• Mon nomadisme (SUITE 2)



    Un couple de voisins avaient offert 30 ans de leur vie à la manufacture de pneumatiques de Clermont-Ferrand.

    L'homme depuis ces dix dernières années, fixait la même pièce métallique sur un certain dispositif.

    Son épouse depuis prés de 20 ans effectuait les même gestes répétitifs, dans un atelier de rechapage de pneumatiques de la même manufacture.

    Ils commençaient à cinq heure du matin et terminaient leur journée à 13 heures, avec un roulement des «  3 huit ».

    Quelle vie de merde, en vous priant de m'excuser d'avoir cette attitude en vers ces héros sacrifiés à la gloire de cette firme.

    J 'étais présent le jour où après 20 jours de gréve ils ont obtenu une augmentation de 0,20 centimes. L'homme avait les larmes aux yeux.

    Je ne me voyais pas vivre cette vie, ni celle d'un ami d'enfance qui à la veille de son départ à la retraite a attrapé le chômage et le cancer.

    Des choix. Simplement des choix


    Je ne me suis pas découvert « nomade » comme çà, un beau matin au réveil.

    Ce fut un cheminement intellectuel qui me conduisit à devenir ce que je suis, un révolté non pas du Bounty, mais révolté du fait que d’autres décidaient à ma place.

    Qui étaient -ils pour prendre une décision aussi importante qui devait conditionner mes faits et gestes pour le reste de ma vie.

    Qui étaient ils pour me dire ce qui serait bien pour eux et non pour moi ?

    Lors des recrutements, à la lecture de mon CV, les personnes que j'avais face à moi me demandaient ce que je fuyais et pourquoi cette inaptitude à une vie normale professionnelle.

    J'ai été étiqueté « instable » comme la nitroglycérine.

    Je ne trouvais pas ma place dans la société à laquelle il fallait que j 'adhère.

    « Que fuyez vous ? » me demandait en me fixant droit dans les yeux cette directrice des ressources humaines. »

     Qu'est ce que je fuis ?

    Mon être tout entier était tendu, du coin de l’œil je repérais la fenêtre ouverte, nous étions au rez de chaussée, hop un seul bon et me voilà libre.

    Le smic et les 3 pour cent que je gagnerais en rapportant comme un bon toutou de nouveaux clients, me motivait au point de sauter par la fenêtre sans l'ouvrir.

    « Dame du Bon Secours, soyez bénie pour l’aumône que vos maîtres me font en m'octroyant cette manne charitable, je ne fuis pas, je vous devance et suis en avance d'une guerre économique que demain vous allez perdre.

    "Légion seront les victimes, peut être vous la première ».

    Serais-je un vagabond du travail ?

      "vous êtes un instable » me disait le toubib de la médecine du travail. Cet homme dévoué à la lutte contre la maladie professionnelle s'endormait dans son bureau, le teint couperosé, la cravate mal ajustée et l’œil glauque.

    Il venait de découvrir que j'avais quitté la fonction publique, je luis avais rétorqué que le fonctionnariat menait à tout.. pourvu qu'on en sorte » stupeur..

    Il était devenu fonctionnaire car trop dur la médecine de campagne ou de quartier, c'est sûr que sur son piédestal, il ronronnait depuis trop d'années, bien installé et indéboulonnable.


     « quelles sont vos motivations ? »

    Entre nous, essayez de rédiger une lettre de motivation pour un job mal payé pour un salaire qui ne vous permettra pas même pas de changer votre caisse de couleur rouille et pour une espérance de vie hypothétique au sein d'une entreprise dont les dirigeants vous donnent juste assez pour que vous teniez debout à votre poste de travail..No futur..

    Il est un dicton à la con «  mille métiers mille misères » .

    Plus tard j' enchaînais de petits boulots, un peu comme un sniper réalise des contrats Il me fallait du changement et du déplacement, de l'action des places fortes à enlever et des belles à conquérir.

    Décidément je ne me sentais pas à la place que j' occupais. Qui avait décidé de ma condition socioprofessionnelle ? Qui avait dit «  toi aussi tu seras un homme mon fils » qui m'avait soufflé dans les oreilles à la sortie du ventre de ma mère ?  Tu qu

    Peut on être vagabond dans l’âme et stagner dans sa vie,

    voyager dans sa tête sans chausser ses baskets,

    vivre ses voyages par procuration …. et devant celle qui vous a choisie,  lui répondre «  je sais.... je sais » alors que son être entier vous crie «  emmène moi danser ce soir ».

    Ne pouvant me contenter de ces vies banales, mornes et insipides, très vite je me suis mis au banc de la société.

    Connaissez vous la mauvaise réputation de BRASSENS ?

    En ne faisant pas comme les autres je ne m'enfuyais pas mais au contraire je donnais la sensation de faire des bonds en avant, d'être en avance et cette certitude que j'affichais a été trop souvent taxée d'arrivisme, de vouloir devenir calife à la place des petits califes. Que pouvais je faire contre cette situation.

    Il est vrai et de l e découvre à l'heure actuelle que cette vie dite segmentaire, m'a fait rechercher la fréquentation d'autres «  nomades ». J'ai de suite adhéré à des clans de Gitans, de Manouches entre autres. Je me suis senti accepté et très vite j’ai intégré leur mode de vie qui de toute évidence me correspondait.

    Je me suis senti comme un poisson dans l'eau trouble.


    Je n'étais pas heureux, tiraillé par un désir de partir et celui de faire plaisir en ne bougeant pas.

    Faire plaisir à qui?....à des parents qui un jour quitteront cette terre en constatant que leur "rejeton" n'avait pas trouvé le bonheur,

    A des "amis et connaissances" qui fredonnent "parlez moi de moi...il n' y a que cela qui m’intéresse.

    Alors je cultivais ma différence

     

    A SUIVRE.....

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 3 Avril à 14:39

    Bonjour, je me reconnais bien là dans tes écrits. Sommes nous conditionnés dés l'enfance à  telle ou telle vie? je le crois ,mais si nous sommes rebelles nous ne pouvons pas accepter de rentrer dans le rang. C'est là que le caractère intervient celui qui nous est propre, le seul le vrai. Pourquoi devrions nous suivre ce que les autres, parents, amis, conjoints nous commandent? La seule façon d'être en harmonie avec notre corps et notre esprit c'est de  faire ce que nous désirons, pas ce que l'on nous ordonne. Bien sur il y a des périodes  dans la vie où nous n'avons guère le choix, mais il y a toujours une porte de sortie qui un jour nous est proposée. Il suffit juste de savoir  la prendre .

    Le nomade s'il se veut solitaire à besoin de retrouver des personnes comme lui mais c'est anachronique car on ne peut les rencontrer car elles sont comme lui. On les croisent un moment, un jour, un mois mais aucune durée, puis les routes se séparent, c'est logique. Le Nomade vit sa vie seul ou très bien accompagné avec quelqu'un qui est comme lui nomade dans l'âme.

    Faire plaisir, j'adore ce mot. Plaisir pourquoi? Si nous sommes honnêtes cela se fera à notre détriment si nous y sommes forcés, et le corps réagira pour nous rappeler à l'ordre.

    j'ai compris depuis bien longtemps que sur terre nous arrivons seul et repartons seul. Entre temps nous devons nous débrouiller par nous mêmes pour exister mais parfois à quel prix!

    Faire plaisir, Faire comme les autres, Faire pour être bien vu et j'en passe. Mais en se regardant dans la glace franchement sommes nous heureux vraiment?

    Cela m'étonnerait ou alors c 'est une illusion, mais un jour à la fin de notre parcours c'est là que nous verrons si nous avons bien fait ou pas!

    On appelle cela des regrets et des remords.

    Si j'avais su.. et oui mais on aurait du.

    Alors  sachez qu'il n'est jamais trop tard.

    Être différend c'est être soi, on appellera ça " égoïsme", mais quand on  a compris ce que ce mot voulait vraiment dire on vit heureux.

    La mauvaise réputation de Brassens je l'adore elle dit tout .

    j'aurais encore beaucoup à dire mais je vais attirer encore bien des critiques mais ce n'est pas grave, j'assume.

    Loupzen, reste celui que tu veux être pas celui que l'on veut que tu sois;

    Tout ira mieux ensuite! Bonne journée.

    Une bise.

      • Mardi 4 Avril à 06:35

        Comprendre c'est déjà avoir su entendre et combien d'entre nous prenons le temps d'écouter ?

        Toi c'est déjà fait !

    2
    Lundi 3 Avril à 17:52

    Y a une autre solution pour ne pas se sentir pris par le carcan administration-boulot-dodo:

    - C'est faire uniquement ce qu'on aime faire et s'arranger pour gagner sa vie avec. C'est ce qu'on peut appeler "faire d'une pierre deux coups"... dans ma vie j'ai toujours fait ainsi et je ne suis jamais allé au boulot à reculons !

    Nomade, ça ne m'aurait pas déplu dans l'idée... mais j'aime bien mon chez-moi, même si j'en ai changé souvent !

    Bonne soirée

      • Mardi 4 Avril à 06:38

        A lire tes si beaux textes ...c'est sûr tu n'es pas casanier !

        Mais à te lire  tu as certainement "inventé" un style de nomadisme qui t'est propre...N'est-ce pas là le chemin de "ton" bonheur ?

         

    3
    sam
    Lundi 3 Avril à 21:17

    bof ..... ca fait chialer ton texte ................ 

      • Mardi 4 Avril à 06:48

        Sots ton mouchoir et agite le ....c'est un signe d’au-revoir  et donc de départ vers.....

    4
    Lundi 3 Avril à 23:17

    COUCOU, c'est vrai qu'on vit dans une société des règles qui nous sont  impliqués auquel on a pas le choix de choisir, de plus en plus je me demande si c'est la vraie vie car je n'arrive pas m'identifier, je rêve acheter une caravane et partir à l'aventure,très bonne soirée bises caty

      • Mardi 4 Avril à 06:46

        Bonsoir "soleil réjouissant".....yes

        Nous avons tous le choix de faire ..encore faut-il savoir pourquoi et surtout de faire le premier pas.....C'est bien  ici que commence la plus grande aventure de notre vie...dans le premier pas !cool

         

    5
    Mercredi 5 Avril à 10:58

    Bonjour Loupzen,

    Comment allez-vous ce matin? Et bien moi, je ne suis pas bien réveillée : me suis couchée très tard à cause du débat d'hier soir à la 102 (BFM TV). En fin de compte, je n'en tire rien de bien convaincant. Quel panier de crabes ! Avec mon mari jean-Michel, nous ne savons pas qui nous allons voter ? Quel bande de polichinelles ! Ce sont tous les mêmes à courir après le pouvoir : De vrais marchants de tapis ! Dans quelle mouise vont-ils encore nous obliger à nous fourrer pour cinq ans ? Ils sont tous

    " blanc bonnet et bonnet blanc " ! Allez ! On met tout dans un panier, on mélange ( A non ! ce n'est pas une recette de cuisine ! ) (rire), et on ressort les mêmes à peut de chose prêt . Ils nous prennent vraiment pour des loosers ! sarcastic Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre comme énormités ! Je suis aussi par nature, une rebelle dans l'âme et je n'aime pas que l'on décide pour moi ! Ma liberté avant tout ! Je n'ai jamais obéi aux représentants de la lois ! Je me suis toujours rebiffée ! Je n'aime pas les règles établies ! J'ai toujours été à l'encontre des institutions !  Je suis une frondeuse et c'est dû à mon enfance ! Tant que je vivrai, je contesterai le pouvoir en place, à moins que j'y trouve mon compte... si l'on peut dire, ce qui m'étonerait beaucoup ! Salutation Monsieur Loupzen. Bonne journée à vous et votre compagne. cool Ghislaine

    6
    Vendredi 7 Avril à 09:47

    salut

    chacun a le droit a sa place dans ce monde, meme si cela n'est pas conforme, dans la norme de ce qui est majoritairement fait, vu et apprécié

    c'est en mettant des cloisons devant ses yeux que l'on ne comprend pas et ne sait pas comment est, vit l'autre

    et on ne peut donc que le croire son ennemi

      • Samedi 8 Avril à 07:13

        Ah la conformité et ses certificats !!

        Oui il y a de la place pour chacun d'entre nous..le hic : ne pas marcher sur les pieds des autres  et vois tu il y a des grands pieds qui eux (comme c'est étrange !) auraient besoin de lunettes !

        Bon week-end !

    7
    Lundi 10 Avril à 20:52

    Franchement, à l'age où toi,  tu as su renoncer à une vie dite "classique", je pense que je ne t'aurais pas compris, j'avais encore confiance en un avenir très satisfaisant, je n'avais encore connu aucune routine.......... maintenant avec l'age, je t'approuve d'avoir eu le courage d'agir à ta guise, même si je comprends bien que ça n'a pas toujours été simple !!!

    Bref, il nous faudrait plusieurs vies pour savoir celle qui nous correspond le mieux !!! he

    Bises

      • Mardi 11 Avril à 01:26

        Tout à fait vrai !

        Je crois que ces vies nous les avons ..mais sans bien nous en rendre compte...et un jour (l'age de raison ?) en prenant de la hauteur nous découvrons alors d'où nous venons.

        Les choix sont difficiles ou  indépendants de notre propre volonté...mais il s’opère en nous de sacrés changements de cap. Seront-ils nécessaires  notre équilibre?

        Oui ...répond le funambule

        Non ....répond le le gars qui le ramasse ! (voir l'histoire du ramasseur de balles ...dans ce même blog )

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