• Les pizzas à Christophe ( suite de Brûlons)

    Pour la plupart d'entre vous, le 11 septembre reste une date à jamais gravée dans vos mémoires.....c'est la veille du 12 et le lendemain du 10.

    Pour le Loup curieux que je suis, cette date est synonyme de tours, d’empilement, de gratte-ciel ou  de strates.. Dans mon cerveau (sans être celui d'un helvète) c'est le mouvement perpétuel d'une Rolex, façon « gellis ».   Vous savez ces « absolutely delightfuls » traduisez par : infectes blocs de gélatine de la perfide Albion, qui après avoir reçu une pichenette, continuent de trembloter façon goitre de madame Chirac lors de sa tournée pièces jaunes, découvrant soudain un bouton de culotte dans la main douillette d'un David opportuniste.

    Ce cerveau en ébullition marqué par des années de vagabondage et de rencontres style 3eme type restera frappé pendant longtemps par les apparitions sidérales des pizzas d' EL CALIENTE  le bien nommé.

    Ce gars là qui aurait pu être de la Charité.sur Loire – la Ville du livre et Cité du mot – (ben oui le gars-la de charité)  pratiquait couramment le palpé-roulé sur les parties privées d'Isabelle, son épouse et son art est devenu addiction. Je l'ai surpris, l'air béat,  les yeux coincés en position «  au ciel... au ciel j'irais la voir un jour  » de fines perles de sueur luisaient sur son front volontaire, proche de l'extase.

    Il pétrissait, malaxait, palpait-roulait un pâton de pâte à pizza dont il était le père.

    M'ayant capté du coin de l’œil, il m'invitait à ce triolisme : « Révérend,  j'ai mis au frais du coca-cola, et pour toi j'ai du bon vin rouge ».Le bougre il savait y faire, j'avais le Nirvana à portée du gosier. A peine m'avait-il accordé quelques secondes d'attention qu’à coups de plat de main, étalée comme un béret de chasseur alpin, la pâte épousait la circonférence de la pelle à pizza sur laquelle elle allait entreprendre son ultime voyage direction un feu d’enfer. Triste fin ou réincarnation pour être le plaisir de tous ?

    La base recevait une couche de crème fraîche, difficilement contenue par un léger boudin de pâte torsadé à la hâte puis des morceaux de Roquefort et enfin de cerneaux de noix servant  d’agrégats à ce mortier subtile. Le premier étage s'accommodait d'une tranche ou deux, de jambon de campagne et de quelques tranches de chorizo pour lui tenir bonne compagnie...Période de disette ?...on ne sait jamais,  autant ne pas voyager seul. Un étager supérieur fait  de pâte était posé sur cet édifice, constituant une sorte de plancher, départ d'un  deuxième étage.

    Au niveau de cet échafaudage une couche de foie gras de canard était étalée, parfois accommodée d'une confiture ou d'un confit de figues. Ah...le sucré- salé ! Comme le chantait Aznavour «  tu te laisses aller, tu te l’as salé… »

    Nous étions assis à l'extérieur, notre enthousiasme bien entamé par le tsunami des entrées... rien que du light me direz-vous...charcuteries, petites grillades, pacsées à diverses sauces ...légères...légères... comme des montgolfières au bord de l’asphyxie.

    Il jaillissait tel un énergumène échevelé, illuminé, le visage barré d'un large sourire, tenant à bout de bras la pelle à pizza (cadeau de La Catinou).

    Se frayant un passage à grands cris de « Brûlons...Brûlons », il courait vers la dernière demeure de cette  innocente victime  immolée au feu d'enfer sur l’autel de nos gloutonneries. Enfournée qu'elle était dans le four adéquat, notre cuisinier la gueule brûlée par son brasier se rafraîchissait à grands coup de « ce que je croyais être du coca-cola  au léger parfum des Antilles ». Ah l’enfant du Bon Dieu, il avait coupé son détergent avec du rhum !

    Le geste précis, l’œil aux aguets, il repartait dans sa cuisine pour martyriser un autre pâton. Derechef  cent fois sur le métier il remettait son ouvrage. Jamais lassé de nous faire plaisir, de nous étonner avec des constructions de pizza, inventant des associations de » bien-fêteurs ».

    Toujours à l’affût de nos appréciations, tenant compte illico-presto de nos critiques, Christophe  rectifiait sur le champ la composition d'une pizza pour notre seul plaisir.

     Je crois que sa seule nourriture était de nous voir prendre du plaisir. Dans les soirées BBQ les « baisés » levez le doigt. C'est toujours celui qui officie qui ne mange pas.

    A ce grave sujet, je vous indique une référence à laquelle il faut de toute urgence vous référer : Roland MAGDANE et son barbecue.

    Généralement ce rôle ingrat est réservé à la femme qui en bonne maîtresse de maison et femme dévouée danse devant le buffet (vieille expression désignant la personne qui se sacrifie pour le bien être des convives.) Je me demande si ce rôle qui échoit à la femme n'est pas de son choix, car privée de repas...elle garde la ligne...mais passe pour une victime... Humour douteux.

    Christophe se dévouait à ce rôle que je croyais ingrat mais à bien regarder ne prenait-il pas plus de plaisir à donner qu'à recevoir.

    Je reste persuadé cet ami se régalait à nous régaler...

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Février 2016 à 00:02

    belle  truculence , instants heureux !

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