• Accès de douce folie (SUITE)

    Je ne me sent pas dans mon assiette.. et pour cause, quelqu'un m'a mis dans l'assiette d'une autre.

    « vous n'allez tout de même pas en faire tout un plat » me dit l'assiette!

    La première fois que j'ai fait sa rencontre c'était à l'occasion d'un brunch,  elle arrivait de Limoges et se prénommait blanche.Son teint de porcelaine avait attiré l'attention d'un plateau en bois d’ébène qui offrait ses services à un couple de bobo du Liban.

     

    A la fin du service je m'étais retrouvé entre ses bras et nous avions fini la soirée dans un Wirlpool, haut lieu des rencontres des services secrets de la ménagère.

     

    Puis plus rien.Durant les dressages de table suivant Blanche ne sortait plus, mise au vaisselier...avait elle était ébréchée par notre rencontre ? Se sentait elle coupable que je la considère comme une sous tasse ?

     

    J'aurais tellement aimé un peu plus d'intimité avec Blanche ...mais je compris vite qu'elle n'allait au four.

    Elle était flanquée sur sa droite d'une cuillère et d'un couteau dont elle ne se séparait que très rarement. Sur son coté gauche...Ah le cœur... ! une fourchette toutes dents sorties, la protégeait des mauvaises rencontres.

     

    J'appris par la suite qu'elle avait été l'égérie d'un Gay..ou d'un Guy à parties-culs...de Grenne se faisait-il appelé...moi je lui aurais bien cassé sa graine...LOL

     

    Je décidais de m'armer de courage..j'attendrais donc la fin du repas, quand les couverts partiraient au lavage, pour profiter de sa présence et lui lécher le plat.

     

    Mais j'ai vite déchanté...un doigt dégoûtant venait de temps en temps faire trempette dans ses quartiers d'intimité. La belle nullement intimidé par ces privautés se laissait caresser par ce doigté dont le propriétaire prenait du plaisir à la voir se vider.

    N'y tenant plus, rouge de colère, je fus bientôt refroidi par une louche de crème anglaise froide, histoire de calmer mes ardeurs.

    A peine avais-je commencé à me sortir du bouillon, qu'une sorte de bachi-bouzouk endimanché m'a écartelé sur une mamie-de-pain, beurrée et toastée comme une couguar.

     

    Je n'ai du mon salut qu'à l'intervention d'un pancake renégat qui se mis en travers de ce gosier grossier qui avait décidé de m'avaler.

     

    En de profundis, le chœur des «  jeunes vierges du dessert » chantait :

    « Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche »

    Bel épitaphe, pas tout à fait à mon goût...je dois reconnaître pourtant qu'entre toutes les bouches de la création seule celles des femmes m'interpellent.

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  • Commentaires

    1
    Mardi 16 Mai à 08:30

    Chant d'amour pour une assiette! Et pourquoi pas, les objets ont une âme aussi.
    Beau travail d'imaginaire, merci Loup.

    Passe une belle journée, bises.

      • Mardi 16 Mai à 13:28

        Il est certain que les objets ont une âme, surtout ceux qui sont inanimés par manque d'utilisation !

    2
    Mardi 16 Mai à 09:42

    C'est évidemment une belle histoire... mais j'ai un peu de mal à faire le lien avec l'épisode précédent...

    Bonne journée

      • Mardi 16 Mai à 13:18

        "Ce nain connu créa un met connu  ...c'est à dire moi " ....et le chocolat Cémoi....!tiré par les cheveux hein ? (heureux chocolat etc.....)

    3
    Louise
    Mardi 16 Mai à 10:57

    J'aime et en redemande.

      • Mardi 16 Mai à 13:20

        "Vos désirs sont des ordres"..... et comme j'apprécie l'inattendue (obéir...!).....cela devient du plaisir !

    4
    Mardi 16 Mai à 12:20

    Je partage le commentaire de Luckyozz mais également celui de Louise.

    Belle sensibilité, je trouve, que celle qui laisse le lecteur s'ouvrir à l'imaginaire et lui donne la possibilité d'interpréter à sa façon.

    Je ne dirais pas qu'il s'agit ici de poésie et pourtant, cela y ressemble étonnament. Mais c'est bien plus. Beaucoup plus.

    Je dirais de l'art tout simplement.

      • Mardi 16 Mai à 13:26

        "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui  paye le casse- croûte ".

        Une envolée vers un je ne sais quoi,  sert de soupape de sécurité....la douce folie n’empêche en rien le sérieux d’un bon repas...le prochaine épisode  traitera d'un sujet incroyablement d'actualité : l'équilibre dans l'alimentation..surtout celle des soeurs TATIN.... Et çà c'est pas de la tarte !

      • Mardi 16 Mai à 14:03
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