• La cuisine des anges (suite et faim...... )

    Après « mesdames à vos fourneaux » il me semblait logique de dire « Messieurs à table »

     

    Les dés sont pipés dans cette aventure moderne qu'est notre vie.


    Les hommes, je veux dire ceux qui sont supposés porter à bout de bras le destin d'une famille, ont changé.

    Ces messieurs  se mettent  à tripoter le manche des poêles à frire, à susurrer des mots d'encouragement à cette putain de mayonnaise qui ne veut pas monter pour les conduire au septième ciel, à caresser d'une main ferme le dos d'une lotte pour lever des filets, affirmant que le fait de fourrer une dinde n'est pas réserver qu'aux mâles, les durs, les vrais, les tatoués… et qu'il est terriblement craquant d'enlever les pelures des oignons à tel point qu'ils en pleurent.....déshabillez-moi, pas trop vite...

    Il y a dans notre couple des rôles qui se sont imposés par eux même, comme le fait de choisir les vins  ( après les avoir goûtés ) d'opter pour une cuisson saine ( huile d'olive, graisse de canard) de bannir les emmerdeurs à notre table et d'apprendre à mes petits enfants  comment souffler dans une paille pour faire des bulles ce qui fera  froncer les sourcils de leurs parents... Ah ben, c'est encore ton Papou (grand-père en Gitan) qui te fait faire des conneries ! ).


    Nous sommes donc une famille normale.

    Je commence à avoir de la bouteille et la jeunette qui drive ma santé depuis prés de 40 ans, ne se plaint pas du fait d'avoir été et d'être restée la patronne en cuisine. 

    Et pourtant, la vie du Voyage est dure et compliquée quand on veut bien manger.

    J'apporte ici un témoignage pris sur le vif de ce qui se trame dés que j'ai le dos tourné.

    Je préviens :                                        

    Âmes sensibles s'abstenir.


    Il va y avoir de la découpe, des coups de couteau, du roulage et du tangui... À moins que ce soit l'inverse, bref de la basse besogne.

    Je n'ai pu vous rapporter les paroles de notre'' maîtresse es cuisine '' car, autant vous l'avouer en cuisine, je lui casse les pieds et ne suis pas le bien venu.... Donc exit le perturbateur !....dehors les Romanos !

    Pour la première fois de ma vie, j'ai réalisé un reportage photo. 

    Lors de cette aventure, les différentes étapes de la réalisation de la recette vous seront décrites avec des mots simples, compréhensibles par l'ensemble des gens normaux.

     

    Ce « manger », c'est du quotidien, cela n'enlève en rien à l'exceptionnelle qualité de vie que cela me procure tant sur la diversité des plats consommés que sur la qualité des produits dont la préparatrice se sert.

    La cuisinière qui a accepté de se prêter à cet exercice et par la même occasion de nous prêter ses mains n'est autre que CATiNOU.

    Elle m'a pris pour un dingue quand je lui ai déclaré mon intention d'effectuer ce « food moovie ».

    Tout au long de sa vie, avec ou sans soleil dans le cœur, elle a été en charge de bien nourrir le petit mari pour ne pas qu'il se débine. (C’est une image)
    Pas question de transmettre la morosité ambiante dans le plat préparé qui servira tout à l'heure à réchauffer l'âme et le cœur de son homme.

    Le seul et unique ingrédient que je lui ai vu mettre dans tous ses plats durant nos 40 ans de vie commune a été : l'Amour de procurer du plaisir.

     
    Mais comme il faut rendre à Catinou ce qui appartient à son César de mari, j'annoncerai bécif ( ne cherchez pas, c'est de l'argot ) que cet ingrédient c'est moi qui l'ai planté.

    Chez nous, pas de cinéma rien que le poids des mots et le choc des photos.

     

    Roulements de tambour

     

    Où est la cuisine hight-tech ? le matériel de barge offert par les sponsors ?
    Où sont passées les petites mains qui se tapent tout le sale boulot ?

    Pas de poudre aux yeux, de la réalité. Je vous assure que la cuisine est quand même plus grande que la caravane que nous venons de quitter


    Sous vos yeux, CATINOU va vous préparer des sardines farcies.

     Les sardines fraîches, sont nettoyées à l'eau claire, grattées à l'aide d'un couteau pour enlever les écailles.

    Décapitées et vidés, deux filets sont prélevés.

     Elles proviennent de la pêche de la nuit.

     

     Dans une jatte en terre, CATINOU a réalisé une pommade de persil frais et d'ail rose.

    Finement ciselé dans un premier temps, mélangée puis écrasée au pilon en bois d'olivier cette farce servira à vous enflammer la gueule (il n'y a rien de vulgaire ni de péjoratif dans cette expression)

    Les filets des sardines sont étalés sur une plaque, la farce est placée en leur milieu puis ils seront roulés dans la farine pour être déposés sagement dans un plat en inox.
    Pourquoi en inox ? ... Ben, elle n'avait pas autre chose !

    Sur la gazinière, une poêle à frire attend le coup de starter pour donner le meilleur d'elle-même... L'huile d'olive de très bonne qualité attend-elle aussi les baigneuses.
    L'heure du bain approche, une par une les sardines sont enrobées de farine, puis roulées de telle façon pour que la queue empêche de se délier.


    Délicatement, CATINOU plonge un à un ces rouleaux de sardines dans l'huile très chaude, juste le temps de les saisir.

    Ramenées à la dure réalité de l'événement, elles sont ensuite épongées pour préserver l'état de nos artères, qui après tant d'années est excellent. Merci de vous être inquiété pour nous.

    Premières constatations des experts entre amis.

    C'est du concret :

     -  sardines fraîches qui ne se conservent pas très longtemps

    - odeurs caractéristiques de ces petites bêtes

    - l'huile chaude sur le feu

    - l'ail, le persil à éplucher puis à « travailler en pommade »

    - le mari dans les pattes

    - le téléphone qui sonne : maman, je ne sais pas quoi faire à manger à mon mari, donne moi vite une idée

    Question subsidiaire posée à la va vite sans attendre la réponse : ''tu ne boirais pas un petit coup ?' 

    Pas de cinéma, je vous avais bien prévenu.

    Pendant que les délicates sardines fristouillent dans leur bain, CATINOU en un coup de « nez magique » à l'instar de « ma sorcière bien aimée » débarrasse la petite table, range les ustensiles inutiles dans le lave vaisselle, teste la température d'un rosé du mas de Gourgonnier.

    Il est en accord parfait avec ce plat méditerranéen et ses origines des Alpilles. Fruité, charpenté, vin de terroir ...bon à boire.

    De plus il sera un véritable trait d'union entre ces deux recettes de la mer.

     

    En entrée, des anchois frais marinés nous sont proposés par notre hôtesse.

    Les petits anchois sont nettoyés au couteau fin, décapités et vidés.

    Ils barboteront dans une marinade composée d'huile d’excellente qualité avec de l'ail rosé, du persil du jardin et un jus de citron. Le sel et le poivre sont aussi d'incomparables compagnons de table.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Un croûton de pain ou un quignon frotté à l'ail, puis discrètement nappé d'une vraie sauce tomate, servira de présentoir à  ces filets d'anchois toujours en entrée, à l'apéro avec rosé frais ou voir pire encore, pastis. ( pan con tomate )

    Voilà, je ne suis pas un pro de la Com. (comme ils disent dans les milieux autorisés à le dire...oui mais autorisé par qui ?...il va falloir que j'écrive un truc la dessus.)

     

    Ces recettes, qu'à longueur de vie, nos femmes nous préparent avec l'amour comme fond de sauce, elles sont sans chichis, sans trucs, sans malice mais réalisées avec passion.

    Je sais, l'éducation que nous ont donné nos parents fait que l'homme est le Chef de famille mais la femme reste le Chef en cuisine et je dirai même plus LA chef.

     

    Nous avons vécu différentes vies en cuisine.

    A notre rencontre, pendant notre vie de jeune couple, puis en compagnie de tziganes, Gitans et nomades avec lesquels nous avons découvert une autre cuisine.

    Avec l'audace Nous avons tenté l'aventure du camion ambulant, du restaurant dans un camping, mais jamais au grand jamais le but de faire plaisir à «  l'autre » n'a été déclaré absent sans motifs.

    La passion voilà ce qui a toujours guidé la faiseuse de bon manger.

     

    Et par malice, CATINOU vient de préparer une pâte à beignets, très légère dans laquelle elle va tremper des fleurs de courgette femelles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     J'avais envie de vous faire partager de l'instantané, du vrai, du vécu, du manger de tous les jours.

    Dans notre famille et dans la vie que nous vivons, les prévisions sont à mettre au rang des inventions inutiles.

    Nous ne savons jamais combien de yeux vont loucher sur le plat préparé par la maîtresse de cuisine, combien de doigts vont tremper dans les préparations pour goutter mais une chose est certaine, c'est qu'il n'en restera pas pour le repas du soir!

     

     

                                 

     

     

     

     

     

    « Clystére et boules de gommePlus je connais les hommes, plus j'aime les femmes »
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  • Commentaires

    1
    Diane Jean
    Dimanche 25 Octobre 2015 à 01:51

    Bon appétit mon ami et bonsoir ....à bientôt

      • Mercredi 28 Octobre 2015 à 05:56

        Merci de ton passage amicale...n'oublie pas tes créations !

    2
    Lundi 26 Octobre 2015 à 18:13

    Diane Jean. es tu  restée sur ta faim?

    Il est difficile de faire accepter que je suis coutumier du fait de me nourrir de la sorte et pourtant.....J'ai découvert les vertus des condiments et des aromates, de l'huile d'holive et bien d'autres choses. 

    J'ai de la peine pour ceux qui "déjeunent triste" tout est question de partage..mais cele ne s'est pas toujours passé ainsi.

    Merci de ta visite et bon vent pour tes illustrations

    3
    Jeudi 24 Décembre 2015 à 00:54

    Bonsoir Loup,

    Quel plaisir de découvrir cette cuisine simple mais goûteuse! Je suis toujours à l'affût de nouvelles recettes "terroir", saine avec huile d'olive et persillade, c'est un langage qui me parle et je savoure d'avance rien que par vos mots et illustrations, et je n'ai aucun mal à imaginer le résultat dans l'assiette...Je fais toujours tout moi-même comme votre épouse, rien n'est meilleur et en plus nous les femmes (chef en cuisine wink2 ) c'est une satisfaction de proposer des plats faits entièrement par nos soins surtout quand ils sont accueillis et dégustés avec gourmandise, c'est la récompense suprême!

    Je suis venue hier et avant-hier en simple lectrice pour flâner dans votre univers. Je tenais à vous remercier pour vos passages, j'ai été absente ces dernières semaines, mais j'ai repris le chemin de mon blog depuis deux jours, parfois la route est parsemée d'épines  et de ronces et il faut combattre pour se frayer un chemin vers une belle clairière... 

    Je vous souhaite à vous et votre famille, de joyeuses fêtes et de mets succulents à savourer en partage avec les vôtres durant ces moments conviviaux.Amicalement

      • Vendredi 25 Décembre 2015 à 06:13

        Merci, votre texte me touche profondément.

        Les épines et les ronces nous accrochent à notre passage....ne serait-ce pas pour nous retenir  et nous faire découvrir des beautés et subtilités cachées aux yeux des simples passants ?

        Bien à vous avec sincérité.

    4
    Vendredi 15 Janvier 2016 à 07:51

    " Catinou "    j'aime ce petit nom car  il a des souvenirs de mon enfance ...... & " papou "  c'était le nom donné au mari de la nounou de ma fille , je ne savais pas que c'était "gitan"   .... J'aime venir te lire vieux loup 

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