• Cri de souffrance

    Comment interpréter le cri d'un estomac en souffrance ?

    Existe t il une école qui enseigne cette discipline ? Comment répondre à cet appel au secours ?

    Le gargouillement d'un estomac vide alors qu'une odeur de pain frais flotte dans l'air est un appel au meurtre.

    Pour moi c'est une sorte de communication dés l'instant ou vous répondez à une demande.

    Je vais vous dresser le portrait  d'une personne qui parle avec ses mains et avec ses casseroles.

    Elle se trouvait trop à l'étroit dans une cuisine de restaurant sans doute avait avait-elle cette devise : " « Si tu ne vas pas à Lagardére c'est Lagardére qui ira à toi ».

    Aussitôt dit aussitôt fait. Enfourchant son destrier telle une guerrière qu’elle était, elle se mit à parcourir les champs de bataille des campings de la côte vermeille en faisant des merveilles.

    Porter l'estocade aux estomacs affamés des touristes à la recherche de sensations culinaires et avides de nouveautés et de dépaysement, devenait rapidement sa quête.

    Devant ces pauvres ventres habitués à la morne pitance des cantines d'une cuisine centrale, elle dégainait ses poêlons faisant un tel raffut pour mettre en place une batterie de cuisine prête à l'offensive.

    Tel un stratège en temps de guerre, elle règle tous les détails pour que la victoire soit  au rendez-vous pour cette bataille, elle dispose ses éléments de guerre, décide de la stratégie, règle les moindres détails…pourtant c’est à moi qu’échoit le réglage des coups de semonces….je m’occupe des canons !

    Dès qu'elle entendait le gargouillement d'un de  ces malheureux en un coup de main elle abrégeait les souffrances leur servant des mets hauts en couleur, riches en goûts et remplis d'émotions que seule une amoureuse de l'Art culinaire pouvait offrir.

    Elle trimbalait un jardin de plantes aromatiques qu'elle surveillait et cultivait amoureusement dans des jardinières.

    Aussi lorsque  des clients commandaient un plat à la carte " LA CATINOU" s'emparait d'une paire de ciseaux pour tailler des feuilles de basilic (vert ou rouge, petites ou grandes feuilles) elle ciselait des branches de thyms ou de romarin, écrasant de l'ail frais et rose dans un mortier en bois d'olivier, incorporant à ses plats de la sarriette fraîche.

    Ses plants de menthe fraîche embaumaient son camion, il flottait dans l'air un parfum de plantes aromatiques capables de déclencher chez le mangeur lambda de jolis bruits d'estomac en manque.

    Les jours réservés  à la préparation de plats en provenance des rives de l'Indus, berceau de ses origines, la folie s'emparait des clients. Tous piétinaient devant son éstanco", les effluves de curry, cumin, les 4 épices et autre gingembre, le Colombo et cardamome les rendaient nerveux et impatients  comme des chevaux piétinant devant leurs box.

    Que de souvenirs dans ces victoires éphémères, la bataille sur la malbouffe  était loin d'être gagnée mais une petite graine avait été plantée...on pouvait manger mieux, sainement, en ne payant pas plus cher.

    Je ne suis pas « de Marseille »mais il fallait que je vous  livre une anecdote à laquelle j'ai assistée et que je n'osais porter au grand soleil.

    Une année auparavant, CATINOU avait « inventé » dans un camping de Saint Cyprien (66) « LA » tartine. (The tartine dans le texte).

    Deux tranches de pain ''légèrement grillounées » sur lesquelles elle frottait des gousses d'ail rose-strié puis elle écrasait de la tomate fraîche.

    Non contente d'aligner sur ce pain quelques anchois frais qui cousinaient avec des tranches de jambon cru, (pata negra) elle parachevait son chef-d’œuvre en tartinant de la tapenade maison (oui mes seigneurs) et des tranchettes de véritable gruyère ou de couilles du pape (ce que vous gens délicats vous nommez Mozzarella).

    Puis un filet d'huile d'olive et en guise de signature un petit coup au four-grill. Cette recette a eu un succès fracassant, les vacanciers accompagnaient leur tartine d'une salade aux herbes fraîches qui poussaient dans des jardinières devant son camion.

    L'année suivante, un couple de « gens d’août » en croisière à bord de leur yacht firent le détour sur la route maritime d'Espagne pour déguster cette fameuse tartine de CATINOU.... no coment. (traduction : comment pouvoir se taire.. En français dans le texte).

    « MC CAINLe parfait feu »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Mai 2016 à 12:46

          Chouette j'arrive pour manger une de ces bonnes tartines dont j'ai d'ailleurs note les ingrédients et le cheminement de la préparation.Tu sais j'aime aussi cuisiner et Pou aussi ,nous avons le bonheur d'avoir une tres grande cuisine et ....les copains en profitent!

    Je suis triste (voir mon article ,triste et en colère ....) ,aussi je me permets d'enfouir mon visage dans ta pelisse de loup.

    Bisous

    Sabine

    2
    Lundi 23 Mai 2016 à 13:39

    Loup, ce que tu viens d'écrire est sublime !!!   beau témoignage d'amour pour ta Catinou !!!!!!!...................................................et ses tartines he

    Je sais j'ai écris exprès TA Catinou, un peu pour te faire froncer les sourcils !!! tu vas dire qu'elle ne t'appartient pas car tu es un gentleman !!!  mais pour moi c'est plein de douceur..........de tendresse et d'amour !!!!!! les tartines, ça se partage .......... mais pas Catinou !!!!!!!    et maintenant j'ai faimmmmmmmm    !!!

    Bisouloup !!!

      • Mardi 24 Mai 2016 à 15:22

        Le sublime dans l'affaire c'est que CATINOU ne m'ait pas encore embroché comme un "pénible" que je suis.

        Effectivement la dame de mes pensées ne m'appartient pas...comme les félins elle me tolère "chez moi" !

        Quant à la partager..? pourquoi souhaiter du mal à un autre (mdr )

      • Mardi 24 Mai 2016 à 15:30

        Ho, toi alors !!!!!! he

    3
    Lundi 23 Mai 2016 à 14:54

    Phénoménal et merveilleusement appétissant ! tant d'humanité que mes yeux salivaient et hurlaient hum j'ai faim ! merci pour ce beau moment de vie ! Émotions !

      • Mardi 24 Mai 2016 à 02:09

        voila un com. bien ressenti..une épicurienne de la vie ne saurait dire autrement..et si nos "têtes vides " te criaient : nos avons faims de connaissance, de savoir " c'est en espérant être rassasié  de tes recettes de vie que nous quitterions ta table !....avec la certitude de te voir remettre le couvert .

    4
    petitepaquerette
    Mercredi 25 Mai 2016 à 23:27

    oH la la je n'ose imaginer quel délice que cela doit être d'être assis a votre table toi et ta belle Catinou !!

    Que le bonheur vous poursuive a l'infini !!

    c'est tellement agréable de lire des gens s'aimer !!

     

     

     

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