• Parler avec des pinceaux

    Si vous saviez comme il est lourd et difficile à porter le poids des héritages laissés par nos ancêtres.

     


    J'ai rencontré une femme qui avait quelque chose à dire. 

    Elle le disait avec ses pinceaux....Ben oui peindre, c'est aussi s'exprimer.
    Pour ma part, les seuls pinceaux que je connaissais, étaient ceux des frères Ripolin, les trois gugusses qui se peignaient le dos.
    ...Quoique peut être une fois ai-je dû peindre une girafe...mais c' était il y a fort longtemps.

    Ce cheminement qu'est ma vie, m'a offert de sacrées opportunités.
    Il est des êtres sortant de l'ordinaire, des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires et des êtres extraordinaires.


    La femme dont je vais dresser le portrait appartient à la troisième catégorie.
    Elle s'est glissée dans la peau d'une artiste-peintre, comme pour se camoufler et ne pas se faire repérer....car elle a des comptes à régler...


    Autodidacte en tout, elle a poussé dans la vie, sans tuteur.

    Ses professeurs se nommaient, ''us et coutumes, traditions, parole donnée et respect''.


    Pourtant elle Possède une solide formation en solfège, elle est une virtuose de l'accordéon depuis sa plus tendre enfance. Plusieurs fois distinguée avec médailles d'or à la clef, diplômes d'honneur, elle a été désignée par son père pour jouer de cet instrument.
    Pourquoi ? Je l'ai découvert il y a peu de temps. Le grand-père paternel jouait de l'accordéon dans un « jazz-band » de l’après guerre.

     

    Cet ancêtre est décédé avant de connaître le visage de son fils et donc de sa petite fille.
    Pour des raisons qu'un jour, je révélerai, elle a rangé son piano à bretelles.


    La dernière fois qu'elle a fait vibrer l'air et chavirer mon âme, c'était lors de de l'interprétation d'un air traditionnel tzigane « les deux guitares ». Notre fils Pierre l’accompagnait à la guitare.

     

    Elle peint.


    Difficile d'exprimer ce qu'elle ressent. Cet artiste-peintre est trop discret pour se mettre en avant.

    Elle déclare que ses œuvres ne méritent pas la place que j'aimerais qu'elles occupent.

    Ce n'est pas de la fausse modestie... Et puis l'héritage est là, pesant, n'offrant pas à la " femme " la place qu'elle mérite d'occuper... La burka n'est pas loin... Que Dieu nous pardonne.

     

    J'ai mis très longtemps à comprendre et encore plus à accepter les raisons profondes de son attitude.

    Elle ne cherche pas à plaire...elle cherche à communiquer.


    S'exprimer est dangereux dans certaines sociétés surtout pour une femme. 

    La place occupée par les membres de la famille n'est pas due au hasard, les rôles sont bien définis par le père et les anciens.
    Changer l'ordre établi tient de la révolte, l'insoumis se verrait mis au banc de la famille. Alors à défaut de coups de flingue pourquoi ne pas utiliser le langage de la peinture. C'est plus subtil.


    J'ai ressenti à la lecture de ses tableaux des témoignages de traumatismes anciens.

    Sa volonté de se débarrasser du joug de ses vies passées, des blessures de son enfance se traduit par un étalage au grand jour, en pleine lumière avec des couleurs sacrées comme le sang, l'or, le feu.

     

    Encore une fois un lourd secret est présent.
    .
    Les tableaux sont en relief.  Un peu comme si elle désirait supprimer le platitude, la banalité infligée par les auteurs de ces traumatismes. Elle espère que ces actes ne soient plus considérés comme normaux mais en tant que actes graves et punis ;

     

    Elle se sert de matériaux ramassés sur le sol de la Camargue : sables de divers origines, bois flotté, crins de chevaux, poils de taureaux, objets délaissés auxquels elle redonne vie.


    Ces éléments sont incorporés à la peinture et ne surchargent pas l'œuvre, ils la complètent.


    Ce rituel de mort appelé « la tauromachie » est très présent dans ses représentions.

    Un sujet pour lequel tant de bla-bla ont été déversés pour masquer les cris des bêtes qui souffrent, des anti-cruautés qui hurlent ''liberté pour ces pauvres bêtes'' avant de s'empiffrer de hamburger chez MC Dodo à la sortie des arènes et des'' pour que la bête qui se trouve en moi meure ''…..mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente.


    Pour cette artiste-peintre cela est tout autre chose.
    '' C'est l'éternel combat du Bien et du Mal, le "Sang i or", c'est la lutte pour la vie, l'Homme face à lui-même, la Mort, la Pauvreté, l'Oubli, l'Intolérance, c'est la Comédie Humaine... Comparaison entre Humanité et animalité..

     Parler avec des pinceaux


    Je vais me lancer dans ce que j'appelle de la psychologie de bazar, de bas étage en essayant de traduire ce que je ressent :
    La partie majeure de ses réalisations dépeint des scènes de combats entre un taureau et un homme, le toréador.

     Ce furent ses premiers mots d'artiste.


    Un humain en possession d'une arme promet la mort, la fin de vie à un animal.
    Cette fin est programmée suivant un rite bien codifié, dans un endroit bien spécifique et suivant un cérémonial avec des règles acceptées par l'animal, par l'acteur et le spectateur.


    L'animal, un taureau noir, puissant représente la bestialité, l'homme dans ses plus bas instincts, le danger pour une femme, la dictature du mâle sur la féminité.


    Le toréador, en habit de lumière, resplendissant, en positon de supériorité, monsieur Loyale et frère de Monsieur Propre arrivent en justicier pour venger notre artiste.


    La sphère dans laquelle se déroule cet arrangement est un vase clos.

     L'arène, ce sont ses propres souvenirs, ses blessures, ses attentes en matière de comptes à régler, sa vision de l'Homme-ancêtre, père et mari – son univers en quelques sortes.


    Et ce drame que lui provoque des souvenirs elle veut le montrer en plein jour, devant témoins, suivant un cérémonial qui donne de la légitimité et de la crédibilité à cet acte officiel qui se veut être une revanche sur les poids des traditions imposées par sa filiation.... non pas une vengeance.

    Parler avec des pinceaux

     

     

     


    Règlement de comptes à '' OK CORRAL '' serait galvauder cet acte d'une infinie importance pour elle.
    Après cet arrangement sans haine, mais justifiant la fin catégorique de quelque chose, son esprit enfin libéré a retrouvé le vagabond qui sommeillait en elle.
    Communiquer sur d'autres scènes de cet art, avec un taureau plus gros face un matador plus « hispanique » des habits de lumière endossés par des femmes, approfondir des détails n'a plus cette importance cruciale. 

    Elle a réglé en mettant au grand jour ce qui depuis trop longtemps l'empêcher de vivre en tant que femme libre.
    Même si les changements ne furent pas flagrants dans sa vie, c'est sa volonté à elle seule de vivre sa vie comme elle l'entend... Et si on demandait au taureau avec ses deux oreilles coupées ce qu'il entend par là ?

     

     

     

     

    « Suite et hélas fin du jardinier et de la voisine.les coach de vie.... »
    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Mercredi 20 Septembre à 08:23

    Bonjour Louzn

    bien souvent c'est en dessinant ou en écrivant qu'on arrive a lacher ce qui nous emcombre,

    pas toujours évident mais cela aide

    belle journée

    2
    Mercredi 20 Septembre à 09:17

    L'art a toujours été un moyen d'expression, qu'il soit dessiné, chanté ou écrit... et pour bien se faire entendre, l'idéal est évidemment d'avoir du talent !

    Bonne journée

    3
    Mercredi 20 Septembre à 10:58

    Bonjour Loupzen,

    Ce n'est pas là, véritable le sujet ; mais je ne pouvais faire autrement de compter mon expérience. Les corrida que nous menons s'apparente, pourtant, bien souvent, à ce genre de mise à mort quand la vie nous terrasse par la faute de nos parents ou ancêtres alors que nous n'avons pas demandé à naître. Le tares des familiales, trop souvent suivent les enfants qui doivent se débrouiller avec... J'ai vécu des corridas personnelles autres que celle-ci décrite ci-dessous. Elles n'ont pas abouti à la mort... mais ça aurait pu. Bien sûr, je ne suis pas la seule dans ce cas -là ! Et je n'ai nul besoin que l'on me plaigne ! Je voulais juste démontrer les horreurs que l'homme : animal plus que le taureau, n'a pas à être fier de ses prouesses ! L'argent est encore en cause dans ces élevages de taureaux ! Tout ce que l'homme fait à un rapport direct avec l'argent ! Et que des femmes s'y mettent, alors là, c'est ignoble d'orgueil, en plus ! Je ne cautionne pas ce genre de comédie humaine cruelle et sans fondement que la barbarie, la cruauté, et le pouvoir sur les bêtes ! les abattoires, ce n'est pas mieux !

    Francis Cabrel : Enfin quelqu'un qui ose bousculer les traditions   ! Je suis allée à Madrid, j'ai vu sans le désirer parce que j'étais chez les soeurs, dans le nord, et les vacances était programmées pour voir une corrida. Nous étions 25 filles en foyer et j'avais 18 ans. Nous étions à peu près toutes du même âge prête à prendre notre envole pour une liberté; mais avant, il y avait ces fameuses vacances.  J'ai suivis le troupeau de fille, plus la bonne sœur,  nous nous sommes assises à nos places respectives dans les gradin, et commença la corrida. Horrible spectacle que de voir ces pauvres bêtes se faire tuer lentement pour satisfaire la foule. Le ballet du torero et du taureau me dégoûtait  et dégoûtait  autant que les autres filles et la bonne sœur qui nous avait entraîné voir ce macabre spectacle. La plus part du temps, je me cachais les yeux  pour ne pas voir la mise à mort du taureau et je n'était pas la seule. Nous ne pouvions sortir des gradins tellement les gens étaient en folie et que les rangs étaient serrés : il nous était impossible de quitter la corrida. Nous avions beau protester  à la sœur que nous ne voulions pas voir cette boucherie, impossible. Nous avons dû attendre la fin de la corrida pour sortir de cet enfer. Nous avons vu, de force, 6 mises à mort avec coupage d'oreilles pour le vainqueur, dont une était destinée à la femme que le torero avait remarqué au premier rang : ce qui faisait sensation dans le public. Une fois le taureau mort des cavaliers à cheval venait débarrasser la bête et camouflé le sang de celle-ci avec du sable, et au suivant. Nous n'en pouvions plus et j'avais des envie de meurtre en ce sens que je me disais  :

    " Pourvu qu'il se prenne un bon coup de corne dans le ventre pour qu'il crève à son tour ! "

     J'ai gardé un très mauvais souvenir de cette journée !  La sœur a dû regretter longtemps de nous avoir entraîné dans cette corrida...  6  mise à mort de taureau  avec tout le folklore qui va avec !   Ce fut la pire des expérience que j'ai vécu ce jour-là et je suis pour l'arrêt de ces jeux barbares ! N. GHIS.

    La Corrida de Francis Cabrel

     https://youtu.be/m1ET6SEtwbc

    4
    Mercredi 20 Septembre à 14:00

    C'est super de pouvoir parler avec des pinceaux !!

    Moi c'est dans l'écriture que je m''exprime !!

    Bonne journée Rozy

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    5
    Mercredi 20 Septembre à 23:29

    Quelle chance de pouvoir communiquer ainsi ou d'une tout autre manière artistique....Moi je ne saurais pas.....Je n'ai aucun talent .....Snif....pour communiquer il me reste heureusement la parole, et ça, je ne m'en prive pas he......Ce qui est désolant c'est que les paroles ont un impact uniquement sur le coup,.....une œuvre, elle, est un témoignage qui perdure !!!

    J'ai bien apprécié ton article....

    Bises et à très vite

     

    6
    Jeudi 21 Septembre à 10:31

    Je hais les corridas et ceux qui les aiment !

    Désolé.

     

    De retour de Séville, où le temps était parfait ( chaud ) et les visites magnifiques.

    Passe un beau jeudi , Loupzen

    7
    Vendredi 22 Septembre à 01:20

    Créer pour exprimer ce qu'on ne sait dire. Tous les moyens sont bons :peinture, musique, écriture, sculpture ... c'est, comme tu l'écris ici, la même chose que de DIRE.
    Je reviendrai ici aussi, j'y ai des choses à dire. Plus le temps ce soir. Il faut que je me couche quand même.

      • Lundi 25 Septembre à 11:47

        Bonjour Madame Michu

        Ah! ce sommeil obligatoire : réparateur de notre cerveau ! Combien, dans une vie, passons nous notre temps à dormir ? le lit, c'est bon pour les personnes qui ont un sommeil réparateur ; mais pour ceux et celles qui ne peuvent pas dormir, ce n'est pas agréable de compter les secondes, minutes et heures qui défilent ! Il nous semble que c'est du temps gaspillé que de dormir ! Mais c'est un besoin et un bien nécessaire pour notre santé. Ghis.

    8
    Vendredi 22 Septembre à 09:06

    https://www.youtube.com/watch?v=mk7mIH4idIo

     

    Latcho drom phral.

      • Dimanche 24 Septembre à 14:12

        MERCI....

    9
    Vendredi 22 Septembre à 09:54

    Paroles de la chanson «Les Deux Guitares »

     

    https://youtu.be/mk7mIH4idIo

     

    (Deux tziganes sans répit
    Grattent leur guitare
    Ranimant du fond des nuits
    Toute ma mémoire
    Sans savoir que roule en moi
    Un flot de détresse
    Font renaître sous leurs doigts
    Ma folle jeunesse

     

    Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz x2

     

    Jouez tziganes jouez pour moi
    Avec plus de flamme
    Afin de couvrir la voix
    Qui dit à mon âme
    Où as-tu mal, pourquoi as-tu mal
    Ah t'as mal à la tête
    Mais bois un peu moins aujourd'hui tu boiras plus demain
    Et encore plus après-demain

     

    Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz x2

     

    Je veux rire et chanter
    Et soûler ma peine
    Pour oublier le passé
    Qu'avec moi je traîne
    Apportez-moi du vin fort
    Car le vin délivre
    Oh versez, versez-m'en encore
    Pour que je m'enivre

     

    Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz x2

     

    Deux guitares en ma pensée
    Jettent un trouble immense
    M'expliquant la vanité
    De notre existence
    Que vivons-nous, pourquoi vivons-nous
    Quelle est la raison d'être
    Tu es vivant aujourd'hui, tu seras mort demain
    Et encore plus après-demain

     

    Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz x2

     

    Quand je serais ivre-mort
    Faible et lamentable
    Et que vous verrez mon corps
    Rouler sous la table
    Alors vous pourrez cesser
    Vos chants qui résonnent
    En attendant jouez
    Pour que je m'abandonne

     

    L'amitié

     

    Bonne journée à vous Cher Loupzen ! Ghis.

      • Samedi 23 Septembre à 00:40

        A  MES ÂMES SOEUR : Ghis et ANNIE 

         

        Deux guitares en ma pensée
        Jettent un trouble immense
        M'expliquant la vanité
        De notre existence
        Que vivons-nous, pourquoi vivons-nous
        Quelle est la raison d'être
        Tu es vivant aujourd'hui, tu seras mort demain
        Et encore plus après-demain

         

         

        GRAND MERCI

    10
    Samedi 23 Septembre à 16:08

    J'allais dire que...................Je dirai rien.Ne rien dire c'est déjà s'exprimer.

    11
    Lundi 25 Septembre à 11:36

    Bonjour

    merci de ce portrait d'une peintre

    je n'aime pas les corridas pour la mort programmé des animaux donc j’éviterai de voir ses tableaux tauromachiques

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :