagers ? Je n’en sais rien, il ne me reste que quelques prénoms, des instants privilégiés durant lesquels je me suis  senti être « la personne la plus importante dans la vie d’un autre ».

    Il me revient une rencontre avec un Gitan « ne sachant plus où il habitait » tant ce monde actuel était différent  de celui qui l’avait vu naitre il y a une cinquantaine d’années.

    Lui, c'est un homme que quand tu le vois tu ne l'oublies pas.

    Comme le disent les gens d'ici « il est petit, pas bien grand, mais lorsqu'il part, il te laisse un grand vide ».

    Deux boules du loto font office d’yeux. Quand elles te fixent t'as envie de répondre « non, je l'jure je n'ai rien à déclarer ». C'est que ces deux là elles en ont vu et pas que du beau …. Elles auraient, j'en suis sûr, préféré ne pas être là à certains instants de sa vie.

    Si ces yeux pouvaient parler, il faudrait coudre les paupières pour les faire taire.

    Sa barbichette poivre et sel passionne son petit fils et rappelle aux dames qui l’embrassent, qu'il faut protéger les joues avec de la crème pour éviter de ressembler à une paire de fesses sortie d'un buisson d'épines ! C'est qu'il a le poil dru le gars !!

     Quand il te parle, tu sens bien qu'il n'est  pas breton tant cet accent rocailleux et plein de soleil me fait songer à cette vague rageuse qui essaye en vain de grimper les calanques de Cassis.

    Ses phrases se terminent dans un souffle comme si ce qu'il venait de te dire tenait du secret d'état et que Basta,  si t'as pas compris c'est que t'es un empégué !

    Je l'ai surnommé affectueusement « Ramaskro » celui qui mange beaucoup. Comme le disait ma mère « il a toujours un trou d’ouvert …au bal, il ne danse que la Polka des mandibules »

    C’est tout un univers qui déroule le tapis rouge pour te mener au grand restaurant des cœurs de cet homme. Il a le cœur sur la main et sur le manche de sa fourchette. Tout est prétexte à « un bon petit mangement ».

    Quand « ce fils du vent » te décrit une recette de cuisine, c’est un embarquement, une épopée avec comme guide, un Michelin des Gens du Voyage.

    Tu l’as écouté ? Ça y est t'as mangé, il ne manque rien.

    Ses « boules du Loto », sont prises de frénésie, elles s'agitent dans tous les sens, elles roulent se croisent, se percutent, s'entrechoquent, leurs courses folles ponctuées de : «  alors la, enfin tu vois je veux dire, c'est du bon mangé, çà voilà et puis tu m’as compris »

     Dans notre monde, le mangé à la grille consiste à allumer le feu (à que Johnny) et de faire cuire un  morceau de carne quelconque, rien de bien exceptionnel en somme…mais pas chez lui.... Le Michel, dont je viens de brosser le tableau ,  il y pose une tétine de vache !

    «  Alors tu vois, tu vas chez ton boucher et tu lui commande cette tétine mais attention, il faut qu'elle soit pleine de lait ! ». Non je n’ai pas perdu la tête….Patientez.

    J'imagine la scène et la discussion avec votre artisan boucher :

    « Une tétine pleine ?

     Bien monsieur et quel bonnet ?

    Le lait vous le voulez avec ou je vous le mets en bouteille »

    Mais les « boules de Loto » m'ont pécho et je stoppe mes divagations.  Il ne faudrait pas se perdre en  cours de voyage.

    Je vous révèle la recette de la fameuse tétine.

    Recette :

    Pendez la tétine avec un crochet, l'essuyer, découpez de fines tranches en longueur, salez, poivrez et saupoudrez d'herbes aromatiques.

    Posez sur le feu de bois, sur la grille en surveillant comme le lait sur le feu. Il n’y a pas beaucoup de marchandise et la chaleur aurait vite fait de transformer cette recette en « comment réaliser soi-même son charbon de bois » !

    Le résultat est, à mon goût, assez décevant. La viande est caoutchouteuse et craquante.

     Elle nécessite une quantité certaine de sel et poivre.

    Lorsque j’ai rédigé ce recueil de cuisine des Gens du Voyage, j’ai une la surprise d’être contacté par un bloggeuse qui durant son adolescence avait consommé cette recette.

    La façon de cuisiner la tétine de vache était différente car préparée par une mamie non gitane d’une région des Alpes en France.

    D’un commun accord nous avons classé cette recette dans la catégorie des : découvertes immangeables !

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  • "Qu'il fait bon chez-vous maître Pierre

    qu'il fait bon dans votre moulin"

    Pierre était le "patron" de la Librairie des Inconnus.C'est parce qu'il croyait que nous avions tous, le pouvoir de nous exprimer de façon littéraire, qu'il avait pris les armes pour porter nos exploits " d'écrivains en devenir" sur les salons des livres.

    Son cheval de bataille le portait à pourfendre les "ronds de cuirs" qui phagocytaient les circuits permettant à de jeunes auteurs de se faire connaitre sans pour cela passer sous les fourches caudines des majors-littéraires et librairies transformées en toutou de l'édition.

    Son infatigable compagne, Francine MUSQUIN a repris le flambeau de cette victoire méritée, c'est ce bien humble hommage que je lui dédie.

     

     

    Hommage à un soldat Inconnu…pas inconnu de tous.

     


    Remarquez que tous les ans  une gerbe  est déposée au pied de l’Arc de Triomphe et des « souvenez-vous » tremblotants sortent des gorges serrées par une émotion pas toujours susceptible  de vous mettre la chaire de poule.

    A en croire les hommages rendus, il semblerait que nos chers hommes d’état descendraient non plus de la cuisse de Jupiter mais de cet ancêtre « inconnu » dont la simple évocation fait monter les larmes et les trémolos à Charles, Jacques, François et les autres.

     

    Les éloges panégyriques dans le sens péjoratif d’éloges emphatiques ou exagérés sont monnaies courantes dans certains milieux qui affectionnent les utilisateurs de  pommades à base de vaseline.


    Mais cet autre inconnu, libraire de son état et anar de cœur de surcroît devrait avoir la reconnaissance qu’il mérite.
    Je fais allusion au soldat qu’il était… soldat  avez-vous dit ? Je suis persuadé que le jour du quatorze juillet le Pierre restait dans son lit douillet car la musique qui marche au pas cela ne le regardait pas (avec l’aide jubilatoire de G.BRASSENS)… je fais allusion à ses combats qui le menèrent sur les barricades de l’Edition Littéraire.


    Emboîtant le pas, mais  pas cadencé du tout, de ces combattants de la Libre Entreprise, je me ferai tout petit pour apporter ma pierre à son édifice.
    Ne l’ayant jamais rencontré, je m’enorgueilli de  ses coups de gueule à la lecture de mes « réflexions » de l’époque.

    Il fallait vraiment que j’ai de l’audace et de l’impertinence pour oser me mesurer à ces écrivains qui firent la réputation de la Librairie des Inconnus.


    La bienveillance de Maître Pierre a fait écho à mon insouciance mais déjà sa retenue et ses absences de jugement de valeurs à l’encontre d’un  lascar en herbe (fanée à la vue de mon âge) ont été des  « laisser passer » pour  combattre dans le cirque infernal de la pensée exprimée… Mais à vaincre sans péril... (Tiens encore un Pierre !).
    Des chemins tout tracé, j’en ai connu ! Mais l’ordre ne consiste pas à suivre un chemin tout tracé, c’est pour moi un comportement face au désordre qui régnait dans ma vie de rimailleur.

    J’ai appris à contrôler ce « désordre » pour afficher mes pensées de Loup pas toujours zen.
    L’ordre est synonyme de droiture, non forcé ni dicté par la société , par une culture, un milieu, ou par la contrainte ou l’obéissance. C’est cette liberté que j’ai trouvée dans cette Librairie.


     J’ai appris et pour moi ce fut le début d’une action que je compte bien poursuivre en n’oubliant jamais ce que furent nos premiers échanges avec  Vous.

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  •  

     JEAN DU VOYAGE ou des animaux et des hommes

     

    Comme vous pourrez le découvrir, le voyage est pour moi, non seulement synonyme de route mais en priorité opportunité de rencontres.

    Ces  mises «  en rapport » avec des individus, hommes et femmes, resteront pour moi de grandes aventures, même si parfois elles ne durèrent que quelques heures ou quelques jours….le tout résidant dans l’intensité de ces échanges et la personnalité des acteurs.

    Mon compagnon de voyage que j’appelle « hasard » venait de me faire connaitre un manouche, d’une cinquantaine d’années, qui voyageait dans la  partie basse de la vallée du Rhône.

    Nous avons fait connaissance sur un lieu de stationnement pour nomades en cette douce soirée d’un mois de mai chargé d’effluves de garrigues

    La promiscuité sur ces places est propice à l’échange en général… « Tu as du pain, tu veux du vin, prends un siège, tu connais une docteur etc »…..Tout est sujet à faire connaissance et a étancher sa curiosité. Mais attention de strictes règles de communications sont établies et il ne faut surtout pas les transgresser….sinon bagarres et gros ennuis.

    L’homme dont j’ai partagé un soir d’aventure,  se prénommait Moïse

    En étant voisin de caravane, nous sommes rapidement devenus « copains », les femmes avec les femmes et les hommes avec des soirées de grillades pantagruéliques. Il était le patriarche d’une trentaine de personnes, filles, gendres, petits enfants and son on….

    Un soir venant trainer ses bottes sous le auvent de ma caravane, je voyais bien qu’il n’était pas dans son assiette…à la vérité il ne se trouvait pas souvent dans son assiette mais fréquemment dans celles des autres !

    « Révérend...il faut que je parle d’homme à homme »….Aie...Aie…aie ! Je n’aime pas du tout cette approche !

    Je reviendrais prochainement sur le surnom que je portais sur le voyage…Révérend…toute une histoire.

    A l’écart des gens des 2 familles présents en cette soirée, nous nous sommes attablés devant une bouteille de rosé…c’est que pour parler entre hommes, il faut du courage !

    « Révérend je suis ton copain ….j’ai besoin de ton idée, je vois bien que tu es allé à l’école… demain soir c’est l’anniversaire de ma fille Zouna et ses beaux parents viennent faire la grillade… je n’ai pas de lovés…alors j’ai une idée.. » ….Aie...Aie…aie  je n’aime pas du tout quand il a des idées !

    Ce gars là était plein d’humour. Un soir nous avions reçus une invitation de la part de la Gendarmerie locale à passer un moment agréable dans leurs locaux…histoire de faire connaissance .C’est ce que j’appel, non pas une soirée pyjamas, mais « mise en garde à vue » !

    Pour une sombre histoire de véhicule ne lui appartenant pas (non changement de carte grise) et frappe de numéros de séries ne correspondant pas à ceux portés sur la carte grise, nous nous sommes retrouvés dans les locaux de cette brigade.

    Après dissipation du malentendu (il lui sera accordé 3 mois de suspension de permis, 650 euros d’amende et un sursis de 1 mois de vacances gratuites dans une maison de la République) Moïse a démarché l’adjudant de la brigade pour repeindre les lieux…. Avec devis en bonne et due forme !...quel culot !

    Il se présentait comme se prénommant Jean… « Ben oui mon révérend, j’entends partout que les gadgés m’appellent –Jean du voyage ! (véridique) ».

    Pour faire court, il fut décidé le lendemain soir, à la nuit tombée, d’aller « trouver 2 agneaux » qui finiront en méchouis pour régaler les invités.

    Dans un chemin creux en contrebas d’une petite colline, notre héros en compagnie de 2 de ses fils et de son gendre, avait arrêté son fourgon FORD, tous feux éteints.

    Le plan machiavélique établi par Moise se bornait à ouvrir les portes arrière du camion, placé entre les2 piquets de la grille d’entrée du champ en attendant qu’un troupeau de mouton dévale la pente, poussé par 2 autres larrons……quand je vous disais qu’il ne manquait pas d’humour !

    Il faisait nuit noire et sans savoir pourquoi ni comment je sentais arriver la catastrophe…je n’ai pas été déçu !

    Au sommet de la collinette 2 faisceaux de lampe torche provoquèrent la débande du troupeau. N’ayant pas la vision de la bévue, je comprenais vite qu’aux bruits du piétinement des animaux, le troupeau était important et que les bestiaux avaient engagés la cinquième surmultipliée !

    Dans la pénombre je distinguais une centaine d’animaux qui fonçait droit sur la porte de sortie du champ….j’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai détalé à bord de mon véhicule stationné plus à l’écart.

    La suite de l’expédition de ces Pieds Nickelés ?

    Très simple...les animaux dévalant le champ sont entrés en force dans le véhicule, éclatant les portes latérales pour pouvoir ressortir du piège à cons (je parle de ceux qui avaient imaginé ledit piège), le contenu du véhicule a été entraîné par la horde : outillage, effets vestimentaires, barbecue etc….voltigèrent dans la nature …. Et le lendemain matin je ne vous raconte pas l’état de ce pauvre fourgon ….

    Pas de méchouis, mais des grillades de poulets (trouvés au super marché du coin) un fête a été célébrée quand même pendant laquelle l’escapade de nos « zéros » fut enjolivée et « arrangée » à la sauce du Voyage.

    Il va sans dire que cet épisode a connu une fin « politiquement correcte ». Pris de remords et conseillé par l’auteur de ce texte, « Jean du Voyage »  est allé faire amende honorable au prés de l’éleveur de mouton…..

    Happy et honorable fin…….parole de Révérend.

     

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  •  

    Le monde des Gens du Voyage a ses codes, qu’ils soient « dress » honneur ou conduite, ne pensez surtout pas que « ces tribus prophétiques aux prunelles ardentes » (Baudelaire) vivent de façon anarchique.

    Détenteurs de certaines  libertés que nous leur jalousons, ces femmes et hommes sont "empêtrés" dans des traditions qui rendent leur quotidien parfois semblable à un "Jacquouille " en ballade dans les couloirs du temps.

    Il y a des hiérarchies, des règles sacrosaintes à respecter, des conventions et des us et coutumes bien plus strictes que celles qui régissent vos vies de sédentaire.

    Les princes de la petite Egypte (Cette appellation est à l'origine du nom de GYPSY en Grande Bretagne, GITANO en Espagne et par déformation GITAN en France) ont leur aristocratie.

    Il y a des sédentaires et des Voyageurs.

    Il y a des semi-sédentaires et des Voyageurs occasionnels. De manière générale, il y a une sorte de respect-méfiance entre ces catégories.  Les uns  se disent « pure race » et se comportent comme les seuls héritiers de ces ancêtres qui vivaient autrefois sur les rives de l’Indus.

    Les autres relégués aux rangs de pauvres ne se mêlent pas à ses aristocrates du voyage et font bande à part.

    C’est de cette catégorie portant les stigmates de leurs origines dont je vais vous parler.

    Qui dit «  dessus du panier » dit « fond de caisse ».

    J’ai vécu à coté de ces nomades  Voyageurs par héritage de leurs ancêtres qui, il y a quelques siècles, après avoir franchi les rivages de l’Indus,  débarquèrent  à SISTERON dans le courant des années 1420.

    Ils sont surnommés « les Schwarz » pour leur couleur de peau ou « les buissons » à cause de leur mode de vie. 

    A l’époque, j’exploitais un commerce de brocanteur et de récupérateur en ferrailles.

    Tout au long de l’année, dans une campagne du centre de la France, je recevais des personnes qui venaient vendre s sortes de marchandises. Pour ces « romanos » le moindre franc que leur rapportait la vente d’une vieille batterie usagée, d’un tuyau de plomb, d’un kilo de cuivre, représentait le repas du soir  pour la famille.

    C’est lors de ces échanges qu’une forte amitié est née entre ces personnes et ma famille.

    Pour être folklorique ces échanges ont été rock n’ roll. Ces épisodes feront l’objet de chapitres complets dans un ouvrage qui devrait voir le jour au printemps.

    Pour en revenir à mes souvenirs, je ne parlerai que du mode de vie de ces « buissons ».

    Été comme hiver, ils étaient vêtus du strict nécessaire, découvert dans les poubelles ou grâce aux  œuvres de charité.

    Maîtrisant avec difficultés la langue de Molière je donnerais pour exemple ce qui suit : Un garçon rencontré au  hasard du voyage surnommé ''couteau-vélo'' était venu «faire la manche» en ces termes très imagés: ''Monsieur le bisicloutier, t'aurais pas un peu d'absolution, j'ai grévé avec ma chambe d'air''.

    NB : On dit chez nous mangav : mendier.

     Ce que vous auriez dû traduire par: «Monsieur le cycliste, pourriez-vous me donner de la dissolution car ma chambre à air est percée».

    Tout à l’avenant, les découvertes de ce langage furent une bénédiction pour mon entourage et pour moi-même.

    De fabuleux trésors en matière d’échange nous furent offerts lorsque il s’agissait d’expliquer certains tours de main en cuisine : Catinou expliquant comment réaliser une purée pour les enfants, comment monter une mayonnaise, l’usage de la vinaigrette, mais aussi dans les gestes de la vie courante : pas d’alcool dans les biberons des enfants, l’usage de la cigarette chez ces derniers, le pourquoi et le comment en matière de contraception...J’en passe et des meilleurs.

     Bénéficiant d’un grand terrain situé en pleine campagne, au fil des saisons, nous avons accueilli une dizaine de famille pour lesquelles, stationner devenait une priorité surtout lorsque leurs caravanes étaient tirées par des chevaux, les dépôts d’ordures sont loin d’être des endroits de villégiature très prisés.

     Les femmes étaient très jeunes, j’ai le souvenir que certaines portaient des enfants des l’âge de 14 ans, et sans vouloir faire de dessins, la consanguinité faisait de terribles ravages.

    Quant à la délivrance de papiers officiels pour percevoir des allocations, ce fut pour nous l’occasion de combats homériques avec les autorités locales.

    Elles avaient des gueules noires (calo mouille ), des yeux bleus pour certaines et même des taches de rousseur ! Elles allaient vêtues simplement, la poitrine généreusement offerte à la première bouche goulue d’un enfant..Notre fils en profita souvent…le gourmand !

     Les jeunes mariés passaient leur nuit de noces dans une voiture, dont les vitres étaient recouvertes de cartons pour conserver une relative intimité. Seul le siège conducteur était conservé, je vous laisse deviner pourquoi.

    Ce véhicule automobile qui de nos jours refuserait d’avancer à l’approche d’un Contrôle Technique Automobile, n’était généralement pas couvert par les assurances.

    Dés qu’ils avaient les moyens financiers de se payer un fourgon, la vie devenait alors plus facile. Maintes fois, de par notre commerce, nous avons participé à « l’émancipation » d’une de ces familles.

    Devenu autonome et « affranchi » le clan quittait notre stationnement, fier de pouvoir se déplacer sur les routes de notre région. Nous avions par l’intermédiaire des autres membres de cette communauté, de vagues nouvelles, suite à une naissance, une disparition ou un fait appartenant à la rubrique dite « des chiens écrasés ».

     Le voyage, leur seule raison d’être, reprenait le dessus, les emportant toujours un peu plus loin, « là ou l’herbe était plus verte, plus tendre »….Grande illusion.

    Bien des années plus tard, j’ai revu des membres de ces familles à qui nous avions donné un peu d’espoir et la possibilité de quitter la pauvreté dans laquelle ils étaient englués.

    Beaucoup se sont souvenus de nos exploits, les petits ont grandi, rattrapés par notre civilisation et par ses contraintes….plus heureux ?  des femmes devenues adultes nous ont montré leur descendance qui mange la purée en sachet ! les jeunes enfants vont en classe et l’herbe a remplacé les « mégots »…l’alcool permet d’oublier leur passé..Mais leur avenir ?

     

    Je n’ose pas y penser de peur de perdre l’instant présent qu’ils m’offrent au travers de ces retrouvailles.

     

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       Voici un bel exemple d'intégration républicaine (c'est tendance... Quelle foutaise) dans lequel un homme qui était authentique a vu sa personnalité se fondre dans une morosité typique «aux déracinés» de tous les horizons confondus. Gros gâchis.

     

    Je ne me rappelle plus dans quelles conditions nous nous sommes connus mais c'est par l'intermédiaire de mon beau-père que cette rencontre a eu lieu.

    Beaucoup de gens du voyage avaient comme point de ralliement, le domicile « du Roi des Gitans » à Clermont-Ferrand.  Cet homme dont je parlerais par la suite était le grand-oncle de mon épouse.

    À cette époque, il régnait sur un monde encore assez mal connu. Il exerçait la profession de guérisseur et jouissait d'une certaine réputation.

    Ce personnage haut en couleur était Manouche. Musicien hors pair jouant de la guitare et du violon comme seuls savent en jouer les tziganes. De petite taille, un peu enveloppé, il portait sur son visage basané une fine moustache « à la Clark Gable». L'œil rond et narquois, d'une nature enjouée, rarement à court d'un bon mot, il pratiquait les jeux de mots de façon déconcertante et il fallait rapidement être tout à son écoute pour pouvoir le suivre sur son terrain.

    Il pouvait en présence d'un inconnu rester de longues minutes sans rien dire. Ses yeux pleins de malice allaient et venaient au grès de la conversation, d'un interlocuteur à l'autre et de temps en temps, nous prenant à témoin, il se fendait d'un : « ah ben », tout en hochant la tête.


    Portant bien, c'est-à-dire qu'il était élégant, son style était un peu désuet rappelant qu'autrefois il avait porté le costume trois pièces, le nœud papillon et la cravate à pois (ce qui me fut confirmé par la suite).
    Tony de son véritable prénom Antonietta était donc un personnage très intéressant.

    Les paysans au siècle dernier voyant arriver des individus au teint basané affublèrent cette famille du surnom «  WEISS » en Allemand. On reconnaîtra le comique de cette situation lorsque nous appelons Blanchette une femme noire. C'est que par chez nous, on a de l'humour...

    Venant de Belgique, il avait une vie très dure avec un père qui voyageait en Europe pour réparer les violons. De ce fait il était devenu violoniste et guitariste de profession. De cet épisode, il en retenait la découverte de la musique swing manouche. 

    La rencontre avec django Reinhart, son embauche aux côtés de musiciens prestigieux lui avaient donné des ailes ouvrant ainsi les portes des plus grands cabarets de l'époque à Paris et en Europe. Ne pouvant s'expatrier au-delà des mers, il avait vu son rêve se briser. 

    Dés l'arrivée de la guerre, sa famille avait fuit le Ch'Nord contrainte de se cacher pour échapper aux chambres à gaz des nazis.

    Malgré ces événements, il avait fait son chemin et échoué à Clermont-Ferrand, ville de notre rencontre.
    Il avait élu domicile dans un appartement d'entresol dans la banlieue, très coquet, vivant en célibataire car divorcé et père d'un fils qu'il ne voyait que très rarement. Sa première épouse était chanteuse de cabaret et actrice du cinéma muet.

    Je me souviens que dans ce petit appartement trônait une œuvre remarquable : un brûle encens tibétain. D'une valeur inestimable, mélange de dragon, de figures simiesques et de «tarabisco­tages hideux» le monstre devait peser cinq à six kilos d'art en bronze.

    Il nous recevait avec courtoisie mais restait méfiant quant à ma nouvelle venue dans son monde.

    Toujours prêt à dégainer sa guitare et à interpréter des airs anciens du répertoire de " Ray Ventura et les collégiens" swing Manouche et œuvres de son cru, nous passions alors des soirées à chanter en sa compagnie.

    Quand il jouait du violon, je restais bouche bée. Quel virtuose ! Il savait le caresser avec tant de doigté et de précision que n'importe quel air de musique tzigane se transformait en voyage initiatique. Tour à tour j'imaginais une roulotte brinquebalante cherchant un stationnement prés d'un village puis la même arrêtée dans un faubourg hideux car il y avait du travail.

     Me revenait alors ce poème de Louis ARAGON et interprété par Léo FERRE :

     «Il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens dont la belle jeunesse s'use à démêler le tien du mien. En bandes on s'y rend en voiture ordinairement au mois d'août. Ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux ...».

    Puis l'archet rageur attaquait les cordes et de gros nuages noirs passaient au dessus de ma tête, chargés de menaces, la belle gitane pleine de promesses s'enfuyait en emportant la bourse d'un gad­go crédule...quelle voleuse cette pie... et que de beaux yeux noirs...puis silence retour du  ciel sans nuages, calme, serein, apaisé...merci Django-Tony.

    Une année, il nous avait rejoints au pèlerinage des Saintes  Maries de la Mer. De justesse nous avons évité une bagarre car de jeunes gitans en manque de statu « je suis un homme, un dur, un tatoué » l'avaient bousculé et sa perruque avait volé.  Vexé d'avoir subit de tels outrages en notre présence, il jura « les morts » que les Espagnols (les Gitans ) étaient maudits... Il venait d'une autre époque, d'un autre monde.

    Tony parlait la romani pure souche. Je lui dois de savoir m'exprimer dans cette langue maintenant quasiment disparue. Il émaillait ses souvenirs de phrases citées en langue Romani, ce qui me plaisait beaucoup, car j'étais le seul à le comprendre. Il n'était pas avar de bons mots et d'histoires originales tirées de cette riche expérience vécue au milieu d'artistes du music-hall.

     il arrondissait ses fins de mois en donnant des cours. Fort de son succès, il présenta des élèves au conservatoire et ouvrit une école de musique. Il a formé une assez grande quantité d'élèves à son style musical, sa réputation était bonne et allait grandissante qui se produisaient en public avec beaucoup de succès.

    'Il était le parrain de notre fille Sarah. J’ai eu de la peine lors de son décès, je me suis permis de faire parvenir un texte épitaphe à FR 3 AUVERGNE dont je vous fais part :

     

     

    « Latcho drom . . phral... (bonne route et bonne chance .. frère )

    Grand voyageur de par ses origines, il savait faire voyager ses aficionados et les trimbaler de feux de camps en roulottes cahotantes.  La vie du voyage nous a séparés. Ma "romie" a repris la tradition ancestrale des gens du voyage. TONY a préféré stationner quelques temps en Auvergne sacrifiant son amour de la découverte. Cet homme, je l'ai connu. Il était vrai, détenteur d'un savoir venu de je ne sais où, seule sa mère et Dieu en connaissaient l'origine.  Ce savoir ancestral ne se transmet que par voies orales, rien n'est écrit et pour cause... dans quelle langue faut-il que je vous le dise ? en Allemand, en Belge, en Français, ... moi je suis Manouche.. " on a appelé ma mère WEISS ... blanche... car elle avait "la mouille kali "la gueule .noire... Stupéfaction !


    Ce don pour la musique est le fruit d'heures et d'années de travail, rien ne lui a été " offert" à la naissance, il était un bosseur acharné, un fou de l'effort, fréquentant très tôt le milieu musical parisien était un gars curieux.  Brûlant sa gueule burinée aux rampes des scènes des plus grandes music-hall. Travaillant le jour pour des " gadgés " dont il ne comprenait pas le style de vie et la nuit il délivrait son art au monde pour offrir cet inestimable cadeau aux autres : le partage de son savoir musical....mon pote le Gitan est un gars curieux….


    ...Et maintenant qu'allez vous faire .... de tout ce temps que sera votre vie.. Oui mes amis n'oubliez pas cet homme car à chaque fois qu'il vous communiquait son  savoir faire c'est un peu de son âme dont il vous faisait don.


    adieu et bonne route... nous nous reverrons un jour ou l'autre...... »

     

    RENCONTRE SUR LA ROUTE

     

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    En farfouillant dans le disque dur de mon PC, j'ai eu cette agréable surprise de redécouvrir des écrits promis aux oubliettes.

    En réunissant ces moments de vie que j'ai bien involontairement donnés en pâture à ma famille j'ai provoqué diverses réactions.

    Les premières furent de ma garde rapprochée, épouse, enfants et conjoints de ces derniers.

     Les commentaires ont été unanimes : "mais tu parles de Moi et de Nous....tu te souviens de cet épisode...et ces photos...

    Les suivantes s'adressant à des spectateurs, provoquèrent la surprise ou l'incompréhension " Ben ça alors...jamais je n'aurais pu penser que....Tu quoque mi filis ( là j'en rajoute ! )..

    .je venais enfin de témoigner sur un passé récent, ramenant certains souvenirs pas toujours heureux et différemment appréciés...mais basta, ce qui a été fait n'est pas là pour être défait et pour me déplaire !

    Chez les GENS du VOYAGE, la maréchaussée tient une part non négligeable...allez savoir pourquoi !

    J'ai été souvent confronté à leur présence et à leurs actions. Ils sont plus ou pas du tout appréciés, pourtant si on ne veut pas être pris en défaut il ne faut pas commettre de fautes,cela peut paraître enfantin mais d'une logique pas toujours comprise par mes camarades de route.

    Bien que le défit " de sale gueule " n'ait plus cours sur nos routes... autre fois la maréchaussée nous filait le train.

    Je vous livre quelques noms (pas d'oiseaux !) que nous donnions à  ces "sergents de ville "

    Avec tout mon respect :

     

    Si je vous parle de :

     

     Chingalé, Harcoumaras, Klistés et de Pirengrés.

     

     Serait ce le nom de  famille de nomades, d'une épice miraculeuse ou d'une nouvelle danse de sauvages?

     Ces noms qui vous font penser à une recette de sushis sont en réalité les appellations  colorées données aux représentants de l'ordre et de la maréchaussée ainsi qu'aux sergents de ville .

     

    Chingalé ou ''le cornu'' - aucune allusion à un diable quelconque, ni à une reconnaissance frontale porté par le sujet à la suite d'égarements d'une épouse volage.

    Mais sans nul sans doute en souvenir du bicorne que portaient les gens d'armes d’autrefois.

     

    Harcoumaras ou '' les gens en cuivre'' - En souvenir de plaques en laiton qui barraient le poitrail des uniformes de gardiens de l'ordre dans certains pays de l'Est et en Germanie.

    Les gens d'arme de l'armée napoléonienne portaient des plaques identiques. Questions des rôles et fonctions des soldats ou des gardiens du maintien de l'ordre....difficile de faire le distinguo lorsque les Gens du Voyage étaient pourchassés par les uns et par les autres.

     

    Klistés littéralement ''les montés'' - s'adresse aux  gendarmes qui circulaient à cheval et non pedibus cum jambis.

     

    Pirengrés ou ''les gens à pied'' - désignant à l'heure actuelle les policiers municipaux ou les gardes-champêtre. Leurs champs d'actions se situent principalement dans les zones rurales.

     

     
    Schmitt  nom de provenance germanique signifiant "forgeron". je n'ai aucune piste sérieuse concernant cette appellation.

     

    Voila, il existe d'autres "surnoms " donnés aux représentant de l'ordre et vos me seriez très précieux de me communiquer votre savoir.

    Je vais vous faire profiter des "dernières nouvelles du Voyage ".... notre fils voyageur éternel dans l’âme et dans la vie de passage au domicile de son vieux père m'a communiqué 2 appellations qui ont cours de nos jours :

    LOLE  cette façon de parler les représentants de la force publique se retrouve dans les milieux des voyageurs ayant des racines des régions du Nord de la France ( YENICHES) et des récupérateurs de ferraille.

    je reviens sur les KLISTES. Une confusion permet de mélanger le verbe : se faire " encrister" (mettre en prison ou au CH'TAR : 4 en langue romanes ou 4 murs ...et se faire mettre en croix...comme le Christ  ) et ce fameux Klisté !.....le mélange des genres et des langues n'a pas fini de nous faire voyager.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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