• QUAND VIENT L'APPEL DU LARGE...

    QUAND VIENT L'APPEL DU LARGE...

     J'ai vécu cette transhumance qui pousse depuis des siècles les populations nomades sur les routes de France et d'ailleurs.
    Je peux vous assurer que l'appel à partir vous prends aux tripes façon" Loup-garou "durant une nuit de pleine lune.

    J'ai été aspiré par cet appel de prendre le large.


    Ce bon monsieur de LA FONTAINE avait une formule qui pourrait se rapporter à cet épisode : « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés ».....partir n'est-ce pas mourir un peu ? (cf les animaux-la peste)

     

    Que ce soit chez des sédentarisés de longue date ou des sédentaires fraîchement installés en résidence, les manifestations sont identiques.

    J'ajouterais à cette liste des catégories touchées par la démangeaison saisonnière du « voir ailleurs c'est mieux » : le voyageur lambda et celui qui subit cet héritage des « fils du vent ».

    Ce dernier vit toute l'année comme un gadjo.(personne sédentaire- péjoratif )

    Le fait de travailler chez un patron, d'avoir un conjoint qui ne voyage pas et chez qui le besoin de bouger ne se fait pas sentir, de posséder un habitat sédentaire, le manque de moyens financiers font de cet homme un Stromboli, volcan assagit mais dés qu’il le peut entre en éruption sans en avertir son entourage.

    Tous ses sens sont en éveil, la pression venant de ses origines est au maxi, l'aiguille flirt avec le rouge (oh quelle honte ! un manomètre qui avait l'air si bien) mais il ne peut quitter son environnement pour les raisons invoquées précédemment.

    Pour avoir fait partie de cette catégorie je peux vous assurer que la période pendant laquelle les démangeaisons arrivent...c'est chaud-chaud.

     Cet épisode est si soudain, que tous les ans, il me semble que cela arrive pour la première fois.


    Le soleil est revenu accompagné par le gazouillis d'oiseaux, envolées lyriques, où syllabes répétées à l'infini comme une mélopée.

    Ma préférence va vers le Gobe-mouche noir, passereau peu connu qui manifeste sa joie de nous briser les burnes en criant des « vik-vik » très rapides et stridents.

    Présent dans les parages le Troglodyte mignon (je n'invente pas !) n'a pas dit son dernier mot et tient absolument à tenir la seconde place dans la liste des piafs casse-couilles. Ses trilles métalliques sont étonnamment puissantes «  zitiu-si-vi-svi-zuy-zuit-si-siiiiir »(je ne suis pas à l'heure de l'apéro je le jure!)

    Elles explosent les sonotones et font que vous écrasiez les crottes des chiens lorsque vous le cherchez dans les arbres…. Because : en marchant la tête en l'air.

     

    Bon j’arrête, sans doute préférez-vous le chant des partisans à celui des oiseaux ? J'aime beaucoup les oiseaux...sauf ceux de mauvais augures.

     

    les grillades ont fait leur retour chez le Lidl du coin, (il faudra que je vous cause de toutes les saletés que votre boucher préféré vous refile dans la saucisse, c'est un scandale aurait dit un certain Georges MARCHAIS)

    Avez-vous remarqué qu'aux premiers rayons de soleil les saucisses pointent elles aussi le bout de leur chaire ? Mais que St François me tritouille, en hiver, que font les saucisses? Je vous le demande.

     

    Ce qui n'a rien à voir... ….Les jupes des dames raccourcissent, les épaules auraient la bonne tendance à se dénuder et puis, ... Et puis... Il y a quelque chose dans l'air qui fait que les narines frémissent, que le sang cogne à la tête.

     Chez nous, quand ressortent les vieilles photos des ancêtres lors d'un repas de famille et qu’ARTE diffuse un reportage sur ces gens venus des pays de l'Est, les tournées de spotykatch se font plus rapprochées.

    Tout est prétexte à se rassembler et à faire « hurler » le barbecue.

     Vous l'aviez compris, il est temps de succomber à cet irrésistible besoin d'aller voir ailleurs si j'y suis.

    Le PRINTEMPS est là....va falloir vous habituer à ces changements hormonaux, vestimentaires et alimentaires.

    Pour en revenir à cet étrange sentiment troublant mettant tous nos sens en éveil (même les sens interdits) Je ne puis expliquer ce qui déchaîne cette résurrection.

    Je ne pense pas que seule la venue du printemps en soit la seule et unique raison. Peut-être faudrait-il gratter du côté des ancêtres et du côté de la chimie devenant alchimie.

     C'est un fait que je ne suis pas en mesure de contrôler, il faut que je bouge.

    Quant aux « agités du départ » dont je fais partie, les sédentaires « par obligations » nous subissons de plein fouet cette main tendue qui nous happe dans la nature.

     Quant aux voyageurs de tous les jours, c'est du bitume qui coule dans leurs veines, la poussière qui orne leurs épaules vient de la Passe de kandahar, la fameuse route de la soie, leurs ancêtres ont connu les persécutions en quittant les rives de l'Indus. 

    La dernière Merco a remplacé le chariot bâché et le RSA apporte plus de sécurité que la mendicité aux portes de Barcelone. J'ai établi ce triste constat en leur compagnie.


    En évoquant les noms de villes traversées, ils se souviennent de leurs coups d'éclat, des retrouvailles, des événements heureux et importants qui seront transmis de génération en génération.

    Le soir sur le coin d'une table d'un bistrot de banlieue, conférant à ces étapes des parfums d'Auster­litz ou de pont d'Arcole, ils feront un détour en jetant un œil pudique sur cette ville qui fut un Waterloo, car chez eux, on ne parle pas de choses qui fâchent.
    Autrefois, il était une tradition que je n'ai pas vécue, mais qui m'a été racontée par un aficionado des Tzi­ganes. 

    Une fois l'an, les jeunes hommes d’une  même famille se réunissent au cours d'une soirée un peu spéciale et brûlent dans une grande bassine les photographies des belles qu'ils ont rencontrées au cours de l'année écoulée. Généralement le tableau de chasse  était composé de conquêtes n'appartenant pas au monde des voyageuses.

    Certains soirs, les anciens parleront du temps où la famille avait fait une halte, prés d'une rivière, c'était au bord de la Durance ou dans le bocage Normand ou sur les rives d'Allier...

    La grand-mère allait ramasser des mures accrochées aux buissons, maintenant les murs délimitent des zones commerciales et le linge sèche accroché aux blocs de béton des périphériques, hideux, crasseux et dangereux.

    L'essence même du voyage apporte trois dimensions conjuguant lieux, époques et temps.

     Ce temps passe si vite que si vous n'êtes pas réactifs à l'actualité de votre environnement, vous deviendrez vite dépassé par les événements et ferez figure «de martien anachronique» aux regards de la société.
    Celle-là même que les gens du voyage tentent d'exploiter tout en la vilipendant.

     

    Il existe une catégorie d'individus qui se prennent à rêvasser à un certain folklore, ils imitent les Bohémiens, comme autre fois les bourgeois se rendaient dans les guinguettes pour s'encanailler au son de l'accordéon ou au petit matin à Rungis pour se frotter aux Forts des Halles.

    Ces défenseurs avec toute leur bonne foi militent aux seins d'associations qui font un travail remarquable.
    Il existe bien un nomadisme moderne, le néo nomadisme complètement intégré dans la société actuelle et qui fait même bonne figure à ceux qui le pratiquent. 

    Au début suspect aux yeux des dirigeants du monde du travail qui nous montrent de quel côté se trouve le mur contre lequel nous allons nous écraser, il fait figure maintenant de solution salvatrice. Les temps changent, les mœurs aussi et pourquoi pas notre façon de travailler ?
    J'ai pleinement conscience que curieusement, nous avons été en avance sur notre temps en adoptant la vie de nomade.
    De nombreux ouvrages lèvent le voile sur ce nomadisme moderne qui n'est rien d'autre qu'un retour aux sources du mode de vie de nos ancêtres. Ils parlent de cette culture souvent évoquée et pourtant si méconnue.

    Faut-il Gitan pour être nomade?

    Fort de ma propre expérience, je répondrais non.

    Mais force est de constater que cela aide bien !

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