• Ivresse publique et manifeste

     

     

    Ivresse publique et manifeste

     

    Je réclame l'indulgence de votre tribunal populaire, car j'ai honteusement plagié et déformé des passages de chansons à l'insu de leurs auteurs.....

    Que Brel, Brassens et le Claude dit ''François '' ne me condamnent pas pour ces faits relevant d'un délit d'ivresse de bonheur.

     

     

     

    L'accusation :  conduite inadmissible sous l'emprise d'une ivresse publique et manifeste

      

    Naguère, j'ai assisté dans un tribunal à un procès qui s'est tenu dans la salle des flagrants délires.

    C'était un lundi, maussade et frileux, triste comme un jour sans vous,

    Qu'est-ce qui faisait que ma présence ait été rendue indispensable ?

    Convocation sur papier toilette bleu remise en mains propres, je redoutais l'instant où je serais appelé à témoigner...ce ne sera pas Waterloo mais pas non plus Arcol mais le temps où je regretterais d'avoir manqué l'école....

     

    Lorsque le président cria "au suivant" j'aurais voulu être ailleurs, sur une île sans voiles ni bateaux, chaque fois c'est pareil, c'est quand on est devant les tribunaux, qu'il doit faire beau sur les routes au soleil......

    Il était pressé comme un lavement de rendre son jugement, la sentence avait été prononcée dés sa naissance, sans appel , applicable à ces êtres instables qu'il surnommait «  des fous furieux ces gens qui se disaient être heureux ».

    Toutes véhémences confondues la « Procureur » d'un état de choc avait sur un pauvre homme glapit des onomatopées dignes d'un capitaine Haddock.

     

    Revêche et pimbêche, elle promenait sur l'assistance ses airs de Médusa. Malheur à ceux qui croisaient son regard car pour détenir ainsi le pouvoir d'exposer les Bienheureux à la vindicte populaire elle jouissait de pouvoir leur infliger une déculottée, elle la coincée des fesses.

     

    Je jure sur la tête de ma première vérole que cette voix qui sentait l'ail et le mauvais alcool c'est la voix des nations et c'est la voix du sang. Aussi le décidais-je un jour,  je me ferai cul-de-jatte ou bonne sœur ou pendu, enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus :'' Le suivant''...mais en attendant, j'avais le rouge au front et le savon à la main, de quoi laver l'affront que cette Justice me faisait.

    Me rendre complice d'un crime de lèse-jovialité et devant cette assemblée de miséreux,  m'en faire le témoin.

    Faux témoin par le passé, je le fus lorsque j'ai croisé un voleur malchanceux poursuivi par un cul-terreux.
    Je lance la patte et pourquoi le taire le cul-terreux se retrouve par terre. ....Je ne fais pourtant de tort à personne, en laissant courir les voleurs de pommes 

     Sans nul doute que je porte en moi les cicatrices des pêchers capiteux et jouissifs qui ont égayé ma vie et c'est sans artifices que je me présente à mes juges.

     LE PROCÈS

    - Le Président : tsss ! Vous l'avez vu ?

    - Moi benoîtement : Qui ? (j'avais envie de lui répondre à sa place : mon cul)

    - Le Président : et bien le ci-devant, cet être maléfique, aux mœurs dévoyées qu s'est rendu coupable d'une telle atrocité !

    - Moi : je n'ai vu et entendu qu'un homme qui riait à gorge déployée

    - Le Président : Ah vous le reconnaissait et par cet aveu vous nous le confirmez

    - Moi : vous allez vite en besogne déjà condamné sans être inculpé, la défense aurait elle déposée ses armes aux pieds de votre gibet ?

    - Le Président balayant l'espace d'un revers de manche : nous perdons notre temps avec un témoin dont la réputation fait naître le doute sur son témoignage

    Moi : au village sans prétention j'ai mauvaise réputation...je ne fais pourtant de tors à personne en n'écoutant pas le clairon qui sonne....et de voir vous agiter, les bras en l'air vos effets de manche me donnent à penser que vous ressembler plus à un con qu'à un moulin à vent.

    - Le Président d'un air suffisamment agacé pour le rendre suffisant : il suffit !

    -Moi : objection votre honneur....à l'heure sus-dite où vous dites qu'il existe un instant précaire où sans en avoir l'air j'aurais été témoin, j'errais le nez en l'air...et ne le pouvais donc point.

    -La Procureur tout en aigreur : vous n'étiez pas témoin mais complice,

    -Moi : certes non, comment à la fois être au four et au moulin, les seuls moulins que j'ai fait tourner et je le confesse, sont les moulins de mon cœur...comme l'eau d'un torrent...

    -La Procureur ( plus tard j'appendrais que de ses origines, mi figues mi raisin elle s'appelait en vérité MAL-BAISÉE.) : qu'on le fasse taire, qu'on le mette aux fers car bien faire et laisser faire ne font pas partie de mes idées en ce logis.

    -Le Président : c'est un comble..si les témoins se mettent à ne plus être de faux semblants à qui allons-nous nous fier ?..il suffirait d'un signe, un matin, c'est écrit dans nos livres en latin :

    « captatus, bene judicatus » car dés lors qu'un prévenu est capturé il doit être jugé !.

     

    Je vous ferai grâce du reste des débats....un homme venait d'être condamné car il avait été pris en flagrant délit d'ivresse de joie de vivre, manifeste et en publique je vous prie...Être ivre de bonheur va devenir un délit flagrant.

    La morosité ambiante nous englue, ses brumes livides dés le petit matin nous enveloppent d'un brouillard nous empêchant de voir le soleil qui brille haut dans le ciel.

    Nous sommes sans cesse confrontés à la détresse humaine, les médias font la part belle à des atrocités, les couloirs des métros sont remplis de zombis qui déambulent la tête baissée, sans but précis, ils vont et viennent vers la médiocrité et si on prenait aux joyeux pour donner aux pauvres cela rendrait-il les moroses plus heureux ?

     

    Pour ma part j'ai mon lot d'actes manqués, de nuits sans Kim Wilde, de matins blafards où le cafard me porte le café qui à peine coulé se répand sur la moquette.

    Moi aussi, j'aimerais que le Lundi au soleil illumine la bonne mine de ma copine, que le couvercle de la boites aux lettres reste sourd à l'appel du facteur, ce sacré farceur porteur de lettres pas très recommandables....

     

    Mais voilà j'ai un gri-gri, un porte bonheur qui a plus d'un tour dans mon sac à malices, j'ai une complice qui fait de ma vie compliquée une exquise esquisse : c'est la Liberté d'aimer et de le dire à toutes celles et ceux qui sont capables de le répéter.

     Ivresse publique et manifeste

     

     

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  • Commentaires

    1
    Louise
    Mercredi 14 Septembre 2016 à 09:39

    J'embarque volontiers dans votre délire poétique. Je répète : J'embarque volontiers dans votre délire poétique. Quel bonheur ! C'est ça ma vie vraie. Et non pas de l'ivraie.

      • Mercredi 14 Septembre 2016 à 13:54

        L'Ivraie est proche de l'ivresse (ebriacus en latin) quel dommage que de les avoir séparés !

        J'aime cette idée de bons grains :Les whiskies, bourbons, gin, genièvre et autres moonshines sont des alcools de grain. A consommer avec … des amis.

        Quant au livret (libretto en rital ) il me paraît bien petit pour contenir les pages de ma vie et surtout les marques-pages qui me donnent la joie de ne pas avoir eu la tentation de séparer ces bons grains (ou Marque-pages ) me donnant une ivresse passagère.

         

         

    2
    Jeudi 15 Septembre 2016 à 19:11

    Hooo !!! Be happy !!!! Don't worry be happy !!!

    J"aime beaucoup l'idée de prendre aux joyeux pour donner aux moroses, je pense que ça marcherait ............les moroses ne pourraient qu'y gagner et de ce fait les joyeux n'en seraient que plus joyeux wink2

    Bises et bonne soirée à vous deux

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