• MISE EN BOUCHE

     

    La véritable cuisine des anges ( 1 ère partie ou mise en bouche )


    À la veille de Noël, alors qu'ils attendent un bateau pour quitter l'île du Diable où se trouve le bagne dont ils viennent de s'évader, trois bagnards (Humphrey Bogart, faussaire en écriture ; Peter Ustinov, cambrioleur aux doigts magiques et Aldo Ray accompagné de Adolphe son serpent), trouvent refuge dans une famille de commerçants, les Ducotel, à laquelle ils rendent de petits services.

    Je n'ai pu résister à l'envie de  donner à mon article le titre de ce film culte. Il n'y a aucune similitude à part peut être l'ambiance cinéma. Et cette ambiance cinéma commence franchement à me gonfler lorsque j'entends parler cuisine.

    Tout au long de cette année, les chaînes télé nous ont rabattu les oreilles avec des programmes mettant en scène des hommes et des femmes, soit disant comme vous et moi, mais baignant dans le jus de  « battle en kitchen.. »
    C'est à celui qui sera le meilleur chef, le meilleur pâtissier, le meilleur « cauchemar en cuisine » quant à nous, nous restons « bouche bée » devant ce qui est un cauchemar dans la vie de tous les jours.

    Ces émissions vous en mettent plein la vue et n'ont que pour seul but, vous mettre la pression, la honte, le rouge aux joues parce que vous ne seriez pas fichu de réaliser un gaspacho de melon et de concombre à la brousse.

            -Ce soir, j'ai invité un collègue avec son amie... Il est corse et adore la cuisine de son pays...(?). Je lui ai dit que tu étais championne du monde... !.


    L'homme de votre vie (si vous êtes une femme, œuf corse !) arrive du boulot.  Comme d'habitude, il a passé une matinée de «  ouf ».... Les clients... Des emmerdeurs...Le patron…T'as de la chance, toi,  de rester à la maison....


        - Je boirais bien un petit coup moi ! Tu ne me servirais pas une bière ?" dit-il affalé sur le canapé. Tu sais quoi, j'ai vu à la télé une recette de soupe de melon glacé avec du concombre et du fromage corse... 


    « Eh ! Mon chéri, prends ton cul à poignées, il ne te reste que quarante-cinq minutes pour baffrer en vitesse, t'es pas au resto mon Paulo ! » aurait du être votre réaction
    Reprenant votre calme légendaire, celui qui vous fait une si bonne réputation, vous avalez votre énergie dévastatrice :

     « Ce soir, ? Corse ? Repas original ? Je peux passer mon tour...Joker...coup de fil à un ami ».

    La brousse, ce fameux fromage made in île de beauté... Je le trouve où ? Et le concombre, tu sais où tu peux te le mettre ?


    Votre mari chéri, après avoir ingurgité la dernière lampée de bière, éructe en disant :
       - Sa copine est indienne,elle est vachement bonne, à mourir de rire... Tu pourrais peut-être faire un plat hindou ?

    Comme il est pressé d'aller retrouver ses potes en claquant la porte, il vous a semblé entendre :
      - Elle est végétarienne !

    Ah le con ! Moi aussi j'ai eu une matinée de merde, le petit est arrivé en retard à l'école, le banquier m'a encore sollicitée, ta mère m'a tenu la jambe pendant point d'heure et j'ai fait une rayure à TA voiture !! ... Végétarienne ! Elle ne peut pas manger du porc comme tout le monde ?

    C'est décidé je vais lui préparer un " Aloo Shimla mirch" c'est si simple !!

     Et puis il ne me reste que quatre heures pour faire les courses, terminer le ménage, récupérer les analyses du petit, boire le kawa avec ma copine et préparer le repas de ce soir....au secours !

    ...Ce soir c'est « pizza du coin d' la rue » nougat glacé et c'est marre ...réservation à l’hôtel du cul-tourné
    En gros, voilà à quoi ressemble la plus part des journées d'une épouse et bonne ménagère.

    « Le temps qui vous est imparti est achevé, sans plus attendre remettez nous vos copies ! ».

     Cela ne vous rappelle rien ? Zut, j'ai oublié de saler, ai-je mis assez de farce...etc...Le jugement arrive, vous, la maîtresse de maison, vous êtes pleinement consciente du travail effectué pour satisfaire votre mari et ses invités.


    Pour les hommes :
    « Cessez le tir, l'arme au repos, le canon dirigé vers le sol, au résultat ».

    C'est du kif (ne cherchez pas, c'est de l’argot)  « on jugera l'arbre à ses fruits » nous apprend-on dans the Book. 

    Et ce bébé qui vient de naître, de qui est-il le portrait ?

    C'est la même rengaine, le vin est tiré, il faut y croire pour le boire !

    L'heure fatidique est là, grave, précise et sans ménagement, la maîtresse de maison balance :


    «  c'est moi qui l'ai fait !  » Cette phrase prononcée avec le cœur au bord des lèvres est le signal de la mise à feu du bouquet final…vous attendez l’apothéose tant méritée …vous devriez être la personne la plus importante de la soirée ….guest star en somme !

    Si ce n'est pas la franche réussite, le joyeux drille qui plombe vos soirées et nuits depuis plus de 20 ans prononcera ce cessez-le -feu :


    - oui, mais c'est du rapide et puis vous allez voir, j'ai ramené un de ces fromages... Vous m'en direz des nouvelles.

    Tous vos efforts sont réduits à néant... Les sardines ont coulé votre réputation.


    Si  votre plat est réussi, il va pérorer, se dandiner sur sa chaise... Ah le con ! Oui, c'est le même et en quelques lignes, il n'a pas pu changer, c'est grace à lui si vos invités se régalent, tout l'honneur lui revient !


    - oui mais, je connais le poissonnier, c'est un copain...  Et puis pour la farce, c'est moi qui ai épluché les ails et le persil !

     

     C'est vrai que votre mari est un sacré farceur.


    La femme au boulot et le mec au repos !

    Je vous promets une suite à ce scénario tristement réalité..... Mesdames...à vos fourneaux.

     

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    6 commentaires
  • Eh oui béotiens que vous êtes, il existe un savoir être et un savoir faire surtout en présence d'une dame.

    Moi qui venait de loin, pensant tout connaître des manières, bonnes ou mauvaises, prudent mais belliqueux, guerrier pour l'honneur mais soudard, je n'avais qu'un seul but, conquérir les forteresses féminines surtout celles détenues par de  belles rebelles.

    Je suis tombé dans le doux piège d'une de ces citadelles.

    Le fou gueux que j'étais a tôt fait de forcer la herse de la porte qui me permettrait d'enlever la place forte.

    Bousculant tout sur mon passage forcé, je me suis retrouvé au pied du donjon qui abritait la beauté sauvage.

    Désarmé par tant de douceur mêlant candeur et pudeur, je n'ai pas vu le piège se refermer et d'assaillant je suis devenu élève de la bien séance.

    Lors de nos premières rencontres, précédents la polka des mandibules, sagement assis à table tel un aspirant au bien être, je fus éduqué ainsi :

    Regarde, me disait-elle, ce qui est présenté sur la table est le résultat d'une savante alchimie.

    Un légume, une viande chauffés à feu vif n'auront pas le même goût que s'ils étaient cuits tranquillement sur le coin du feu.

    Moi et ma famille sommes passées maîtres dans l'art de réchauffer les culs des chaudrons et d'apporter le calme et la tranquillité aux estomacs les plus affamés.

    Dans notre cuisine le hasard n'existe pas. Pas de traces gravées dans de beaux et inutiles livres de cuisine.

    Tu me parlais des cliquetis d'armes lors de batailles si doux à ton cœur, je t'apprendrais d'autres sons qui deviendront comme le glas des tocsins, ameutant des troupes de ventres qui se mettant à genoux imploreront la première bouchée comme un supplicié reçoit le coup de grâce.

    Dés lors, de conquérant l'homme deviendra mendiant.

    De plus la transformation chimique est telle que les graisses vont devenir des poisons et les légumes auront perdu tous leurs qualités alimentaires et gustatives.

    Puis elle poursuivait :  « Cette assiette est un tableau avec des formes, des couleurs, des senteurs qui nous ramènent peut être à notre enfance ou à des épisodes de notre vie.

    Aux différentes heures de la journée son aspect change L'importance des couleurs est telle que le plaisir du goût passe d'abord par le premier contact le coup d’œil..... comme toi et moi lors de notre première rencontre...le coup d’œil.

    Continuant son explication « ce plat de poisson, accompagné de fenouil, je te le présente, il est le résultat de moments passés en cuisine, d'attentions portées à ce que le goût te remplisse de joie, te donne du plaisir, et bien imagine ce « cadeau » offert dans une assiette en carton, détrempée par la sauce...beurk

    Non grand Dieu, cet instant de promesse de plaisir doit tenir ses engagements à condition que le cadeau soit en accord avec l'emballage !

    Comme tu as loisir de me le dire souvent «  le meilleur moment avec une femme c'est lorsqu'on monte l'escalier » et bien tes mains tremblantes et impatientes devront découvrir petit à petit ce que recèle ce met.

    Et si qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, il est impératif que tes papilles ne soient pas sous anesthésie. Il te faut fuir les mauvais alcools et laver d'un grand coup d'eau fraîche l'affront fait à ma cuisine par ces « brûle-gueule » que les barbares ingurgitent pour se donner du courage et monter aux créneaux d'une mauvaise cuisine sans amour.

    Car là est le secret, le repas doit rester un partage.

    Encore une fois elle m'a appris, l'importance des couleurs de la vaisselle, la forme du plat et la propeté des verres !

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