• Brûlons....Brûlons..

    La route et ses rencontres...mais lorsque ce "cheminement "s'arrête de nouvelles connaissances, issues elles aussi du monde du voyage se présentent à moi....Christophe m'attendait.

     

    Lorsque nous habitions "au mas"  en Camargue  ce cri de joie ou de feu de joie devrais-je dire, résonnaient comme le coup de clairon. Ils étaient annonciateur de libations  pas qu’un peu « espéciales ».

     

    Mes ancêtres criaient «  Montjoie - Saint Denis » avant que de se lancer à corps perdu dans la bataille pour fendre un quelconque hérétique d’un grand coup d’ estoque qui allait leur offrir un aller sans retour vers la terre de leurs ancêtres.. 

    Cet autre cri guerrier, poussé par Christophe, laissait présager d'un terrible corps à corps entre un chapelet de chipolatas, renforcé sur son aile droite par une escouade de grillades assaisonnées à l'herbe de Provence, jetée dans la cohue par ruse pour masquer une embuscade sur le front gauche d'un poulet grillé à la bohémienne.

    Je savais par expérience que l'affaire serait rude et que ce n'est qu'à l'ultime coup de Francisque et de Pertuisane que nous verrions nos efforts couronnés de succès pour atteindre le but final le saint Graal : le désert à Totof.

    Mais revenons à la genèse de cet appel à libations.

    Nos deux logements étaient mitoyens et nous  partagions un terrain propice à des séances grillades. Ce garçon, c'est en ces termes respectueux que l'on nomme un "gars bien"  chez les Gens du voyage, ne faisait pas partie à proprement parler de cette communauté.

    Marié et père d'un redoutable petit garçon aux yeux «  comme ceux de son papa » nous a régalé tout au long de cette cohabitation qui, au fil du temps, a fait la fortune de la pharmacie «  DUCOIN », c'est elle qui a vendu le pèse personne et  l’Hépatum, témoins gênants de nos repas  gargantuesques.

    Sans crier gare, que ce soit en début ou fin de semaine, le cri retentissait et des brassées de bois sec atterrissaient dans le foyer à grillades,  La braise  se faisait, doucement mais efficacement, prête à brûler tous les hérétiques de MONTSEGUR.

    La table dressée par les dames se recouvrait rapidement d'entrées froides de toutes sortes, légumes, charcuteries, charcuteries et... charcuteries de qualité. Une anchoïade maison attendait sagement son entrée en « cène ». En vedette américaine  le régional de l’étape allait ouvrir le bal.

    L'issue de ces duels était parfois courue d'avance. En effet les chances de gagner contre une avalanche de bonnes victuailles ne laissaient pas de place au doute et très souvent nous repartions K.O de ces rencontres.  Vaincus, certes,  oui mais fiers d'avoir combattu et d'être tombés les fourchettes à la main.

    Ce personnage mérite un arrêt sur image.

    Le garçon portait en lui les traces de luttes fratricides au sein d'une famille turbulente, par pudeur et par amitié pour lui et sa femme je n'en dirai pas plus.  Il souffrait, c'était visible mais compensait ce manque de reconnaissance et d'amour par un don de sa personne. Son entourage abusait de ses largesses et à chaque fois il payait les violons du bal.  Il rendait services à beaucoup de gens de son entourage et je pense, c'est à moi seul qu'incombe la responsabilité de ces propos, que cette gentillesse était exploitée par ses fréquentations.

    Solide et rude gaillard, il avait la faconde et le boniment des gens du Sud. Mais lorsqu'il racontait ses aventures et ses frasques, PAGNOL, RAIMU et le grand SERRAUT faisaient figure d’élèves du cours SIMON.

    Nos fous rires nous tordaient et nous pliaient en deux sur nos chaises et le bougre qui aimait ça en remettait une couche, singeant les gestes et les accents des participants, grimaçant en exagérant les traits de ses collègues, toute une panoplie de personnages défilait devant nos yeux ébahis.

    Brulons…Brulons…nous n’irons au bois il n’y a plus rien à faire cuir !

     

    Les trop nombreuses entrées avaient  fait place aux grillades trop souvent épicées offrant des excuses pour boire frais le rosé de Camargue. Un temps d’arrêt m’a toujours intrigué. Le joyeux brouhaha s’estompait soudain… les participants calmaient l’ardeur de leurs estomacs, c’est à peine si on percevait le craquement des os dans la gueule des chiens.

    On  aurait pu se croire au cirque : au son de la très célèbre Entrée des Gladiateurs, le héro de la soirée faisait son entrée.

    Je n'ai jamais compris comment faisait cet homme pour louvoyer entre les deux chiens qui nettoyaient le sol, les jouets du bambin et les pieds de chaises alors qu'il portait dans chaque main, des desserts maison,  gratte-ciels en équilibre, un véritable équilibriste. Je reviendrais dans une page prochaine sur ces offenses faites à une bonne digestion.

     

    Mais c'est pour plus tard c'est promis……Mais avant il faudra que je vous comte l’histoire des pizzas à étage réalisées par le même Totof……

     

    « J'ai planté mes crocs dans les fesses d'un.......Les pizzas à Christophe ( suite de Brûlons) »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 8 Février 2016 à 07:35

    Quand tu racontes on y est tout près on sent et respire tout ... j adore ça 

    Hey dis moi suis tombée sur le blog de Catinou   via ton article google +   sypathique !

    Bonne journée vieux loup 

      • Lundi 8 Février 2016 à 13:10

        Il est des jours comme celui-ci où vos visites nous apportent un soleil resplendissant.....merci

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